France

Trois jeunes aux assises pour un projet d'attentat contre un site militaire

  • PubliĂ© le 7 avril 2018 Ă  16:15
  • ActualisĂ© le 7 avril 2018 Ă  16:27
Trois jeunes Français radicalisés, soupçonnés d'avoir projeté en 2015 l'attaque d'un site militaire du cap Béar,  sont jugés à partir de lundi devant la cour d'assises des mineurs de Paris

Des jeux vidéos au projet de décapitation: trois jeunes Français radicalisés, soupçonnés d'avoir projeté en 2015 l'attaque d'un site militaire du cap Béar, dans le sud-ouest, sont jugés à partir de lundi devant la cour d'assises des mineurs de Paris.

Ils avaient alors 17, 19 et 23 ans, vivaient chez leur mĂšre et surfaient sur internet. Djebril Amara, Antoine FrĂšrejean et I. K., ont en commun leur jeunesse et une radicalisation rapide.

Les trois garçons, qui habitaient l'un dans le Nord, l'autre en région parisienne et le troisiÚme à Marseille, avaient lié connaissance sur le forum jeuxvideo.com en 2014. Ils avaient ensuite discuté de leurs desseins jihadistes sur les réseaux sociaux, notamment via la messagerie cryptée Telegram.
Accusés d'appartenir à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, ils encourent 20 ans de réclusion. L'un des accusés étant mineur au moment des faits, l'audience est prévue à huis clos. La défense de ce dernier, I. K., envisage de demander la publicité des débats: la cour tranchera lundi matin.

ArrĂȘtĂ©s le 13 juillet 2015, les trois accusĂ©s, dont l'un Ă©tait un ancien de la Marine, sont soupçonnĂ©s d'avoir fomentĂ© un attentat contre des soldats du sĂ©maphore de BĂ©ar, fin 2015, peut-ĂȘtre dans la nuit de la Saint-Sylvestre, ainsi que la dĂ©capitation filmĂ©e du commandant de ce poste d'observation de la Marine nationale, situĂ© Ă  Port-Vendres (PyrĂ©nĂ©es-Orientales).
Ils sont également poursuivis pour avoir voulu rejoindre les rangs du groupe Etat islamique (EI) en zone irako-syrienne. L'un d'entre eux, Antoine FrÚrejean, est aussi accusé d'avoir aidé un jeune Français à gagner la Syrie, notamment en prenant contact avec Mourad Fares, un des principaux recruteurs français.

Jusqu'oĂč leur adhĂ©sion aux thĂšses islamistes radicales les aurait-elle conduits? Voulaient-ils partir en Syrie, commettre un attentat en France? Les magistrats instructeurs soulignent qu'ils ont "tentĂ© de mettre en oeuvre les directives du jihad global prĂ©conisĂ©es" par le groupe d'Abou Bakr al-Baghdadi, qui avait proclamĂ© un califat en juin 2014.
Pour les enquĂȘteurs, le projet d'attentat contre des militaires Ă©tait nĂ© de l'Ă©chec du plan initial qui Ă©tait de gagner la Syrie. Le plus jeune des accusĂ©s avait Ă©tĂ© signalĂ© par sa mĂšre qui avait sollicitĂ© une mesure d'interdiction de sortie du territoire en novembre 2014.

- "Frapper sur place" -

Pour les juges, leur projet de départ est "ravivé" aprÚs les attentats de janvier 2015 à Paris, au lendemain desquels I. K. avait rédigé un testament. Deux rencontres - les deux seules - ont lieu ce mois de janvier: Djebril Amara retrouve Antoine FrÚrejean à Lyon, puis I. K dans le Nord.
Pour les enquĂȘteurs, leur projet contre le sĂ©maphore de BĂ©ar prend forme. Amara a reconnu avoir suggĂ©rĂ© de s'attaquer Ă  ce site oĂč il avait Ă©tĂ© affectĂ© comme guetteur, loin de ses rĂȘves de servir sur des navires. AprĂšs plusieurs arrĂȘts maladie en 2014, il avait Ă©tĂ© rĂ©formĂ© de la Marine dĂ©but 2015.

Le benjamin du groupe a raconté avoir été en contact avec un membre du groupe EI, Abu Hussein El Britani, qui lui avait donné pour consigne de "frapper sur place en France", faute de pouvoir se rendre en Syrie.
Les enquĂȘteurs ont retrouvĂ© un message de I. K. Ă  FrĂšrejean en mai 2015: "Le projet c'est: +on fait le truc dans la base militaire puis on Ă©chappe et on va en Syrie+".

Les trois jeunes gens ont contesté la matérialité du projet, présenté comme une idée floue et non aboutie. Le plus jeune affirme y avoir totalement renoncé aprÚs son mariage religieux avec une jeune Française convertie. Antoine FrÚrejean, que sa mÚre décrit comme "fanatique", nie avoir adhéré à ce plan. Djebril Amara a expliqué avoir été "hypnotisé" par l'EI alors qu'il était en dépression, avant de prendre ses distances.
Lors des perquisitions, les enquĂȘteurs avaient retrouvĂ© des camĂ©ras, des manuels en ligne de confection d'explosifs et un guide pour les aspirants au jihad syrien, mais ni armes Ă  feu ni explosifs.

AFP

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