Armée turque

Syrie: début des patrouilles turco-russes dans le Nord-Est

  • PubliĂ© le 1 novembre 2019 Ă  14:52
  • ActualisĂ© le 1 novembre 2019 Ă  15:01
Des véhicules de l'armée turque stationnés au bord d'une route dans l'attente des patrouilles conjointes avec les Russes, le 1er novembre 2019 dans le nord-est de la Syrie

Des militaires turcs et russes ont commencé vendredi à patrouiller conjointement dans le Nord-Est de la Syrie aux termes d'un accord qui a mis fin à une offensive d'Ankara contre les forces kurdes syriennes, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les patrouilles ont dĂ©butĂ© Ă  environ 09H00 GMT dans un village de la rĂ©gion de Dirbassiyeh, a constatĂ© le correspondant de l'AFP depuis le cĂŽtĂ© turc de la frontiĂšre oĂč l'armĂ©e turque a emmenĂ© des journalistes pour couvrir l'Ă©vĂ©nement.

Les soldats, à bord d'une dizaine de véhicules militaires turcs et russes se sont dirigés vers l'est de Dirbassiyeh pour patrouiller dans une bande de territoire longue de plusieurs dizaines de kilomÚtres, selon des sources militaires turques.

Aux termes d'un accord conclu le 22 octobre à Sotchi entre les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et russe Vladimir Poutine, la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG) avait jusqu'à mardi 15H00 GMT pour se retirer de ses positions frontaliÚres de la Turquie. "Les premiÚres patrouilles turco-russes conjointes avec des unités terrestres et aériennes sont en cours dans le Nord-Est de la Syrie conformément à l'accord de Sotchi", a confirmé le ministÚre turc de la Défense dans un communiqué.

La Turquie entend mettre en place une "zone de sécurité" d'une trentaine de kilomÚtres de profondeur le long de sa frontiÚre pour séparer celle-ci des YPG, qu'elle qualifie de "terroristes" mais qui sont alliées aux pays occidentaux dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

- Confirmation de l'armée russe -

A Moscou, l'armée russe a aussi confirmé le lancement des patrouilles. "La patrouille comprend 9 véhicules blindés russes et turcs et la sécurité de la colonne est assurée par un BTR-82 (véhicule militaire blindé) de l?armée russe. L'itinéraire est de plus de 110 km", a précisé l'armée russe dans un communiqué.

L'accord avec la Russie ainsi qu'un autre conclu le 17 octobre avec les Etats-Unis ont permis l'arrĂȘt d'une offensive que la Turquie avait lancĂ©e le 9 octobre contre les forces kurdes.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou avait affirmé mardi que le retrait des combattants kurdes était terminé. M. Erdogan a affirmé jeudi que la Turquie pourrait vérifier la réalité de ce retrait aprÚs le lancement des patrouilles conjointes avec les Russes.

A la faveur de sa derniÚre offensive, la Turquie, qui contrÎlait déjà des pans entiers du Nord de la Syrie depuis deux précédentes opérations à l'ouest de l'Euphrate, a pu élargir sa présence à l'est du fleuve avec la mise en place prévue d'une "zone de sécurité" longue de 120 km et de 30 km de profondeur entre les localités de Tal Abyad et Ras al-Aïn dont elle a délogé les combattants des YPG lors de sa derniÚre offensive.

La prĂ©sence de l'armĂ©e du rĂ©gime syrien, appelĂ©e Ă  la rescousse par les YPG, dans d'autres secteurs de la frontiĂšre, empĂȘche toutefois Ankara d'Ă©tendre cette zone Ă  quelque 450 km comme il en avait l'intention.

Mais aux termes de l'accord de Sotchi, Moscou s'est engagé à faire partir les YPG de ces secteurs en coordination avec l'armée syrienne pour les repousser à 30 km au moins de la frontiÚre turque et à lancer des patrouilles conjointes avec l'armée turque sur une profondeur de 10 km en territoire syrien.

AFP

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