Relancer le dialogue

Sommet sur le Venezuela: des "positions communes", en attendant des résultats concrets

  • PubliĂ© le 26 avril 2023 Ă  05:01
  • ActualisĂ© le 26 avril 2023 Ă  05:11
Le président colombien Gustavo Petro en visite à Washington DC, le 20 avril

A l'initiative du président colombien Gustavo Petro, une vingtaine de pays se sont réunis mardi en Colombie pour tenter de relancer le dialogue au Venezuela voisin entre le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro et son opposition, faisant état de "positions communes", mais pour l'instant sans résultat concret.

Pour Bogota, l'objectif de ce sommet, marquĂ© par le passage express et indĂ©sirable de l'opposant Juan Guaido, Ă©tait de "contribuer Ă  la reprise du dialogue" politique, alors que les nĂ©gociations entamĂ©es Ă  Mexico en aoĂ»t 2021, dĂ©jĂ  sous mĂ©diation internationale, sont Ă  l'arrĂȘt depuis novembre. Ni l'opposition ni le pouvoir vĂ©nĂ©zuĂ©liens n'ont Ă©tĂ© invitĂ©s.

La rencontre a duré tout l'aprÚs-midi à huis-clos à Bogota, au ministÚre des Affaires étrangÚres, en présence de plusieurs envoyés spéciaux américains, dont le conseiller adjoint à la sécurité nationale Jonathan Finer, et le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

- "Pas de grande ouverture" -

A l'issue des débats, les diplomates ont souligné "la nécessité d'établir un calendrier électoral qui permette des élections libres, transparentes et avec toutes les garanties pour tous les acteurs vénézuéliens" en 2024, a déclaré à la presse le ministre colombien des Affaires étrangÚres, Alvaro Leyva.

Les délégations ont "identifié des positions communes" sur une possible "levée des différentes sanctions contre le Venezuela", selon M. Leyva, qui n'a cependant pas précisé si et quand les négociations de Mexico reprendraient directement entre les acteurs de la crise.

Le ministre n'a pas non plus indiquĂ© si les États-Unis et d'autres pays s'Ă©taient engagĂ©s Ă  lever ces sanctions. En revanche, il a assurĂ© que le prĂ©sident Petro convoquerait "rapidement" un nouveau sommet avec les mĂȘmes invitĂ©s "afin de suivre l'Ă©volution de ce qui a Ă©tĂ© conclu" ce mardi.

Dans une déclaration publiée sur Twitter par son ministre des Affaires étrangÚres, Yvan Gil, le gouvernement vénézuélien a de son cÎté "pris note des délibérations tenues" lors de la conférence et a réitéré la "nécessité impérative" de lever les sanctions.

Selon un participant, s'exprimant Ă  l'AFP sous couvert d'anonymat, le sommet a donnĂ© lieu Ă  "un bon Ă©change de positions, mais pas de grande ouverture", les USA "ne semblant pas prĂȘts Ă  faire un petit pas en attendant un pas en retour, comme par exemple en dĂ©bloquant une petite partie des fonds gelĂ©s par le mĂ©canisme de l'ONU".

"Ce genre de réunion suscite de grandes attentes, ou peut au contraire entraßner de grandes déceptions", avait prévenu dans son discours d'ouverture le président Petro.

Et de suggérer de "marcher dans deux directions": vers l'établissement "d'un calendrier des élections (de 2024) et leurs garanties, pour que le peuple vénézuélien puisse décider librement et souverainement ce qu'il veut, sans pression". Et d'avancer parallÚlement sur la "levée des sanctions" contre le Venezuela, exigence récurrente du gouvernement Maduro.

- "Quand et comment..." -

Le sommet a été surtout marqué par la venue impromptue à Bogota de l'opposant Guaido, officiellement interdit de sortie du Venezuela depuis 2019 et poursuivi par la justice de son pays notamment pour "trahison".

Arrivé "irréguliÚrement" sur le territoire colombien selon les autorités locales, M. Guaido a finalement quitté Bogota dans la nuit pour Miami via un vol commercial, affirmant avoir été expulsé.

M. Guaido, considéré par les Etats-Unis comme président de facto de son pays début 2019, aprÚs la réélection contestée en mai 2018 du président Nicolas Maduro, "n'a pas été expulsé", a rétorqué le président Petro.

Fin 2022, l'opposition vénézuélienne, divisée, avait mis fin au "gouvernement intérimaire" de Juan Guaido.

La Colombie était le principal allié de M. Guaido dans la région lorsqu'elle était présidée par le prédécesseur de M. Petro, le conservateur Ivan Duque. Les deux pays ont rompu leurs relations en 2019.

Gustavo Petro, élu à l'été 2022 premier président de gauche de la Colombie, a opéré un rapprochement spectaculaire avec Caracas, rétablissant les relations diplomatiques et s'impliquant dans le processus de négociation politique. Depuis son investiture, il a rencontré quatre fois le président vénézuélien et a rouvert la frontiÚre.

Jeudi dernier, M. Petro a demandé au président américain Joe Biden de lever progressivement les sanctions contre le Venezuela en échange de garanties pour la présidentielle de 2024.

Avant mĂȘme le sommet, M. Maduro en a minimisĂ© la portĂ©e, exigeant que les États-Unis dĂ©bloquent prĂšs de 3,2 milliards de dollars d'avoir vĂ©nĂ©zuĂ©liens, pour mettre en oeuvre des programmes sociaux nĂ©gociĂ©s en novembre entre le pouvoir et l'opposition.

Selon le ministre Leyva, les pays présents ce mardi à Bogota "informeront le président Nicolas Maduro" et les "partis et secteurs de l'opposition et de la société civile des résultats du sommet pour qu'ils les évaluent et les commentent".

"Il est Ă©vident qu'un processus de normalisation dĂ©mocratique devra ĂȘtre accompagnĂ© d'une levĂ©e graduelle des sanctions", avait commentĂ© en ouverture des dĂ©bats le chef de la diplomatie de l'UE. "Tout le problĂšme est de savoir quand et comment".

AFP

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