Et de sept pour Zinédine Zidane! Son Real Madrid a remporté la Supercoupe d'Espagne aux dépens d'un FC Barcelone fantomatique mercredi au stade Santiago-Bernabeu (2-0), confirmant sa nette victoire du match aller (3-1) et décrochant le septiÚme trophée de l'Úre "Zizou".
Largement au-dessus du Barça en premiÚre période, le Real a marqué par Marco Asensio (4e) puis Karim Benzema (39e) pour assommer un Barça en pleine crise et toujours aussi déboussolé depuis la perte de son attaquant brésilien Neymar, parti au Paris Saint-Germain.
C'est le septiÚme titre conquis par les MadrilÚnes sur neuf possibles depuis la nomination de Zidane sur le banc en janvier 2016 et le deuxiÚme cette saison aprÚs la Supercoupe d'Europe gagnée contre Manchester United (2-1).
Ces dix derniĂšres annĂ©es, difficile de se souvenir d'un Clasico qui ait Ă©tĂ© autant dominĂ© par le Real. Difficile aussi de retrouver un duel entre les deux Ă©quipes oĂč le Real ait ainsi confisquĂ© la possession du ballon.
Mais dans ce match à horaire tardif, entamé mercredi soir et achevé tÎt jeudi, on a ressenti comme une passation de pouvoir. Comme si l'Úre triomphale du Barça, vainqueur de quatre Ligues des champions entre 2006 et 2015, s'effaçait pour laisser place à celle du Real, lauréat de la C1 en 2014, 2016 et 2017 - les deux derniÚres avec Zidane sur le banc.
- Orphelins de Neymar -
Sous la direction du Français, cela fait 68 matches officiels consĂ©cutifs que le Real marque au moins un but par rencontre. Et si l'Ă©quipe merengue tient ce rythme d'enfer, on voit mal qui pourrait lui tenir tĂȘte cette saison.
En premiĂšre pĂ©riode au stade Santiago-Bernabeu, rarement le Barça aura Ă©tĂ© aussi malmenĂ© et mĂ©connaissable. Au point que le score aurait pu ĂȘtre de 3-0 ou 4-0 Ă la pause et que le public du Bernabeu, aux anges, s'est mis Ă scander des "OlĂ©!" retentissants pendant que le Barça courait derriĂšre le ballon.
On sentait au coup d'envoi que l'entraßneur Ernesto Valverde avait construit une équipe davantage faite pour ne pas sombrer que pour tenter de gagner: cinq milieux de terrain et seulement deux attaquants, Luis Suarez et Lionel Messi, plus que jamais orphelins de Neymar.
Le duo a eu beau se démener devant, le manque de joueurs capables de combiner avec eux était criant en l'absence du capitaine Andres Iniesta, blessé, et faute de recrues.
Messi ne s'est dépétré qu'une fois de la défense adverse et c'était pour trouver la transversale à angle fermé (52e).
- Au sommet de leur art -
Seul le passage en 4-4-2 aprĂšs la pause a rendu un peu d'allant au Barça mais la tĂȘte plongeante de Suarez a trouvĂ© la base du poteau (70e).
A l'inverse, le Real s'est régalé pendant une heure avant de gérer son avantage. Les doubles champions d'Europe en titre semblent au sommet de leur art et peu importe si l'attaquant-vedette Cristiano Ronaldo, expulsé au match aller, est suspendu pour cinq matches, une sanction confirmée mercredi en appel.
Il n'y a qu'a voir le talent d'Asensio, cette pépite (21 ans) que le Real a chipé à la barbe du Barça en 2014. Déjà buteur d'une frappe splendide au match aller, l'international espagnol a récidivé d'un tir flottant somptueux aux 25 mÚtres que le gardien barcelonais Marc-André ter Stegen a regardé entrer, impuissant (4e).
Et si Lucas Vazquez, bien servi par Benzema, a expédié une occasion en or sur le poteau (33e), l'intenable buteur français a marqué en pivot aprÚs avoir mis son compatriote Samuel Umtiti dans le vent (39e). L'attaquant tricolore aurait d'ailleurs pu enfoncer le clou sur deux occasions brûlantes (44e, 55e).
Bref, une soirĂ©e rĂȘvĂ©e pour Zidane, qui a mĂȘme pu offrir au latĂ©ral français Theo Hernandez ses premiĂšres minutes de jeu sous son nouveau maillot. Et un cauchemar pour le Barça, qui n'a plus que deux semaines pour recruter et tenter d'Ă©loigner le spectre du dĂ©clin.
Par Kaouther LARBI - © 2017 AFP

