Europe

Theresa May défend l'accord de Brexit au Parlement et en Ecosse

  • PubliĂ© le 28 novembre 2018 Ă  08:06
  • ActualisĂ© le 28 novembre 2018 Ă  09:32
La PremiĂšre ministre britannique Theresa May Ă  Belfast, en Irlande du Nord, le 27 novembre 2018

Déplacement en Ecosse et séance de questions au Parlement britannique: la PremiÚre ministre Theresa May assure à nouveau mercredi le service aprÚs-vente pour tenter de convaincre du bien-fondé de l'accord de Brexit scellé avec l'UE, cible de multiples critiques au Royaume-Uni.

L'ambiance promet d'ĂȘtre animĂ©e au Parlement de Westminster Ă  l'occasion de la traditionnelle sĂ©ance hebdomadaire de questions Ă  la PremiĂšre ministre, exercice lors de laquelle la dirigeante conservatrice fera face Ă  des dĂ©putĂ©s trĂšs sceptiques sur ce "traitĂ© de retrait" approuvĂ© par les dirigeants des pays europĂ©ens aprĂšs 17 mois de nĂ©gociations.
Parvenir Ă  convaincre les parlementaires britanniques est un enjeu crucial pour Theresa May, alors que le texte est menacĂ© d'ĂȘtre retoquĂ© lors du vote qui aura lieu le 11 dĂ©cembre.
Mme May ne dispose en effet que d'une courte majorité d'une dizaine de voix à la chambre des Communes. Or, son allié nord-irlandais, le parti unioniste DUP, s'oppose à l'accord, comme quelque 80 députés conservateurs favorables à un Brexit dur, les travaillistes, les europhiles du parti libéral-démocrate et les députés écossais indépendantistes.
Histoire d'amadouer la région septentrionale du Royaume-Uni, Theresa May doit se rendre mercredi prÚs de Glasgow, la plus grande ville d'Ecosse, nouvelle étape de sa tournée destinée à convaincre les Britanniques, qui l'a déjà emmenée mardi au Pays de Galles et en Irlande du Nord.
"C'est un accord qui est bon pour les employeurs écossais et qui protégera les emplois", doit déclarer la PremiÚre ministre, selon des extraits de son discours communiqués à l'avance par ses services.

Un accord "inacceptable"

Theresa May tentera tout particuliĂšrement de rassurer sur la question de la pĂȘche, sujet hautement sensible en Ecosse, le secteur occupant une place stratĂ©gique dans l'Ă©conomie rĂ©gionale.
"J'ai toujours dĂ©fendu avec fermetĂ© les intĂ©rĂȘts des pĂȘcheurs Ă©cossais et je le ferai toujours", dira-t-elle, en se vantant d'avoir tenu tĂȘte Ă  l'UE dans les nĂ©gociations sur le sujet: "Tout au long du processus de nĂ©gociation, l'UE a maintenu qu'elle souhaitait lier l'accĂšs (des Britanniques) au marchĂ© (europĂ©en) Ă  l'accĂšs (des EuropĂ©ens aux zones de pĂȘche britanniques). Elle n'y est parvenue ni dans l'accord de retrait, ni dans la dĂ©claration politique (sur la future relation avec l'UE)".
L'accord entĂ©rinĂ© dimanche prĂ©voit que les pĂȘcheurs europĂ©ens garderont leur accĂšs aux eaux territoriales britanniques et que les Britanniques resteront soumis aux quotas de pĂȘche europĂ©ens pendant la pĂ©riode de transition qui suivra le Brexit. Mais il prĂ©cise qu'il faudra conclure un accord au plus tard d'ici Ă  la mi-2020 pour rĂ©gler cette question.

Avant mĂȘme la visite de Theresa May, la PremiĂšre ministre Ă©cossaise Nicola Sturgeon, cheffe du parti indĂ©pendantiste SNP (gauche), a fustigĂ© mardi l'accord, s'appuyant sur une Ă©tude publiĂ©e par son gouvernement selon laquelle une sortie de l'UE dans ces conditions rendront les Ecossais "plus pauvres".
Cette "analyse montre en quoi l'accord conclu par la PremiÚre ministre est inacceptable pour le gouvernement écossais et préjudiciable au peuple écossais", a insisté Mme Sturgeon.
Un accord "inacceptable": la formule avait également été utilisée mardi par la leader du DUP, Alerne Foster, à l'issue d'une rencontre à Belfast avec Theresa May, signe des difficultés rencontrées par la dirigeante britannique dans son entreprise de persuasion.

Rejetant le statut spécial accordé à l'Irlande du Nord dans l'accord afin d'éviter le retour à une frontiÚre physique sur l'ßle d'Irlande, Mme Foster a appelé la PremiÚre ministre à travailler à une autre "voie".
Peut-ĂȘtre Theresa May pourra-t-elle trouver un peu de soutien dans la publication du diagnostic de la Banque d'Angleterre sur la rĂ©sistance du systĂšme financier aprĂšs la sortie de l'UE, dont les conclusions devraient une fois de plus dĂ©crire le scĂ©nario catastrophique d'un Brexit sans accord.

AFP

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