Guerre avec la Russie

Ukraine: lancement Ă  Paris d'une "coalition artillerie"

  • PubliĂ© le 18 janvier 2024 Ă  11:27
  • ActualisĂ© le 18 janvier 2024 Ă  11:48
Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, le 8 janvier 2024 à Paris

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu doit lancer jeudi à Paris une "coalition artillerie" visant à renforcer les capacités de Kiev face à la Russie, une cérémonie à laquelle son homologue ukrainien assistera par visioconférence.

Cette coalition, pilotée par la France et les Etats-Unis, est l'un des volets du groupe de contact pour la défense de l'Ukraine dit groupe de Ramstein, réunissant plus de 50 pays soutenant Kiev.

Cet atelier auquel participent 23 nations "vise à fédérer les efforts pour aider --dans le court et le long terme-- l'Ukraine à disposer d'une force d'artillerie adaptée aux besoins de la contre-offensive et de son armée de demain", a indiqué le ministÚre français des Armées.

Le ministre ukrainien de la Défense Roustem Oumerov, longtemps annoncé présent, a annulé au dernier moment sa venue en France "pour des raisons de sécurité", a fait savoir Paris dans la nuit de mercredi à jeudi.

"Le grand enjeu pour l'Ukraine c'est d'achever sa transition d'un matériel soviétique vers un matériel occidental", estime le consultant en risques internationaux Stéphane Audrand.

Les canons datant de l'Úre soviétique sont adaptés à des obus de 122 mm, alors que les systÚmes occidentaux utilisent des obus de 155 mm.

Pour armer les canons, l'Union européenne s'est donné pour objectif de fournir à l'Ukraine un million de munitions d'ici le printemps 2024. Mais seuls 300.000 obus ont été livrés à ce jour, selon des parlementaires européens.

Le ministÚre français des Armées s'est de son cÎté félicité mercredi d'un triplement des capacités de production de munitions en France, passées de 1.000 unités produites par mois avant la guerre en Ukraine à 3.000 espérées courant 2024.

Ces quantitĂ©s ne suffisent toutefois que pour quelques jours de combat cĂŽtĂ© ukrainien, notent des experts. "GrĂące aux efforts de l'Ă©conomie de guerre, la France a la capacitĂ© de produire en 2024 et dĂ©but 2025 78 Caesar flĂ©chĂ©s pour l'Ukraine", a Ă©galement fait savoir le ministĂšre. Six d'entre eux, payĂ©s par Kiev seront livrĂ©s "dans les prochaines semaines", les 72 autres devant trouver des financement collectifs, de mĂȘme source.

En dĂ©cembre, le ministĂšre ukrainien de la DĂ©fense avait dĂ©clarĂ© qu'il Ă©tait "trĂšs important pour l'Ukraine de renforcer sa puissance de feu grĂące Ă  la fourniture de systĂšmes d'artillerie par les alliĂ©s", prĂ©cisant ĂȘtre intĂ©ressĂ© par l'acquisition de davantage de Caesar.

- Front gelé -

La France a déjà cédé ou vendu à l'Ukraine 30 Caesar. Le Danemark a également fourni à l'Ukraine 19 exemplaires d'une version blindée à huit roues. Monté sur camion, le Caesar peut tirer des obus de 155 mm à 40 kilomÚtres de distance.

Le président français Emmanuel Macron a réitéré mardi son soutien à Kiev, dont la contre-offensive militaire n'a pas donné les résultats escomptés. Il a également annoncé qu'il se rendrait en février en Ukraine, pour la deuxiÚme fois depuis le début de la guerre en février 2022.

La France est "en train de finaliser un accord" de sécurité avec Kiev du type de celui conclu vendredi entre le Royaume-uni et l'Ukraine sur dix ans, a-t-il ajouté.

Samedi, lors de sa premiÚre visite en Ukraine, le nouveau ministre français des Affaires étrangÚres Stéphane Séjourné avait évoqué la possibilité de "renforcer la capacité ukrainienne de produire sur son sol" les armes dont elle a besoin.

PrÚs de deux ans aprÚs l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, le front est quasiment gelé depuis de nombreux mois.

Le chef de l'Etat français a également annoncé de nouvelles livraisons à Kiev d'une "quarantaine" de missiles (longue portée) Scalp et "plusieurs centaines de bombes" (des AASM selon une source proche du dossier), "pour ne pas laisser gagner la Russie".

L'Ukraine, visée presque chaque nuit par des drones et des missiles lancés par Moscou, a également besoin de renforcer sa défense antiaérienne.

 AFP

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