Records historiques

Un "dĂŽme de chaleur" historique frappe le grand Ouest du Canada et des Etats-Unis

  • PubliĂ© le 29 juin 2021 Ă  15:25
  • ActualisĂ© le 29 juin 2021 Ă  15:28
Austun Wilde se repose avec ses deux chiens le 27 juin 2021 dans un centre de rafraĂźchissement ouvert Ă  Portland, dans l'Oregon pour permettre aux habitants de fuir la chaleur record qui frappe l'Ouest des Etats-Unis et du Canada

Ecoles et centres de vaccination contre le Covid-19 fermés, épreuves de sélection olympique décalées et habitants réfugiés dans des centres de "rafraßchissement": l'Ouest du Canada et des Etats-Unis battait encore lundi de nouveaux records "historiques" de températures provoqués par un "dÎme de chaleur" à l'intensité rarissime.

A Portland (Oregon) et à Seattle (Etat de Washington), deux grandes villes du nord-ouest des Etats-Unis connues pour leur climat froid et humide, la température a atteint son plus haut niveau jamais enregistré depuis le début des archives, en 1940.

Il a fait 46,1 degrés Celsius à l'aéroport de Portland lundi aprÚs-midi (aprÚs un record de 44,4 degrés la veille) et 41,6 degrés à celui de Seattle, selon les relevés effectués par le service météorologique américain (NWS).

Mais c'est l'ouest du Canada qui détient encore la palme. A Lytton, village au nord-est de Vancouver, le record établi la veille a encore été battu: le mercure a grimpé lundi jusqu'à 47,9 degrés. La température la plus élevée jamais enregistrée au Canada avant cette vague de chaleur était de 45 degrés en 1937.

Dans la région, les climatiseurs et ventilateurs sont en rupture de stock. Des villes ont ouvert des centres de rafraßchissement. Des campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont été annulées, et des écoles fermées.

"Une vague de chaleur prolongée, dangereuse et historique persistera tout au long de cette semaine", a mis en garde Environnement Canada, émettant des alertes pour la Colombie-Britannique, l'Alberta et certaines parties de la Saskatchewan, des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon, frontalier de l'Alaska.

"Nous sommes le deuxiÚme pays le plus froid du monde et le plus enneigé", donc peu habitué à cette "chaleur du désert, trÚs sÚche", a confié lundi à l'AFP David Phillips, climatologue en chef d'Environnement Canada.

- "ExtrĂȘmement dangereux" -

De l'autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre aussi, les AmĂ©ricains souffrent des tempĂ©ratures Ă©touffantes dans les Etats du nord-ouest. "Ce niveau de chaleur est extrĂȘmement dangereux", mettait en garde le NWS lundi.

Un marché de Seattle, le Ballard Farmers Market, a dû fermer plus tÎt, sans doute une premiÚre "à cause de la chaleur", a expliqué à l'AFP son directeur Doug Farr. "La plupart du temps c'est à cause de la neige."

Le groupe Amazon a annoncé lundi qu'il ouvrait une partie de son siÚge de Seattle au public pour en faire un point de rafraßchissement d'une capacité de mille places. De nombreux logements sont dépourvus de climatiseurs dans cette ville généralement trÚs tempérée.

La tempĂ©rature moyenne pour un mois de juin Ă  Seattle est de 19 degrĂ©s Celsius. "A 21 degrĂ©s, c'est un bon jour, tout le monde est dehors en short et en T-shirt, mais lĂ  ça devient absurde", a lancĂ© un habitant de Seattle interrogĂ© par l'AFP, disant avoir "l'impression d'ĂȘtre dans le dĂ©sert".

A Portland aussi, de nombreux habitants ont trouvé refuge au frais sur des matelas et des chaises pliantes dans des lieux climatisés improvisés par les autorités locales.

Non loin de lĂ , dans la ville d'Eugene, les derniĂšres Ă©preuves des sĂ©lections olympiques amĂ©ricaines d'athlĂ©tisme ont dĂ» ĂȘtre dĂ©calĂ©es dimanche en raison de la canicule.

La chaleur extrĂȘme, combinĂ©e Ă  une sĂ©cheresse intense dans l'ouest amĂ©ricain, a favorisĂ© plusieurs incendies qui se sont dĂ©clarĂ©s durant le week-end. Le "Lava Fire", Ă  la lisiĂšre de l'Oregon et de la Californie, avait dĂ©jĂ  brĂ»lĂ© quelque 600 hectares lundi matin, contraignant les autoritĂ©s Ă  Ă©vacuer certains habitants et Ă  fermer une route nationale.

- "Tous les milliers d'années" -

Cette vague de chaleur s'explique par un phénomÚne appelé "dÎme de chaleur": de hautes pressions emprisonnent l'air chaud dans la région. De quoi susciter de "graves" inquiétudes pour la santé, note le Canadien David Phillips. D'autant plus qu'il dure depuis plusieurs jours.

L'intensité de ce "dÎme de chaleur" est "tellement rare statistiquement qu'on pourrait ne s'y attendre qu'une fois tous les quelques milliers d'années en moyenne", ont écrit les spécialistes météo du Washington Post. "Mais le changement climatique provoqué par les humains a rendu ce type d'événements exceptionnels plus probables."

Selon Nick Bond, climatologue à l'université de Washington, le changement climatique est ici un facteur, certes, mais "secondaire".

"L'élément principal est ce modÚle météorologique trÚs inhabituel" du dÎme de chaleur, explique-t-il à l'AFP. Ceci "étant dit, le changement climatique est réel, nos températures se sont réchauffées ici", ce qui a "rendu cet épisode de chaleur encore plus sévÚre".

AFP

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