Etats-Unis

Trump informé de l'existence d'informations compromettantes pour lui

  • PubliĂ© le 11 janvier 2017 Ă  06:14
Donald Trump le 9 janvier lors d'une brÚve intervention devant les médias à la Trump Tower de New York

Les chefs du renseignement américain ont informé Donald Trump la semaine derniÚre de l'existence d'informations compromettantes qui auraient été recueillies pendant des années par la Russie sur le milliardaire républicain, et rassemblées dans des notes confidentielles circulant à Washington. "Fausses informations - une chasse aux sorciÚres totale!" a réagi le milliardaire sur Twitter, écrivant la totalité de son message en lettres capitales.

La chaßne CNN et d'autres médias ont rapporté mardi l'existence d'un document de 35 pages, composé d'une série de notes datées de juin à décembre 2016 et rédigées par un ancien agent du contre-espionnage britannique, jugé crédible par le renseignement américain, pour le compte d'opposants politiques à Donald Trump.

Selon ces mĂ©dias, dont CNN et le New York Times, les chefs du renseignement amĂ©ricain ont prĂ©sentĂ© au prĂ©sident Ă©lu un rĂ©sumĂ© de deux pages de ces 35 pages, en mĂȘme temps qu'ils lui dĂ©taillaient leur rapport, partiellement dĂ©classifiĂ© vendredi, rĂ©capitulant l'ensemble des opĂ©rations russes de piratage informatique et de dĂ©sinformation aux Etats-Unis. Le fait que ce rĂ©sumĂ© ait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© Ă  Donald Trump, Barack Obama et plusieurs responsables du CongrĂšs souligne l'importance accordĂ©e Ă  ces documents par les chefs espions.

Les 35 pages ont été publiées mardi par le site d'information BuzzFeed, qui a cependant précisé qu'il n'était pas en mesure de les authentifier. Leur contenu n'a pas plus été certifié par des sources officielles. Les notes, qui circulaient parmi les milieux politiques et médiatiques à Washington depuis plusieurs semaines, détaillent notamment :

- des informations présentées comme compromettantes sur la vie personnelle de Donald Trump, comme l'existence supposée de vidéos sexuelles tournées lors d'une visite à Moscou en 2013, et obtenues par les services russes dans le but d'en faire un moyen de chantage;

- des informations sur les liens de plusieurs années entre Donald Trump, ses proches et le Kremlin.

Ces informations ont provoqué le trouble à Washington, et notamment au CongrÚs. "Si ces allégations d'une coordination entre la campagne de Trump et des agents russes sont avérées, et les allégations selon lesquelles les Russes ont compromis l'indépendance du président élu Trump, ce serait vraiment choquant. Ce serait explosif", a réagi sur CNN le sénateur démocrate Chris Coons.

"Si les informations sur les compromissions de Trump sont fausses, elles doivent ĂȘtre dĂ©menties, si elles sont vraies, il ne peut pas ĂȘtre prĂ©sident", a dĂ©clarĂ© un Ă©lu dĂ©mocrate, Jared Polis.

Ce document explique sans doute "la défense continuelle de Trump de la Russie et son adoration pour Poutine", a renchéri sur Twitter l'ex-candidat conservateur à la présidentielle et ancien agent de la CIA Evan McMullin.

- Liens avec Moscou -

L'existence de liens entre l'entourage de Donald Trump et le pouvoir russe avait déjà fait l'objet de rumeurs pendant la campagne électorale, notamment via le rÎle trouble d'un conseiller républicain en politique étrangÚre proche des Russes, Carter Page.

L'ex-chef de file des sénateurs démocrates, Harry Reid, qui avait accÚs à des informations classées secrÚtes, s'en était publiquement alarmé à mots couverts auprÚs du directeur du FBI, James Comey, en août et en octobre.

"Il est maintenant clair que vous possĂ©dez des informations explosives sur les liens Ă©troits et la coordination entre Donald Trump, ses proches conseillers et le gouvernement russe - une entitĂ© Ă©trangĂšre ouvertement hostile aux Etats-Unis, dont Donald Trump fait l'Ă©loge Ă  chaque occasion", a Ă©crit M. Reid le 27 aoĂ»t, exigeant le lancement d'une enquĂȘte par le FBI. Mardi, le directeur du FBI, interrogĂ© au CongrĂšs, n'a ni confirmĂ© ni dĂ©menti l'existence d'une enquĂȘte.

En aoĂ»t dernier, Michael Morell, ancien directeur par intĂ©rim et directeur adjoint de la CIA de 2010 Ă  2013, et soutien d'Hillary Clinton, avait accusĂ© Donald Trump d'ĂȘtre "un agent involontaire de la FĂ©dĂ©ration de Russie". InterrogĂ©e mardi, la Maison Blanche n'a pas fait de commentaires. Le consensus des services de renseignement amĂ©ricain est que Vladimir Poutine a ordonnĂ© une campagne d'influence aux Etats-Unis en piratant notamment des responsables dĂ©mocrates afin de discrĂ©diter Hillary Clinton, envers qui il nourrirait une inimitiĂ© personnelle depuis qu'elle a Ă©tĂ© chef de la diplomatie amĂ©ricaine, et de doper les chances de Donald Trump.

Le successeur de Barack Obama, élu en novembre dernier, a fait campagne en prÎnant un rapprochement avec Moscou. Il a longtemps refusé d'accepter la conclusion de l'administration Obama sur l'ingérence russe.

AprÚs avoir reçu le rapport des services, vendredi dernier, il a infléchi sa ligne, admettant publiquement que la Russie, parmi d'autres acteurs étatiques et privés, avait lancé des cyberattaques aux Etats-Unis, notamment contre le parti démocrate. Le Kremlin réfute ces accusations d'interférence.

Ces développements devraient occuper une partie de la conférence de presse que Donald Trump doit tenir mercredi matin à New York, sa premiÚre depuis son élection.

AFP

guest
0 Commentaires