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VĂȘtements de mer: Guy Cotten n'est plus, mais son bonhomme jaune poursuit son chemin

  • PubliĂ© le 26 avril 2016 Ă  14:52
Une femme travaille dans l'usine de la compagnie Guy Cotten Ă  Concarneau, dans l'ouest de la France, le 21 avril 2016

Guy Cotten n'est plus, mais son petit bonhomme jaune lui a survĂ©cu: la sociĂ©tĂ© bretonne homonyme, spĂ©cialisĂ©e dans le vĂȘtement de mer, dont le fameux cirĂ© jaune, fait mieux que rĂ©sister trois ans aprĂšs le dĂ©cĂšs de son fondateur.


"Dans le contexte Ă©conomique actuel, on se porte plutĂŽt bien", assure modestement Ă  l'AFP sa fille Nadine Bertholom, Ă  la tĂȘte de l'entreprise depuis 2002, aux cĂŽtĂ©s de son pĂšre d'abord puis seule depuis son dĂ©cĂšs en avril 2013.
"On est restĂ©s dans la lignĂ©e de Guy Cotten", explique-t-elle, en mentionnant le pĂšre du cirĂ© jaune, un habituĂ© des quais du sud-FinistĂšre oĂč il tentait de convaincre directement les marins d'adopter ses Ă©quipements de sĂ©curitĂ©.
"La société s'est créée et développée autour de la qualité et de l'innovation, et si aujourd'hui on est encore là, c'est grùce à ces deux axes qui restent notre priorité", souligne celle qui est née un an avant la création, à Concarneau, de la société et qui y a toujours travaillé.
Le 15 fĂ©vrier 1964, Guy Cotten ouvre, avec son Ă©pouse, un atelier de confection, malgrĂ© l'avis de son ex-patron, spĂ©cialisĂ© dans les bleus de travail, qui lui souhaite "bien du courage", et les rĂ©ticences d'un ami lui conseillant d'attendre la fin de la crise de la pĂȘche.
C'était l'époque des cirés lourds, peu confortables et peu solides, en coton huilé.
L'entreprise, dont le siĂšge se trouve dĂ©sormais Ă  TrĂ©gunc, aux portes de la citĂ© fortifiĂ©e, emploie aujourd'hui quelque 250 personnes dans le monde, dont 140 en France, essentiellement Ă  TrĂ©gunc, et une centaine Ă  Madagascar, oĂč a Ă©tĂ© installĂ© un atelier.
"On souhaiterait tout fabriquer en France, mais malheureusement en face de nous on a beaucoup de produits destinĂ©s au monde agricole qui viennent de pays Ă  bas coĂ»ts de production", explique Nadine Bertholom. Car l'entreprise, surtout connue pour ses vĂȘtements de pĂȘche, propose aussi une gamme d'habits destinĂ©e au secteur agricole, ainsi qu'aux loisirs.
- Logo connu dans 25 pays -
Plus de 80% des ventes rĂ©alisĂ©es Ă  l'Ă©tranger le sont dans le secteur de la pĂȘche et de l'industrie de transformation, mais en France la part de ce segment ne reprĂ©sente qu'un tiers des ventes, les deux autres se rĂ©partissant Ă  parts Ă©gales entre les gammes agricole et de loisirs.
"On est breton, on a donc la mer et la terre ici, et ces deux mondes ont besoin de vĂȘtements de protection", avance Nadine Bertholom, bien consciente cependant que la sociĂ©tĂ©, dans laquelle travaillent Ă©galement sa soeur, son mari et une de ses filles, est surtout connue pour son cirĂ© jaune.
Le vĂȘtement Ă©tanche jaune Ă  patte velcro et glissiĂšre, devenu l'emblĂšme de la sociĂ©tĂ©, est reprĂ©sentĂ© sur le logo de l'entreprise au travers d'un petit bonhomme jaune sur fond noir.
Un logo connu dans 25 pays et notamment en Grande Bretagne, Espagne, Italie, Etats-Unis, Australie, Japon, Maroc, Sénégal et Mauritanie. Les produits de la société sont également commercialisés depuis peu dans les pays scandinaves et en Amérique du Sud.
L'entreprise - qui a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 13,6 millions d'euros, en hausse de plus de 13% par rapport à 2012 - souhaite d'ailleurs réaliser d'ici quatre ou cinq ans 50% du total de ses ventes à l'export, contre 30% actuellement.
"On a beaucoup de choses Ă  faire en France, mais encore plus Ă  l'Ă©tranger", assure Nadine Bertholom en parcourant l?atelier de TrĂ©gunc oĂč arrivent, en provenance de France et d'Europe, les grands mĂ©trages de tissus mesurant chaque annĂ©e plus de 500 km.
Ils seront ensuite découpés sur place via une machine informatisée, puis cousus et soudés par des ouvriÚres, selon un procédé jalousement gardé.

Par Jonah MANDEL - © 2016 AFP
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