États-Unis

Trump propose "la plus grande baisse d'impĂŽt de l'histoire"

  • PubliĂ© le 26 avril 2017 Ă  18:58
Donald Trump, le 25 avril 2017 Ă  la Maison Blanche

Donald Trump dévoile mercredi un projet de baisse colossale des impÎts, notamment pour les entreprises, désireux de lancer une nouvelle initiative choc avant son 100e jour au pouvoir, malgré les réserves de ses alliés républicains du CongrÚs.


Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, présentera à 13H30 (17H30 GMT) le plan élaboré par l'administration, dont il a donné les grandes lignes mercredi matin à Washington.
La Maison Blanche va demander au CongrÚs de réduire le taux d'imposition des entreprises américaines à 15%, au lieu de 35% actuellement.
Le taux actuel est l'un des plus élevés des pays riches de l'OCDE, bien que le taux effectif soit souvent bien inférieur en raison des différentes exemptions et déductions.
"Ce sera la plus grande baisse d'impÎt et la plus grande réforme fiscale de l'histoire de notre pays", a affirmé M. Mnuchin lors d'un événement organisé par la publication "The Hill".
Donald Trump, qui a pris ses fonctions en janvier, avait promis pendant sa campagne de réformer les impÎts et de diminuer la charge fiscale pesant à la fois sur les entreprises et les ménages.
Avec cette rĂ©forme, il lance un nouveau chapitre de son mandat, alors que la Maison Blanche vante le bilan des 100 premiers jours (Syrie, rĂ©duction des arrivĂ©es de clandestins, Cour suprĂȘme, dĂ©rĂ©glementation...), amaigri par les Ă©checs du dĂ©cret migratoire et de l'abrogation de la loi sur la santĂ© "Obamacare". Samedi sera le 100e jour depuis le 20 janvier.
Le but est aussi de réduire et de simplifier l'impÎt sur le revenu pour les particuliers, au point de pouvoir faire sa déclaration annuelle "sur une grande carte postale", selon le secrétaire au Trésor.
L'administration soutient qu'une réduction relancera la croissance et que les recettes supplémentaires dégagées par une accélération de l'économie compenseront le manque à gagner pour le budget fédéral.


- Les négociations commencent -


M. Mnuchin a également laissé entendre que cette réforme ne comprendrait pas de taxes sur les importations, ce qui serait un désaveu pour le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan.
Cette "taxe d'ajustement à la frontiÚre" était la pierre angulaire du plan officiel du parti républicain pour la remise à plat du code des impÎts, qu'il a élaboré depuis des mois.
"C'est grosso modo exactement ce que nous voulons", a minimisĂ© Paul Ryan lors d'une confĂ©rence de presse au Capitole. "Il y a du progrĂšs, on arrive doucement au mĂȘme point..."
La proposition de la Maison Blanche est Ă  ce stade... une proposition.
Elle devra dans tous les cas passer Ă  la moulinette du CongrĂšs, contrĂŽlĂ© par les rĂ©publicains, mais oĂč les dĂ©mocrates disposent d'une minoritĂ© de blocage au SĂ©nat. La majoritĂ© devrait utiliser une procĂ©dure accĂ©lĂ©rĂ©e, mais certaines conditions budgĂ©taires seront requises.
En l'état, sans contrepartie pour les ménages, la baisse d'impÎt sur les entreprises est rejetée par l'opposition démocrate.
"Si c'est une énorme réduction d'impÎt pour les trÚs riches, ça ne passera pas chez les démocrates", a réagi Chuck Schumer, chef de file démocrate du Sénat.
Les républicains, eux, sont a priori favorables à une réduction de l'impÎt, mais pas au prix de gonfler le déficit fédéral. C'est pour cette raison que Paul Ryan veut une taxe à l'importation, afin de compenser le manque à gagner.
Depuis les dérives des années Bush et les dépenses du début des années Obama, les républicains se sont posés en garants de l'équilibre budgétaire, certains allant jusqu'à défendre un amendement constitutionnel pour interdire les déficits.
De nombreux Ă©conomistes, y compris proches des rĂ©publicains, raillent l'idĂ©e popularisĂ©e dans les annĂ©es 1980 que la croissance engendrĂ©e par la baisse d'impĂŽt fera rentrer suffisamment de nouvelles recettes fiscales pour empĂȘcher les dĂ©ficits.
"Je ne connais pas de cas oĂč une rĂ©duction d'impĂŽt se soit financĂ©e d'elle-mĂȘme", dit Ă  l'AFP Mark Mazur, ex-secrĂ©taire adjoint au TrĂ©sor de l'administration Obama, aujourd'hui directeur de l'Urban-Brookings Tax Policy Center.
"Il n'y a jamais eu une seule analyse crĂ©dible (...) pour suggĂ©rer que les rĂ©ductions d'impĂŽts vont se financer elles-mĂȘmes", assure aussi le rĂ©publicain Douglas Holtz-Eakin, prĂ©sident du centre d'Ă©tudes Ă©conomiques American Action Forum.

Par Baptiste BECQUART - © 2017 AFP

guest
0 Commentaires