Danger

Toujours des substances indésirables dans les tampons et serviettes

  • PubliĂ© le 21 fĂ©vrier 2019 Ă  12:53
  • ActualisĂ© le 21 fĂ©vrier 2019 Ă  13:03
Malgré les recommandations officielles, des résidus de substances chimiques indésirables sont toujours présents dans les protections intimes féminines (tampons et serviettes périodiques), déplore jeudi le magazine 60 millions de consommateurs

Malgré les recommandations officielles, des résidus de substances chimiques indésirables sont toujours présents dans les protections intimes féminines (tampons et serviettes périodiques), déplore jeudi le magazine 60 millions de consommateurs.

"Principal enseignement des nouvelles analyses: les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent", écrit le magazine dans son numéro de mars, qui relÚve essentiellement la présence de résidus de glyphosate, un herbicide controversé, et de phtalates. Le syndicat des fabricants, Group'hygiÚne, a réagi en soulignant que "les rares substances détectées (...) le sont à l'état de traces, à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires".

"Le niveau peut ĂȘtre si faible qu'il Ă©quivaut Ă  un carrĂ© de sucre dans 2.000 piscines olympiques", a ajoutĂ© le syndicat dans un communiquĂ©. La parution de l'enquĂȘte de 60 Millions de consommateurs, trois ans aprĂšs un premier volet qui avait fait grand bruit en 2016, suit de quelques mois un rapport de l'agence de sĂ©curitĂ© sanitaire Anses.

Dans son rapport paru en juillet dernier, l'Anses avait relevé la présence de substances chimiques "en trÚs faible concentration" dans les protections féminines, mais avait souligné que cela ne présentait pas de risque pour les utilisatrices. Pour autant, l'Anses avait recommandé par précaution aux fabricants "d'améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques".

"Trois ans aprÚs nos premiÚres révélations, +60+ a souhaité vérifier dans quelles mesures les recommandations de l'Anses étaient suivies par les fabricants", indique le magazine. Selon lui, "la présence récurrente du glyphosate ou d'un de ses dérivés dans des produits de grandes marques (...) interpelle de nouveau". Cela concerne également des marques labellisées bio.

"Autre rĂ©sultat remarquable: la prĂ©sence de phtalates que nous n'avions pas dĂ©tectĂ©s auparavant", poursuit l'enquĂȘte en citant une substance appelĂ©e DEHP.
"Suspecté par l'ECHA, l'Agence européenne officielle en charge des substances chimiques, de pouvoir altérer la fertilité (...), le DEHP fait partie des phtalates les plus préoccupants", selon le magazine.

60 Millions de consommateurs dĂ©plore qu'"encore trop de marques restent floues sur les ingrĂ©dients utilisĂ©s dans leurs protections pĂ©riodiques", en l'absence de rĂ©glementation contraignante. "Les marques mises en cause ne sont pas forcĂ©ment les mĂȘmes mais le constat demeure. Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections pĂ©riodiques Ă  usage unique peuvent ĂȘtre au contact de rĂ©sidus pour le moins indĂ©sirables de maniĂšre chronique", conclut le magazine.
"L'Anses a clairement conclu en juillet dernier à l'absence de risques pour l'utilisation de ces produits", a insisté Group'HygiÚne, en faisant valoir que les substances détectées n'étaient pas ajoutées par les fabricants de maniÚre intentionnelle.

"Elles peuvent ĂȘtre prĂ©sentes dans la majeure partie de l'Ă©cosystĂšme agricole actuel et notre environnement: air, eau, sol...", selon le syndicat. Le 8 fĂ©vrier, aprĂšs une mise en cause similaire qui avait provoquĂ© une alerte de l'Anses et une injonction du gouvernement, les fabricants de couches pour bĂ©bĂ©s se sont engagĂ©s Ă  indiquer les composants sur leurs emballages.

AFP

guest
0 Commentaires