Ukraine : 10 morts dans une frappe russe avant des efforts diplomatiques en Turquie

  • PubliĂ© le 19 novembre 2025 Ă  14:58
  • ActualisĂ© le 19 novembre 2025 Ă  18:18
Cette photographie émanant du compte Telegram du président ukrainien Volodymyr Zelensky le 19 novembre 2025 montre des dégùts causés à un immeuble résidentiel de Ternopil par des frappes russes qui ont fait au moins dix morts dans cette ville de l'ouest de l'Ukraine

L'Ukraine a Ă©tĂ© de nouveau frappĂ©e par des drones et missiles russes qui ont fait au moins dix morts mercredi dans l'ouest, selon les autoritĂ©s, au moment oĂč Volodymyr Zelensky est en Turquie pour tenter de "raviver" les nĂ©gociations de paix dans l'impasse avec la Russie.

Le Kremlin a de son cÎté refusé mercredi de commenter des informations publiées par le média américain Axios selon lesquelles Washington et Moscou préparent discrÚtement un plan de paix pour mettre fin à plus de trois ans de guerre en Ukraine.

Le président ukrainien est arrivé dans la matinée à Ankara pour rencontrer son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé sur la plateforme X le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak.

Il a assurĂ© ĂȘtre en "communication constante" avec l'Ă©missaire amĂ©ricain, Steve Witkoff, qui n'a pas confirmĂ© sa participation aux discussions.

Ces contacts, sans présence russe, visent à "réengager" les Etats-Unis dans le processus de paix, dans l'impasse, et de les convaincre d'accroßtre la pression sur Moscou, en position de force sur le front.

En attendant, l'Ukraine a fait face dans la nuit à des frappes massives impliquant 476 drones et 48 missiles russes, dont respectivement 442 et 41 ont été abattus, selon l'armée de l'air.

Cette attaque a notamment visé les régions occidentales de l'Ukraine, d'ordinaire plus épargnées par les bombardements en raison de leur éloignement du front: Lviv, Invano-Frankivsk et Ternopil.

A Ternopil, au moins 10 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et 37 blessĂ©es parmi lesquelles 12 enfants, et des immeubles rĂ©sidentiels ont Ă©tĂ© endommagĂ©s, selon les services de secours. Des habitants pourraient encore ĂȘtre piĂ©gĂ©s sous les dĂ©combres, a prĂ©cisĂ© le prĂ©sident Volodymyr Zelensky.

L'administration rĂ©gionale de Ternopil a appelĂ© "si possible" les habitants Ă  ne pas quitter leur domicile et fermer les fenĂȘtres, en raison d'une teneur en chlore dans l'air supĂ©rieure Ă  la norme, provoquĂ©e par des incendies et fortes fumĂ©es.

Le dirigeant ukrainien a estimé que ces frappes montraient que "la pression sur la Russie était insuffisante". "Des sanctions efficaces et une aide à l'Ukraine peuvent changer cela", a-t-il plaidé.

- Missiles américains -

En Russie, le ministÚre de la Défense a de son cÎté rapporté mercredi avoir neutralisé, la veille, une attaque ukrainienne à l'aide de missiles américains ATACMS sur la ville de Voronej, dans le sud-ouest du pays.

Il a précisé avoir abattu les quatre missiles, la chute de débris ayant endommagé entre autres une clinique et un orphelinat sans faire de victimes.

L'état-major ukrainien avait confirmé mardi soir avoir attaqué la Russie à l'aide d'ATACMS, une arme américaine qui n'avait pas été utilisée depuis plusieurs mois.

Le ministÚre russe de la Défense a aussi dit mercredi avoir abattu 65 drones ukrainiens au-dessus de six régions de Russie.

Ces frappes croisées interviennent alors que Volodymyr Zelensky cherche à convaincre Washington de se "réengager", selon des responsables ukrainiens interrogés par l'AFP.

Depuis son retour au pouvoir en début d'année, Donald Trump s'est présenté comme un médiateur pour ce conflit, bien que Washington ait été un soutien militaire et financier majeur de Kiev depuis quatre ans.

Ses efforts n'ont toutefois pas abouti à une cessation des hostilités. Se disant tour à tour frustré par Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, il a finalement adopté en octobre des sanctions contre le secteur pétrolier russe.

- Kiev en difficulté sur le front -

MalgrĂ© plusieurs sessions de pourparlers entre Russes et Ukrainiens Ă  Istanbul cette annĂ©e, les positions des deux camps continuent d'ĂȘtre diamĂ©tralement opposĂ©es sur les conditions d'une paix, les modalitĂ©s d'un cessez-le-feu ou une rencontre entre leurs dirigeants.

La volonté de Kiev de relancer les pourparlers intervient surtout dans un moment trÚs difficile pour l'armée ukrainienne.

Une ville clĂ© sur le front Est, Pokrovsk, semble sur le point de tomber ; les soldats russes ont pĂ©nĂ©trĂ© cet Ă©tĂ© dans la rĂ©gion de Dnipropetrovsk (centre-est) et avancent depuis plusieurs jours dans celle de Zaporijjia (sud), oĂč le front Ă©tait largement gelĂ© depuis deux ans.

La semaine derniÚre, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait indiqué que Moscou était "ouvert à des processus de négociation" pour résoudre le conflit, tout en jugeant Kiev et l'Europe responsables du gel des discussions.

La Russie, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, exige notamment que Kiev lui cÚde quatre régions du sud et de l'est du pays et renonce à intégrer l'Otan. Des conditions rejetées par l'Ukraine, qui réclame le retrait des soldats russes et des garanties de sécurité occidentales, jugées inacceptables par Moscou.

AFP

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