La France a reçu des "assurances" du gouvernement libanais que ce dernier mettrait tout en oeuvre pour arrêter les auteurs de l’embuscade contre des Casques bleus qui ont tué un soldat français samedi dans le sud du pays, a déclaré dimanche le ministre français des Affaires étrangères.
"Nous avons reçu des assurances hier (samedi) que la priorité absolue serait donnée par les autorités libanaises à retrouver et arrêter les responsable de ce meurtre", a déclaré Jean-Noël Barrot sur RadioJ.
Le sergent-chef Florian Montorio a été tué samedi dans une embuscade attribuée par la France et l’ONU au groupe chiite pro-iranien Hezbollah. Sa dépouille doit être rapatriée dimanche.
L’organisation nie être à l’origine de l’attaque dans laquelle trois autres soldats français ont été blessés dans cette embuscade contre des Casques bleus français de la force de l’ONU au Liban (Finul).
"Tout laisse à penser que le Hezbollah est responsable", a insisté M. Barrot, saluant l’engagement du président et du Premier ministre libanais à arrêter les auteurs.
L’embuscade de samedi au Liban est la deuxième attaque meurtrière contre des soldats français attribuée à des groupes affiliés à Téhéran depuis le début des attaques israéliennes et américaines contre l’Iran le 28 février qui ont embrasé toute la région.
Le 12 mars, l’adjudant-chef Arnaud Frion a été tué en Irak dans une attaque attribuée à un groupe pro-iranien.
Interrogé sur la responsabilité de l’Iran, M. Barrot l’a jugée « accablante », dénonçant « le soutien de l’Iran à des milices qui déstabilisent la région et qui dans le cadre de cette guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont pris pour cible des pays voisins et des soldats français ».
Le ministre a également critiqué l’attitude d’Israël, qui a mené des opérations militaires contre le Hezbollah au Liban, entraînant des destructions et des déplacements de populations, jusqu’à un cessez-le-feu annoncé jeudi par Donald Trump.
"Ce n’est pas en en détruisant le Liban ou l’État libanais que l’on détruira le Hezbollah, bien au contraire, on le renforcera", a déclaré le ministre.
Le gouvernement libanais est sous pression internationale pour désarmer le Hezbollah, selon un processus délicat et à l’issue incertaine entamé avant la guerre d’Iran. Il "doit impérativement reprendre puisque (...) la seule solution politique pour assurer la paix et la stabilité au Liban, est de désarmer le Hezbollah (...), puis c’est évidemment le retrait d’Israël du sud du Liban".
Interrogé sur le ballet diplomatique pour consolider le cessez-le-feu instauré à l’initiative de Donald Trump, M. Barrot a annoncé que "dans les prochains jours, le Premier ministre libanais (Nawaf Salam) rendra visite au président" Emmanuel Macron, assurant que la France était active diplomatiquement et "en contact avec toutes les parties".
AFP
