Entre dégringolade et remontée surprise dans les sondages, la popularité d'Emmanuel Macron reste portée par la promesse de rupture avec un systÚme politique dépassé, un an aprÚs son entrée en fonction, et il a levé les doutes sur sa capacité à conduire le pays.
AprÚs un an de mandat, la cote du chef de l'Etat semble se stabiliser en dessous de la barre des 50%. Mais sa volonté de réformer le pays lui assure encore la confiance de prÚs d'un Français sur deux.
-Variations express-
Au top de sa popularité au lendemain de son élection, avec 40% à 60% d'opinions favorables, Emmanuel Macron a vu sa cote s'effondrer dÚs juillet pour atteindre son plus bas, autour de 30% à 40%, en septembre. Mais la courbe est vite repartie à la hausse, avec la réforme du Code du travail et la volonté affichée du chef de l'Etat de tenir ses engagements. "La chute a été nettement plus brutale que pour ses prédécesseurs. Ce qui est inhabituel, c'est la remontée et le fait qu'on s'est rendu compte que les gens lui donnaient du temps", analyse Chloé Morin, directrice de l'Observatoire de l'opinion à la fondation Jean-JaurÚs.
RĂ©sultat, la cote de Macron varie aujourd'hui autour de 40/45% (Harris Interactive 49%, Ifop 45%, Kantar Sofres 40%, BVA 40%, Elabe 39%, IPSOS 37%...). Une popularitĂ© supĂ©rieure Ă celle de François Hollande Ă la mĂȘme Ă©poque de son mandat et comparable Ă celle de Nicolas Sarkozy.
-Glissement vers le centre droit-
En un an, ses soutiens ont en revanche changĂ© de nature. Au second tour de la prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron avait bĂ©nĂ©ficiĂ© de l'apport de la majoritĂ© des Ă©lecteurs de François Fillon et de BenoĂźt Hamon. "Ce qui a beaucoup changĂ©, c'est que la partie gauche de son soutien s'est affaiblie. En revanche, on a un vrai gain au sein de l'Ă©lectorat de droite", note Bruno Jeanbart (OpinionWay). Ce "glissement vers le centre-droit" de sa popularitĂ© se traduit par le fait qu'un Ă©lecteur de droite sur deux se dit aujourd'hui "satisfait de son action", alors mĂȘme que Les RĂ©publicains sont l'une des principales forces d'opposition Ă la majoritĂ©, souligne-t-il.
-Pas d'alternative-
Emmanuel Macron a su convaincre une partie de la droite de sa capacitĂ© Ă rĂ©former. A gauche en revanche, certaines rĂ©formes engagĂ©es, comme celle de la SNCF, l'ont coupĂ© d'une partie des Ă©lecteurs. Mais quelque 40% des Français interrogĂ©s dans les enquĂȘtes d'opinion disent toujours "attendre de voir" les rĂ©sultats de la politique conduite. "C'est significatif, mais en nette baisse. On passe petit Ă petit de l'attentisme Ă des jugements plus tranchĂ©s", note ChloĂ© Morin.
Selon les analystes, le chef de l'Etat bĂ©nĂ©ficie surtout de l'absence d'alternative jugĂ©e suffisamment crĂ©dible par les Ă©lecteurs. "On a un prĂ©sident de la RĂ©publique qui n'a pas un niveau de popularitĂ© extrĂȘmement Ă©levĂ© dans le pays, mais il est le seul des leaders politiques Ă avoir une vraie popularitĂ©. Cette faible popularitĂ© est immense si l'on regarde ses concurrents", rĂ©sume Bruno Jeanbart.
-Incarner la fonction-
L'image d'Emmanuel Macron n'a guĂšre Ă©voluĂ© depuis l'automne. En positif, il est toujours considĂ©rĂ© comme "dynamique", volontaire, avec une ferme volontĂ© de rĂ©former. En nĂ©gatif, il est perçu comme Ă©loignĂ© des problĂšmes quotidiens des Français. Avec l'idĂ©e qui revient dans les enquĂȘtes d'un prĂ©sident qui favorise les urbains et les plus aisĂ©s.
Le chef de l'Etat a en revanche levĂ© d'entrĂ©e les doutes sur sa capacitĂ© Ă incarner la fonction prĂ©sidentielle et Ă dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts du pays. RĂ©ponse Ă Donald Trump sur le climat, accueil du prĂ©sident amĂ©ricain et de Vladimir Poutine Ă Paris... "Ce genre de choses a installĂ© trĂšs vite sa stature prĂ©sidentielle, ce que n'avait pas su faire François Hollande", note Bruno Jeanbart : "un atout qu'il conservera quoi qu'il arrive tout au long du quinquennat".
2018 AFP

