Guerre

Ukraine: des concessions Ă  Poutine seraient "suicidaires" pour l'Europe, dit Zelensky

  • PubliĂ© le 7 novembre 2024 Ă  19:29
  • ActualisĂ© le 7 novembre 2024 Ă  19:53
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky arrive au sommet de la Communauté politique européenne (CPE), le 7 novembre 2024 à Budapest, en Hongrie

Toute concession sur l'Ukraine à Vladimir Poutine serait "inacceptable" pour Kiev et "suicidaire" pour l'Europe, a prévenu jeudi Volodymyr Zelensky, peu aprÚs que Moscou a intimé à l'Occident de négocier sous peine de "destruction de la population ukrainienne".

Il a Ă©galement appelĂ© AmĂ©ricains et EuropĂ©ens Ă  ĂȘtre "forts" et Ă  "valoriser" leur relation, mĂȘme si l'Ă©lection de Donald Trump Ă  la prĂ©sidence des Etats-Unis fait planer l'incertitude Ă  la fois sur les liens entre ces alliĂ©s et le soutien Ă  l'Ukraine.

"Certains d'entre vous, ici présents, ont vivement recommandé à l'Ukraine de faire des +concessions+ à Poutine. C'est inacceptable pour l'Ukraine et suicidaire pour toute l'Europe", a lancé le président ukrainien dans un discours prononcé devant les dirigeants européens rassemblés à Budapest et dont l'AFP a obtenu une copie.

Plus de deux ans et demi aprĂšs le dĂ©but de son invasion de l'Ukraine, la Russie est en position de force sur le front oriental, oĂč son armĂ©e progresse de plus en plus vite face Ă  des troupes ukrainiennes moins nombreuses et moins bien Ă©quipĂ©es.

L'élection de Donald Trump à la présidence américaine laisse en outre craindre à l'Ukraine et aux Européens un désengagement américain dans les mois à venir.

"J'ai parlé au président Trump (...) c'était une bonne conversation productive, mais bien sûr nous ne pouvons pas dire quelles actions spécifiques il va entreprendre", a relevé le dirigeant ukrainien.

M. Zelensky a aussi rappelé que les forces du Kremlin ont également, selon Kiev et l'Occident, reçu en renfort au moins 10.000 soldats nord-coréens.

La Corée du Nord "mÚne désormais la guerre en Europe". "Les soldats nord-coréens tentent de tuer notre peuple sur le sol européen", a-t-il déploré.

C'est dans ce contexte difficile que Volodymyr Zelensky s'est rendu jeudi en Hongrie, pour une rĂ©union avec des dirigeants europĂ©ens. Il y a affirmĂ© que les liens entre les Etats-Unis et l'Europe ne devaient pas ĂȘtre "perdus" mais "valorisĂ©s" aprĂšs la victoire de Donald Trump.

- "Destruction de la population" -

Le chef du Conseil de sécurité russe et ex-ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, avait lui opté quelques heures plus tÎt pour un ton menaçant afin de pousser les Occidentaux à des négociations favorables à Moscou.

"La situation sur le théùtre des hostilités n'est pas en faveur du régime de Kiev, l'Occident a le choix : poursuivre son financement (de l'Ukraine) et la destruction de la population ukrainienne ou admettre les réalités existantes et commencer à négocier", a-t-il dit lors d'une réunion.

La question de la pérennité du soutien occidental à l'Ukraine est d'autant plus pressante pour Kiev que pendant sa campagne électorale, Donald Trump n'a cessé de dénoncer l'ampleur de l'aide à Kiev.

Avec son retour à la Maison Blanche, la balle est dans le camp américain, a estimé jeudi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
"On verra s'il y a des propositions" de la nouvelle administration américaine, a-t-il déclaré.

- Nouvelle attaque sur Kiev -

ParallÚlement, la Russie poursuit ses bombardements quotidiens de l'Ukraine, dans une volonté apparente de casser le moral de la population. Ces derniÚres semaines, elle a intensifié ses frappes sur les villes ukrainiennes, notamment Kiev.

La capitale a ainsi été visée par des attaques de drones six des sept jours de la premiÚre semaine de novembre et 20 jours en octobre, selon l'administration militaire.

Dans la nuit de mercredi Ă  jeudi, la dĂ©fense aĂ©rienne a dĂ©truit "plus d'une trentaine" de ces appareils au-dessus de la capitale et ses banlieues, selon la mĂȘme source.

Des débris de drones sont tombés sur six quartiers de Kiev, faisant deux blessés légers, selon cette source.

Jusqu'à présent, Kiev a pu résister à l'agression russe, et notamment repousser en partie ces bombardements systématiques, grùce à l'aide militaire occidentale.

Mais, depuis un an, confrontée à des forces russes plus nombreuses et mieux armées, ainsi qu'aux tergiversations occidentales grandissantes, l'armée ukrainienne recule et les pertes de territoires se sont accélérées cet automne.

Moscou réclame que l'Ukraine dépose les armes, qu'elle lui cÚde cinq régions, qu'elle renonce à son alliance avec l'Occident et à son ambition de rejoindre l'Otan. Des conditions inacceptables pour Kiev.

Américains et Européens assurent l'Ukraine de leur soutien indéfectible, mais refusent de l'autoriser à frapper en profondeur le territoire russe avec les armes qu'ils fournissent et d'abattre les engins russes visant les villes ukrainiennes, de crainte que cela n'entraßne une escalade.

Volodymyr Zelensky a vivement critiqué les Occidentaux, relevant que Moscou mÚne une escalade continue dans le conflit, la derniÚre en date étant le déploiement suspecté de milliers de soldats nord-coréens.

AFP

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