Affaire Fiona

Un nouveau procĂšs en appel sous tension

  • PubliĂ© le 29 janvier 2018 Ă  09:52
  • ActualisĂ© le 29 janvier 2018 Ă  10:41
La maman de Fiona, Cécile Bourgeon, à son arrivée au tribunal de Riom le 5 septembre 2016

A l'automne, une premiÚre audience d'appel avait tourné au fiasco. L'affaire Fiona revient lundi devant les assises de Haute-Loire avec l'espoir de percer le mystÚre de la fillette disparue en 2013, et le risque d'une nouvelle querelle entre avocats. Cécile Bourgeon, la mÚre condamnée à 5 ans de prison en premiÚre instance pour avoir menti pendant des mois en parlant d'un enlÚvement de l'enfant, et Berkane Makhlouf, son ex-compagnon condamné à 20 ans de réclusion pour avoir porté des coups fatals à Fiona, comparaissent à nouveau au Puy-en-Velay.


Toujours en l'absence du corps de la victime, que les accusĂ©s disent avoir enterrĂ© dans une forĂȘt autour de Clermont-Ferrand mais qui n'a jamais Ă©tĂ© retrouvĂ©. Et toujours avec un grand flou sur les faits - les deux anciens toxicomanes se rejettent la faute ou avancent l'hypothĂšse d'un accident. En appel, les dĂ©bats avaient avortĂ© le 13 octobre dernier quand la dĂ©fense avait quittĂ© le palais de justice avec fracas, au motif que sa "probitĂ©" aurait Ă©tĂ© "mise en cause" par l'avocate d'une association de protection de l'enfance, partie civile.

Lors du témoignage d'une connaissance du couple, Me Marie Grimaud avait relevé qu'elle avait été assisté en garde à vue, au début de l'affaire, par Me Mohamed Khanifar - aujourd'hui l'avocat de Berkane Makhlouf - et suggéré une connivence entre ce dernier et le conseil de Cécile Bourgeon, Me Renaud Portejoie. Cette passe d'armes, incompréhensible pour le quidam, avait provoqué le renvoi de l'affaire et une procédure disciplinaire à l'encontre de Me Grimaud, initiée par la défense. Quelques jours plus tard, c'était au tour du pÚre de Fiona, Nicolas Chafoulais, de dénoncer devant la presse des "arrangements entre amis" - il est poursuivi pour diffamation depuis.

- Nouveaux témoins -

Tous se retrouveront à 14H00 dans une ambiance tendue. "Le renvoi, c'était une mascarade, on était au théùtre. On ne parle plus des faits, on n'est plus là pour l'assassinat de ma fille mais pour voir des avocats se tirer dans les pattes", peste encore Nicolas Chafoulais, qui aurait aimé que le procÚs soit "dépaysé". "Maintenant, il faut que la justice prouve qu'elle est compétente. Il va falloir recentrer le procÚs sur les faits", insiste celui qui s'est fait tatouer dans le cou le prénom de sa fille.

"On n'avait aucun intĂ©rĂȘt procĂ©dural pour ce renvoi, d'ailleurs on n'a pas fait de demande de remise en libertĂ© (pour CĂ©cile Bourgeon, NDLR), souligne Me Portejoie. Mais on a estimĂ© qu'on Ă©tait dĂ©considĂ©rĂ© auprĂšs des jurĂ©s. Aujourd'hui, nous souhaitons que la justice passe sereinement, comme en premiĂšre instance. Nous n'avons aucune agressivitĂ© et nous espĂ©rons que les uns et les autres sont dans ce mĂȘme Ă©tat d'esprit." AcquittĂ©e des faits criminels par la cour d'assises du Puy-de-DĂŽme en 2016, la mĂšre de Fiona, dĂ©tenue depuis 2013 comme Berkane Makhlouf, pourrait sortir de prison en fĂ©vrier en cas de verdict similaire en appel - il est attendu le 9 fĂ©vrier.

Mais l'audience promet d'ĂȘtre encore agitĂ©e avec trois nouveaux tĂ©moins citĂ©s par Me Grimaud. "Il y a un certain nombre de dĂ©tails qui avaient Ă©chappĂ© Ă  l'attention des uns et des autres et qui me semblent ĂȘtre la clĂ© de ce qu'a vĂ©cu Fiona. Je compte bien les exploiter pour obtenir la vĂ©ritĂ©", prĂ©vient l'avocate.

Sans compter que deux nouveaux avocats ont rejoint le banc des parties civiles, dont Me Jean-François Canis, qui avait défendu un homme condamné pour avoir violé Cécile Bourgeon en 2012. Ce procÚs avait lui aussi été renvoyé aprÚs un incident d'audience entre ce ténor clermontois et les avocats de la mÚre de Fiona.

AFP

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