DeuxiĂšme vague de chaleur

Un lundi brûlant en France

  • PubliĂ© le 12 aoĂ»t 2024 Ă  14:12
  • ActualisĂ© le 12 aoĂ»t 2024 Ă  18:08
Un ouvrier travaillant sur la maintenance des voies de tramway Ă  Bordeaux s'hydrate en pleine vague de chaleur, le 29 juillet 2024

Une deuxiĂšme vague de chaleur heureusement courte: le pic de tempĂ©ratures en France aura lieu lundi aprĂšs-midi, avec 40 dĂ©partements placĂ©s en vigilance orange par MĂ©tĂ©o-France, dont ceux d'Ile-de-France, oĂč les habitants cherchent Ă  se protĂ©ger de cette canicule, illustration flagrante du changement climatique.

Les vagues de chaleur n'ont pas Ă©pargnĂ© l'Europe cet Ă©tĂ©: l'Espagne en termine avec son quatriĂšme Ă©pisode lundi, aprĂšs 40°C dans plusieurs rĂ©gions et des nuits Ă©touffantes. L’Italie, aux prises avec l’une des pires sĂ©cheresses de ces 50 derniĂšres annĂ©es, connaĂźt un tunnel de tempĂ©ratures Ă©levĂ©es qui dure depuis plusieurs semaines, et s'attend Ă  38°C Ă  Rome lundi. Plus de 30°C sont aussi attendus aux Pays-Bas.

En France, des tempĂ©ratures maximales de 36/38°C sont attendues en rĂ©gion parisienne, oĂč les Jeux viennent de se terminer, mais aussi en PACA, Centre, Bourgogne, Haute-Normandie et jusqu'aux Hauts-de-France, selon MĂ©tĂ©o-France.

La nuit de dimanche à lundi a déjà été particuliÚrement chaude. A 5H00 lundi matin, 28.2°C ont été relévés à Marignana (Corse), 27.6°C à Nice (Alpes-Maritimes), 26.6°C à Arbois (Jura) et 25.4 °C à Lyon (RhÎne).

- Pour quelques degrés de moins -

Lundi matin, à Lyon, les habitants se préparaient à vivre une journée étouffante.

"Je me suis dit qu'il fallait que je fasse mes courses plus tĂŽt pour en fait m'enfermer chez moi Ă  une certaine heure" car aprĂšs "ça va ĂȘtre la fournaise", tĂ©moigne Myriam Sedrani, 47 ans, au sortir d'un supermarchĂ© du 2e arrondissement lyonnais.

Jean-Paul Chavanon, 62 ans, a aussi changé ses habitudes, venant remplir son chariot de packs d'eau dÚs les premiÚres heures. "Et tout à l'heure, j'irai me balader avec mon chien sur les quais, à l'ombre", pour tenter de gagner quelques degrés de fraicheur.

MĂȘme stratĂ©gie des centaines de kilomĂštres plus au nord, Ă  Ivry en rĂ©gion parisienne. "Je me suis dĂ©pĂȘchĂ© d'aller faire mes courses Ă  l'ouverture des magasins, il va faire trop chaud aujourd'hui. J'habite en rĂ©gion parisienne depuis 30 ans, c'est de plus en plus dur l'Ă©tĂ©", explique Alain, 72 ans, avant de filer se mettre devant un ventilateur, chez lui.

Mais pour beaucoup, rester dans les appartements, transformés en étuves, est tout simplement impossible. Eda, 49 ans, est venue se réfugier à la boulangerie. "Il y a un courant d'air", apprécie-t-elle, alors que chez elle "quand la température monte on étouffe".

Les travailleurs en plein air ont aussi Ă©tĂ© forcĂ©s de s'adapter. A Lyon les horaires de travail d'un chantier de voirie sont plus matinaux et des vĂȘtements adaptĂ©s Ă  la canicule (vĂȘtements respirants, manches longues et petites cagoules Ă  placer sous le casque qui peuvent ĂȘtre mouillĂ©es) ont Ă©tĂ© fournis aux ouvriers.

Une telle vague de chaleur, la deuxiÚme aprÚs celle de fin juillet, n'est pas exceptionnelle par sa durée et ses températures: le niveau de vigilance est orange, et non du plus haut niveau, le rouge, comme ce fut le cas fin août 2023.

Mais depuis la funeste canicule de 2003, la France a pris conscience que la chaleur tue plus que n'importe quel autre événement climatique, et Météo-France et les autorités prennent soin d'alerter qu'il faut s'hydrater, se rafraßchir, ne pas sortir inutilement, fermer les volets la journée, aérer la nuit...

- Comment la chaleur tue -

La chaleur a tué 5.000 personnes à l'été 2023 en France, et 7.000 à l'été 2022, a estimé Santé Publique France. La plupart avaient plus de 75 ans, mais pas tous.

Il n'est nul besoin d'atteindre 45°C ou 50°C pour mourir de chaud. L'Europe, le continent qui se réchauffe le plus vite, enterre chaque année plus de 175.000 personnes à cause de la chaleur, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

La chaleur extrĂȘme, lorsqu'elle dure nuit et jour, empĂȘche le corps de rĂ©guler sa tempĂ©rature et peut provoquer un cercle vicieux. Le corps transpire ce qu'il peut, Ă  condition de boire assez. Il dilate ses vaisseaux et augmente la circulation du sang au niveau de la peau pour tenter d'Ă©vacuer l'excĂšs de chaleur, ce qui peut priver nos organes vitaux.

D'oĂč les maux de tĂȘtes, les nausĂ©es, les malaises et, dans le pire des cas, des organes qui commencent Ă  dĂ©faillir.

La température à l'ombre est montée dimanche à 41,4°C à Pissos (Landes), 41,3°C à Cazaux (Gironde), 38,3°C à Niort (Deux-SÚvres) ou 37,3°C à Clermont-Ferrand (Puy-de-DÎme), selon Météo-France.

Mais la fin de l'alerte est en vue: mardi, "les chaleurs rĂ©gresseront rapidement par l'Ouest" et "ne resteront trĂšs Ă©levĂ©es que sur l'extrĂȘme Est". Tous les dĂ©partements actuellement en vigilance orange redescendront au moins en jaune "sauf le RhĂŽne, la Savoie, la Haute-Savoie, l'IsĂšre, la DrĂŽme, les Alpes-Maritimes et la Corse", indique MĂ©tĂ©o-France.


 AFP

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