Et si Francis Joyon remportait la Route du Rhum ? Encore chimérique il y a 24 heures, une victoire est désormais possible pour le vétéran français qui fond sur le jeune leader François Gabart à quelques heures de l'arrivée de la prestigieuse transatlantique, prévue dimanche soir à Pointe-à -Pitre.
Les Antilles en ligne de mire, Joyon (Idec Sport) vole sur l'Atlantique, à plus de 31 noeuds de moyenne sur ces trois derniÚres heures. Si bien qu'au dernier pointage à 12h00, Gabart (Macif) n'avait plus que 27 milles marins (50 kilomÚtres) d'avance sur le vétéran de 62 ans. L'écart était encore samedi soir de 105 milles...
Car si Joyon sprinte déjà , Gabart avance +seulement+ à 19 noeuds de moyenne ces trois derniÚres heures. A moins de 200 milles (environ 370 km) du but, la victoire n'est plus du tout acquise pour le benjamin (35 ans) de la catégorie des bateaux les plus puissants, les Ultimes, ces maxi-trimarans de 32 m de long pour 23 m de large.
Que ce soit Joyon, pour sa septiÚme participation, ou Gabart, sacré il y a quatre ans dans la catégorie Imoca, le vainqueur est attendu vers 22h00 heures locales, soit 3h00 lundi matin en métropole, selon les derniÚres estimations.
Dans l'équipe de Gabart, les projections donnent un passage de ligne vers 18h00-19h00 locales (23h00-24h00 en métropole).
'Du piment jusqu'au bout'
"Ca promet un finish assez palpitant, un tour de Guadeloupe cote-Ă -cote ou, en tout cas, pas trĂšs loin l'un de l'autre, ça peut ĂȘtre un scenario et je me prĂ©pare à ça", a dit Gabart lors d'une vacation dimanche matin avec le PC course.
"Et je me prĂ©pare pour ĂȘtre performant si on est cĂŽte Ă cĂŽte sur le tour de la Guadeloupe, ce n'est jamais simple surtout avec nos bateaux et avec le parcours imposĂ©, trĂšs proche de la terre. C'est loin d'ĂȘtre simple, l'histoire, et ça risque de mettre du piment jusqu'au bout", a relevĂ© Gabart.
Partis le dimanche 4 novembre à 14h02 précisément, les deux solitaires pourraient battre le record établi il y a quatre ans par Loïck Peyron (Banque Populaire VII) en 7 jours et 15 heures mais à 2, 3 heures prÚs.
Pour cela, le vainqueur doit couper la ligne avant 00h08 heures locales (05h08 en métropole).
Mais les deux marins le savent bien: tout se jouera à l'arrivée, périlleuse et "traditionnellement trÚs tactique" se rappelait samedi le chevronné Joyon, détenteur du record du tour du monde en équipage (40 j 23 h).
Monstres Ă 3 coques
AprĂšs avoir atteint la TĂȘte Ă l'Anglais, au nord de la Guadeloupe, les deux navigateurs devront contourner l'Ăźle. Et lĂ , "on peut perdre plusieurs heures complĂštement arrĂȘtĂ©. J'ai connu ça en bien et en mal. En 2014, avec Yann EliĂšs, j'ai pu le passer mais, lors de l'autre Ă©dition, j'Ă©tais restĂ© collĂ© complĂštement", s'est souvenu Joyon.
Devant lui, Gabart (Macif) sent la tempĂȘte Joyon souffler dans son dos: "C'est vrai que mon avance, avec des bateaux qui marchent Ă 30 noeuds, ce n'est pas grand-chose. Le fait que Francis soit juste lĂ , forcĂ©ment, ça me pousse", avait dĂ©clarĂ© Gabart lors d'une prĂ©cĂ©dente vacation samedi, avant la folle remontĂ©e de cette nuit.
Depuis le départ de Saint-Malo, Joyon suit la trace de Gabart, à portée mais avec un écart qui ne cessait d'augmenter depuis le premier jour... avant donc de diminuer de maniÚre spectaculaire.
Ce sont les deux derniers Ultimes encore en lutte pour la victoire, aprÚs les avaries qui ont frappé Sébastien Josse (Edmond de Rothschild), Thomas Coville (Sodebo) - reparti dimanche aprÚs 6 jours de réparation - et Armel Le Cléac'h (Banque populaire IX).
Loin derriÚre les monstres à trois coques, en plein coeur de l'Atlantique, la catégorie Imoca (monocoques de 18 m) est pour le moment dominée par Alex Thomson (Hugo Boss) qui, pour sa premiÚre participation, pourrait succéder à Gabart.
Dans cette catégorie-phare du célÚbre Vendée Globe, le Gallois possÚde 89 milles d'avance sur le Français Paul Meilhat (SMA). TroisiÚme, Vincent Riou (PRB) est une vingtaine de milles encore derriÚre. Le premier Imoca est attendu vendredi.
AFP


