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Tuerie raciste: Dylann Roof décrit comme froid et imperturbable

  • PubliĂ© le 9 dĂ©cembre 2016 Ă  21:54
Dylann Roof (C)au milieu de policiers de Shelby (Caroline du Nord) aprĂšs son arrestation, le 18 juin 2015

Les enquĂȘteurs de la police fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine ont dĂ©crit vendredi Ă  son procĂšs l'impassibilitĂ© glaçante de Dylann Roof, lors de son arrestation au lendemain de la tuerie qu'il avait perpĂ©trĂ©e dans une Ă©glise noire de Caroline du Sud.


La dĂ©position Ă  la barre de Michael Stansbury, agent spĂ©cial du FBI, a confortĂ© l'accusation qui entend convaincre les douze jurĂ©s de la cour de Charleston que le jeune homme mĂ©rite d'ĂȘtre condamnĂ© Ă  la peine de mort.
Nous sommes le 18 juin 2015. Les Etats-Unis sont sous le choc de la pire attaque raciste menée dans le pays depuis des années: neuf paroissiens noirs ont été tués par balle à l'église méthodiste de l'Emanuel, dans un bain de sang difficilement explicable qui sÚme l'effroi.
Ayant choisi d'ouvrir une enquĂȘte pour "crimes racistes", M. Stansbury reçoit rapidement des informations sur une implication probable de Dylann Roof, un jeune solitaire de 21 ans qui professe la supĂ©rioritĂ© de la race blanche. Sa voiture et lui ont Ă©tĂ© filmĂ©s devant l'Ă©glise.
Les enquĂȘteurs se dĂ©ploient dans la ville de Columbia, oĂč vivait le suspect, se rendent chez son pĂšre, saisissent des photos: tout semble concorder. Le jeune homme est interpellĂ© par une patrouille sur une route de Caroline du Nord, puis est conduit dans un commissariat de la ville de Shelby.
L'agent spécial Stansbury s'y rend immédiatement. A son arrivée, le tireur présumé affiche un calme perturbant.
- 'Aucune émotion' -
"Dylann Roof était assis, en train de manger un hamburger. Il ne semblait pas troublé, il ne pleurait pas, n'affichait aucune émotion", a-t-il relaté vendredi.
Le policier obtient le feu vert de sa hiérarchie pour procéder, en compagnie d'un autre agent du FBI, à un interrogatoire filmé de Dylann Roof. La vidéo de ce moment clé a été projetée vendredi à l'audience.
"Nous aimerions vous parler de diverses choses", commence prudemment l'agent spécial, en faisant signer à Roof un document lui détaillant ses droits.
"Je suis prĂȘt Ă  parler et Ă  rĂ©pondre Ă  vos questions", rĂ©pond ouvertement le jeune homme, qui n'est alors plus menottĂ©.
AprÚs quelques palabres censées instaurer un climat de confiance, les policiers entrent dans le vif du sujet: "Pouvez-vous nous dire ce qui s'est passé hier soir?".
"Je me suis rendu à cette église de Charleston et... euh, je l'ai fait", répond froidement Dylann Roof.
- 'J'ai tué, j'imagine' -
"Fait quoi?", lui demande l'un des deux agents.
"Je n'aime pas vraiment le dire", reprend Roof. "J'ai tué, j'imagine".
Puis, toujours sans vraiment se troubler, le tireur relate en détails comment il s'est assis parmi l'assemblée de l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, prétendant prendre part à une séance d'étude de la Bible.
"Cela s'est passĂ© trĂšs vite", dit-il de l'instant oĂč il a ouvert le feu, tirant plus de 70 balles sur les fidĂšles. Des gestes qu'il mime devant les policiers, bras tendu pour montrer comment il a braquĂ© son arme.
Dylann Roof va mĂȘme jusqu'Ă  dĂ©tailler pourquoi il n'a mis que 11 balles dans chacun des chargeurs de 13 balles de son calibre .45 de marque Glock: afin qu'il ne s'enraye pas.
Survenue un demi-siÚcle aprÚs l'abolition de la ségrégation raciale, la fusillade dont répond Dylann Roof avait d'autant plus choqué l'opinion publique nationale et internationale qu'elle avait ensanglanté une église symbole de la lutte des Noirs contre l'esclavage.
"Pourquoi avez-vous choisi Charleston?", lui demande l'un des deux agents, dans la vidéo.
"J'aime bien Charleston", réplique le jeune homme. "Vous savez, c'est une ville historique".

- © 2016 AFP
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