Il conteste la victoire de Maduro

Venezuela: le candidat de l'opposition menacé de prison

  • PubliĂ© le 30 aoĂ»t 2024 Ă  06:13
  • ActualisĂ© le 30 aoĂ»t 2024 Ă  06:50
Le candidat de l'opposition vénézuélienne Edmundo Gonzalez Urrutia, le 25 juillet 2024 à Caracas

Le candidat de l'opposition Edmundo Gonzalez Urrutia, qui revendique la victoire à la présidentielle du 28 juillet face à Nicolas Maduro, est menacé d'arrestation s'il ne se présente pas vendredi matin à une convocation de la justice qu'il a déjà ignorée à deux reprises.

Vivant dans la semi-clandestinitĂ©, l'ancien ambassadeur, 75 ans, n'est plus apparu en public depuis le 30 juillet, et il y a fort peu de chances qu'il se rende au ministĂšre public de Caracas. Il n'avait dĂ©jĂ  pas honorĂ© les deux prĂ©cĂ©dentes convocations, comme les auditions de la Cour suprĂȘme qui voulait entendre tous les candidats au scrutin.

Dimanche, il avait souligné sur X craindre une justice "sans garantie d'indépendance", quelques semaines aprÚs avoir admis sa "vulnérabilité absolue" devant les autorités.

M. Gonzalez Urrutia est convoquĂ© Ă  "comparaĂźtre le 30 aoĂ»t Ă  10H00" locales (14H00 GMT), a annoncĂ© le parquet, assurant qu'en "cas de non-comparution", il fera l'objet "d'un mandat d'arrĂȘt".

Le parquet explique enquĂȘter sur le site internet de l'opposition qui donne M. Gonzalez Urrutia comme vainqueur. Le bureau du procureur Ă©voque les crimes "prĂ©sumĂ©s" d'"usurpation de fonctions, (d')incitation Ă  dĂ©sobĂ©ir aux lois, (de) dĂ©lits informatiques, (d')association de malfaiteurs et (de) conspiration".

"Numériser et sauvegarder les procÚs-verbaux des bureaux de vote (ce qu'a fait le site de l'opposition, NDLR) n'est pas un crime. En outre, il n'y a aucune objection à la publication de ces procÚs-verbaux aprÚs la premiÚre annonce des résultats par le Conseil national électoral (CNE), pour la connaissance et la vérification des citoyens", a réagi jeudi soir la coalition de l'opposition Plateforme unitaire dans un communiqué, soulignant de plus que "la tùche n'a pas été effectuée par Edmundo Gonzalez Urrutia".

Le prĂ©sident Maduro insulte rĂ©guliĂšrement M. Gonzalez Urrutia, le traitant souvent de "lĂąche". Il le rend en outre responsable des violences post-Ă©lectorales, estimant qu'il devrait "ĂȘtre en prison".

AprĂšs l'annonce de la réélection du prĂ©sident socialiste, des manifestations spontanĂ©es ont fait 27 morts et 192 blessĂ©s, tandis que quelque 2.400 personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es, de source officielle.

Seize mineurs ont été libérés sous contrÎle judiciaire jeudi, selon l'ONG Foro Penal, qui estime à plus de 100 le nombre de mineurs interpellés lors des troubles post-électoraux.

- "Pression" -

La cheffe de l'opposition Maria Corina Machado, qui vit elle aussi dans la semi-clandestinitĂ©, n'apparaissant que pour un bref moment lors des manifestations, s'est dĂ©clarĂ©e inquiĂšte quant Ă  une possible perquisition du domicile de M. Gonzalez Urrutia: "la prochaine Ă©tape pourrait ĂȘtre la descente (Ă  son) domicile".

Elle a rappelé que son bureau avait été saisi et vandalisé, soulignant "la pression que subissent (les) familles" de l'opposition.

Sur le plan politique, Mme Machado a insisté sur la nécessité d'une "transition négociée, (...) à mesure que la pression interne et externe augmente, Maduro comprendra que c'est sa meilleure option".

Nicolas Maduro, dont la victoire a Ă©tĂ© validĂ©e par la Cour suprĂȘme le 22 aoĂ»t, a Ă©tĂ© proclamĂ© vainqueur avec 52% des voix par le CNE, qui n'a cependant pas divulguĂ© les procĂšs-verbaux des bureaux de vote, se disant victime d'un piratage informatique.

Une telle attaque est jugĂ©e peu crĂ©dible par l'opposition et de nombreux observateurs qui y voient une manƓuvre du pouvoir pour Ă©viter de divulguer le dĂ©compte exact.

Selon l'opposition, qui a rendu publics les procÚs-verbaux obtenus grùce à ses scrutateurs, Edmundo Gonzalez Urrutia a remporté la présidentielle avec plus de 60% des voix.

Sans les montrer, la Cour suprĂȘme a assurĂ© avoir vĂ©rifiĂ© les procĂšs-verbaux remis par le pouvoir, ainsi que la rĂ©alitĂ© de l'attaque informatique contre le CNE.

L'Union européenne a rappelé jeudi ne reconnaßtre aucune "légitimité démocratique" au président Maduro. Washington a, lui, dénoncé "la manipulation, la répression et la censure" du régime, soulignant qu'il était "temps que Maduro et ses représentants reconnaissent et respectent la volonté du peuple vénézuélien".

Des déclarations balayées par le ministre vénézuélien des Affaires étrangÚres Yvan Gil qui a asséné jeudi soir: "nous ne devons d'explications à aucun organisme étranger".

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
1 an

MÉLENCHON et MADURO,mĂȘme combat. Ben oui, c'est vrai!