L'affaire avait choqué

Un homme jugé pour une relation sexuelle avec une fille de 11 ans

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  15:03
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2018 Ă  15:23
Un homme jugé pour une relation sexuelle avec une fille de 11 ans

L'affaire avait choqué et suscité un vif débat, aboutissant à un projet de loi qui prévoit de fixer un ùge minimal de consentement : un homme de 29 ans est jugé mardi pour avoir eu une relation sexuelle avec une fillette de 11 ans, un acte consenti pour le parquet, un viol pour sa famille.


Le 24 avril dernier, une fille de 11 ans suit un homme qui l'a dĂ©jĂ  abordĂ©e Ă  deux reprises dans le passĂ© jusqu'Ă  son appartement Ă  Montmagny (Val-d'Oise) oĂč ils ont une relation sexuelle.
Ses parents portent plainte pour viol, dĂ©crivant une enfant tĂ©tanisĂ©e, incapable de se dĂ©fendre, et choquĂ©e par ce qui lui Ă©tait arrivĂ©. Mais les enquĂȘteurs ont considĂ©rĂ© que cette relation Ă©tait consentie car aucune contrainte physique n'a Ă©tĂ© exercĂ©e sur la mineure, qui a suivi l'homme de son propre grĂ©.

Estimant que, "dans le cas d'espĂšce, il n'y avait eu ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise", le parquet de Pontoise a donc dĂ©cidĂ© de poursuivre ce pĂšre de deux enfants pour "atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans". Il risque cinq ans d'emprisonnement. Le procĂšs, qui doit se tenir mardi devant le tribunal correctionnel de Pontoise, pourrait ĂȘtre de nouveau renvoyĂ©, comme il l'avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© fin septembre : la dĂ©fense a soulevĂ© des nullitĂ©s et la partie civile compte demander la requalification des faits en viol, passibles alors de 20 ans de prison.

A l'automne, deux autres affaires avaient fait grand bruit: l'acquittement d'un homme de 30 ans, accusé de viol sur une fillette de 11 ans, et la condamnation à 18 mois de prison d'un prof de collÚge qui avait eu une liaison avec son élÚve de 14 ans. Le gouvernement a alors décidé d'instaurer un ùge minimum du consentement à l'acte sexuel, que le président Emmanuel Macron souhaiterait voir fixé à 15 ans. Le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, qui doit déterminer ce seuil, est attendu en conseil des ministres le 7 mars.

-"Dossier vide"-

Pour Me Carine Diebolt, l'avocate de la jeune fille et de ses parents, "la question du consentement d'une enfant de 11 ans ne devra mĂȘme pas se poser". Si sa cliente s'est laissĂ©e faire, c'est qu'elle Ă©tait dans un Ă©tat de sidĂ©ration. Et Ă  rebours de l'analyse du parquet, Me Diebolt estime, elle, que tous les Ă©lĂ©ments constitutifs du viol sont rĂ©unis dans cette affaire : outre la pĂ©nĂ©tration sexuelle, la "contrainte morale" (qui rĂ©sulte de leur diffĂ©rence d'Ăąge), la surprise, la violence ("il s'est montrĂ© agressif dans l'ascenseur", oĂč elle lui a fait une fellation) et la menace ("il a menacĂ© de ruiner sa rĂ©putation dans la citĂ© si elle parlait").

"C'est un dossier vide, il n'y a rien contre mon client, excepté l'état civil de la jeune fille, qu'il ne connaissait pas", juge au contraire Me Marc Goudarzian. L'avocat de la défense fait valoir que la victime présumée, dont la puberté a été précoce, "fait plus que son ùge" et que "dans l'esprit de son client, elle avait 17 ans". "Pour lui, elle était plus ùgée et pour elle, il était plus jeune", résume-t-il.

Me Goudarzian affirme qu'il ne faut accorder aucun crédit aux déclarations de la victime présumée, qui "ment sur tout" et n'a rien d'une "oie blanche", comme le prouve, selon lui, son comportement passé. L'avocat, qui promet des "révélations" lors de l'audience, tùchera de démontrer qu'elle a chargé le prévenu "pour se racheter une conduite" auprÚs de ses parents. "Elle n'avait jamais fait un smack !", s'insurge Me Diebolt. Deux associations de protection de l'enfance, L'Enfant bleu et La Voix de l'Enfant, seront à ses cÎtés sur le banc des parties civiles.

AFP

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