A lui seul, "amore infinito" (amour sans fin), le nouveau slogan du Giro, symbolise l'attraction exercĂ©e par le Tour d'Italie, dont la 100e Ă©dition commence vendredi en Sardaigne avec deux tĂȘtes d'affiche, le Colombien Nairo Quintana et l'Italien Vincenzo Nibali, et un candidat français, Thibaut Pinot.
Au départ d'Alghero, au nord-ouest de la grande ßle, le Franc-Comtois a les atouts pour viser trÚs haut. Grimpeur naturel, endurant physiquement (3e du Tour 2014), il est supérieur à la plupart de ses rivaux dans les contre-la-montre et supporte le mauvais temps, un aléa qui survient souvent dans les cols du nord de la péninsule.
Loin de la fiÚvre du Tour de France, tant climatique que médiatique, le chef de file de la FDJ présente le profil idéal (malgré le handicap de la découverte du Giro) pour briller dans une course qu'aucun Français n'a terminé sur le podium depuis... Laurent Fignon, vainqueur en 1989. En 2011, John Gadret n'avait été installé à la troisiÚme place qu'aprÚs le déclassement de l'Espagnol Alberto Contador.
- Candidat au doublé -
Si les clignotants sont au vert pour Pinot, vainqueur d'étape pour son dernier jour de course au Tour des Alpes, tout est à faire au départ d'une édition endeuillée par le décÚs accidentel survenu fin avril de l'Italien Michele Scarponi, le lauréat 2011 percuté par un véhicule à l'entraßnement. Quelques jours plus tard, c'est un jeune coureur américain (Chad Young) qui a trouvé la mort aprÚs une chute en compétition.
Cette année, les organisateurs du Giro ont opté pour une course cent pour cent italienne. Aucune incursion à l'étranger mais des symboles à foison, liés à la légende de la course rose. Les références aux coureurs du passé (Bartali, Coppi, Gimondi, Pantani) abondent, les montées emblématiques (Etna dÚs mardi prochain, Blockhaus, Oropa, Mortirolo, Stelvio, Pordoi, Monte Grappa) foisonnent sur le parcours qui conduit le 28 mai à Milan, prÚs du célÚbre Duomo.
"Le parcours est un peu plus difficile que les années précédentes", estime Nibali, le double vainqueur du Giro (2013, 2016) qui désigne Quintana comme favori. Le grimpeur andin lui rend la pareille. "C'est Nibali mon adversaire numéro un".
Fort de son succĂšs en 2014 lors de sa prĂ©cĂ©dente et unique venue sur le Giro, Quintana se prĂ©sente en confiance. A 27 ans, il s'estime mĂȘme en mesure de viser le doublĂ© Giro-Tour ("j'ai gagnĂ© en rĂ©sistance", dit-il), mĂȘme s'il entend pour l'heure rester concentrĂ© exclusivement sur le Tour d'Italie.
- Les sprinteurs pour commencer -
Qui lui sera supérieur dans les cols ? Si Quintana est à son meilleur niveau, aprÚs la longue parenthÚse qui a suivi sa victoire en mars dans la Tirreno-Adriatico (2e du Tour des Asturies pour sa course de rentrée), aucun de ses adversaires ne peut rivaliser en montagne. Mais les piÚges, nombreux sur les routes italiennes, et les 69 kilomÚtres de contre-la-montre répartis au milieu (10e étape) et à la fin de la course, sont autant de facteurs qui ajoutent à l'incertitude.
A cÎté de Pinot, le Néerlandais Steven Kruijswijk, qui faisait figure de vainqueur probable l'année passée à trois jours de l'arrivée avant sa chute, et l'Espagnol Mikel Landa, associé au rouleur gallois Geraint Thomas, mÚnent l'opposition avec Nibali, avantagé par sa parfaite connaissance de la course.
Mais, en attendant les étapes sélectives, ce sont les sprinteurs (Gaviria, Greipel, Ewan, Modolo, Nizzolo) qui regardent vers le premier maillot rose, vendredi, au bout des 206 kilomÚtres menant à Olbia, au nord-est de l'ßle. A moins que le petit mur de San Pantaleo, au seuil des 20 derniers kilomÚtres, bouleverse le jeu.
Par Anne CHAON - © 2017 AFP


