Une économie terrassée par le Covid

Un G20 finance entre la relance et l'aide aux pays démunis

  • PubliĂ© le 26 fĂ©vrier 2021 Ă  16:39
  • ActualisĂ© le 26 fĂ©vrier 2021 Ă  20:38
La nouvelle secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, à Wilmington dans le Delaware fief du président Joe Biden, le 1er décembre 2020

Les grands argentiers du G20 ont entamé vendredi une réunion virtuelle pour se concerter sur la relance d'une économie mondiale terrassée par la pandémie de coronavirus et tenter de limiter les dégùts pour les pays pauvres, laissés-pour-compte de la course aux vaccins.

Cette visioconférence, la premiÚre sous présidence italienne, a débuté peu aprÚs 12H30 (11H30 GMT), réunissant les ministres des Finances et banquiers centraux du groupe des 20 pays les plus riches du monde. En présence de la nouvelle secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, cette rencontre devrait bénéficier d'un climat quelque peu apaisé, les Etats-Unis s'étant reconvertis au multilatéralisme aprÚs quatre ans de rÚgne de Donald Trump.

"Il est certain qu'avec la nouvelle administration américaine, il sera plus facile de parvenir à un accord" sur une aide accrue aux pays démunis, a déclaré à l'AFP Lucia Tajoli, professeure d'économie internationale à l'école de commerce Polytechnique à Milan.

Washington a exhorté jeudi les pays du G20 à lancer une véritable campagne de vaccination mondiale et coordonnée. "Sans accÚs aux vaccins, les pays à faible revenu en particulier vont subir de nouvelles pertes tragiques en vies humaines et retarder inutilement leur reprise économique", a écrit Janet Yellen dans une lettre adressée à ses homologues du G20.

- Nouvelle aide à l'étude -

Janet Yellen s'est Ă©galement montrĂ©e prĂȘte Ă  discuter d'une nouvelle allocation de droits de tirage spĂ©ciaux (DTS) du Fonds monĂ©taire international (FMI) pour soutenir les pays en difficultĂ©, prenant lĂ  aussi le contrepied de l'administration Trump. Plusieurs pays du G20, dont la France, plaident en faveur d'un nouveau recours Ă  cet instrument de financement qui avait dĂ©jĂ  fait ses preuves pendant la crise financiĂšre de 2009.

"Il est prĂ©maturĂ© d'Ă©voquer un montant", car "une dĂ©cision ne pourra ĂȘtre prise que lorsque le FMI aura soumis une proposition", a toutefois tempĂ©rĂ© une source proche de la prĂ©sidence italienne du G20 Finance. Un moratoire sur le paiement des intĂ©rĂȘts de la dette des pays les plus pauvres avait Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© par le G20 en avril dernier et prolongĂ© en octobre jusqu'au 30 juin 2021.

"Son impact n'a pas été aussi vaste qu'on l'espérait. Le secteur privé n'y a pas participé et, dans de nombreuses régions du monde, la Banque de développement de la Chine n'y a pas pris part", a regretté le président de la Banque mondiale, David Malpass, dans un entretien à La Stampa publié vendredi.

En novembre, une nouvelle étape a été franchie avec l'adoption par les ministres des Finances du G20 d'un "cadre commun" pour alléger le fardeau de la dette. Depuis, le Tchad, la Zambie et l'Ethiopie ont déjà demandé une restructuration de leurs dettes. "La question de l'allégement de la dette, qui était restée sous le tapis, est désormais à l'ordre du jour et on peut certainement s'attendre à un pas en avant", a déclaré à l'AFP Federico Niglia, professeur de relations internationales à l'université Luiss de Rome.

A ce jour, seuls 46 pays -sur les 73 Ă©ligibles- ont vu leur paiement des intĂ©rĂȘts diffĂ©rĂ©, pour un montant de 5,7 milliards de dollars.

- Soutien de la BCE -

Une goutte d'eau par rapport aux prÚs de 14.000 milliards de dollars dépensés par les pays du G20 pour relancer leurs économies.
"Nous devons persévérer dans la lutte contre la crise économique (...) Nous devons veiller à ne pas retirer notre soutien prématurément", a déclaré la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva vendredi à La Stampa.

Autre sujet à l'ordre du jour, le secteur financier international. Si les marchés financiers ont bien résisté à la crise sanitaire, les taux d'emprunt ont fortement remonté depuis début février. Les investisseurs craignent une poussée inflationniste en cas de relance débridée de l'économie.
La Banque centrale européenne s'est voulue rassurante vendredi. En cas de trop forte hausse des taux, la BCE pourrait augmenter encore ses soutiens à l'économie, a laissé entendre Isabel Schnabel, membre de son directoire.
 

AFP

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1 Commentaires
Jose
Jose
5 ans

Pourquoi ne pas profiter de cette crise, pour évoluer autrement sur cette planÚte ?Toujours plus, toujours plus grand, la planÚte est à bout.