La crise politique au Sri Lanka semblait toucher à sa fin samedi avec le retrait du poste de Premier ministre de Mahinda Rajapakse, dont la nomination controversée avait déclenché une lutte de pouvoir et paralysé l'ßle pendant sept semaines.
L'ex-prĂ©sident (2005-2015) et bĂȘte noire des dĂ©fenseurs des droits de l'Homme a tenu une cĂ©rĂ©monie religieuse Ă son domicile, au cours de laquelle il a signĂ© une lettre officialisant son renoncement Ă la direction du gouvernement.
L'ancien chef de l'Ătat n'a pas fait de dĂ©claration Ă la presse dans l'immĂ©diat. Ses conseillers ont indiquĂ© qu'il rendait la flotte de limousines qu'il utilisait depuis sa nomination le 26 octobre par le prĂ©sident Maithripala Sirisena.
Le renvoi litigieux par ce dernier du Premier ministre Ranil Wickremesinghe et son remplacement par M. Rajapakse avait plongé l'ßle de 21 millions d'habitants dans le chaos politique. M. Wickremesinghe dénonçait son limogeage comme inconstitutionnel et s'accrochait au pouvoir.
Sans gouvernement clair, le Sri Lanka se dirigeait vers une paralysie budgĂ©taire aprĂšs le 31 dĂ©cembre. Cette perspective a poussĂ© le prĂ©sident Sirisena Ă se rĂ©soudre Ă confier Ă nouveau les rĂȘnes du gouvernement Ă M. Wickremesinghe, malgrĂ© leurs divergences politiques et personnelles qui ont Ă©clatĂ© au grand jour Ă l'occasion de cette crise.
"Si le bras de fer s'était poursuivi, nous aurions fini l'année sans budget pour 2019 et le gouvernement n'aurait pas été en mesure de poursuivre son activité", a expliqué à des journalistes Yapa Abeywardena un parlementaire du parti présidentiel, pour justifier la volte-face de M. Sirisena.
N'arrivant à obtenir la majorité des députés pour confirmer son candidat, le président avait tenté un passage en force en dissolvant en novembre le Parlement et convoquant des élections anticipées. Mais la justice a annulé cette décision et a par la suite estimé qu'elle violait la Constitution.
Ranil Wickremesinghe devrait ĂȘtre rĂ©investi comme Premier ministre dimanche, mettant ainsi un terme Ă la confrontation au sommet de l'Ătat.
Jusqu'Ă rĂ©cemment, le prĂ©sident Sirisena refusait de reprendre son Premier ministre limogĂ©, qu'il a accusĂ© d'ĂȘtre "hautement corrompu" et d'avoir une conception libĂ©rale de la politique, contraire Ă la tradition sri-lankaise. Mais un entretien Ă huis clos entre les deux hommes cette semaine leur aurait permis de mettre de cĂŽtĂ© leurs diffĂ©rends, selon des sources proches des deux parties.
AFP

