Exportations

Vins et spiritueux: nouveau record pour les exportations françaises

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2017 Ă  18:51
Ventes de champagne dans un magasin de New York le 29 août 2016

Nouveau record à l'export mais situation contrastée pour les vins et spiritueux français en 2016: alors que le cognac bombe le torse, le recul des ventes en volume s'est poursuivi pour les vins.

Les exportations françaises de vins et spiritueux ont enregistré l'an passé un nouveau record, améliorant légÚrement le niveau "historique" de l'année précédente, avec un montant de 11,9 milliards d'euros (+1,2%), a annoncé jeudi la Fédération des exportateurs (FEVS).

"On a vendu un peu moins d'Airbus, mais il y avait plus de gros porteurs": d'un trait d'humour, Christophe Navarre, président de la fédération des exportateurs des vins et spiritueux français a bien résumé la tendance: comme l'an dernier, la France a tiré son épingle du jeu davantage en termes de valeur que de volumes.

Cette performance, en hausse de 1,2%, repose principalement sur les spiritueux (+5,2% en valeur) et notamment sur le cognac, dont les exportations ont atteint un niveau record, tant en volume (+5,5%) qu'en valeur (+6,5%).

Avec un montant qui avoisine les 4 milliards d'euros, les spiritueux représentent un tiers du montant total des exportations.
En revanche, les vins, s'ils restent prĂ©pondĂ©rants, continuent de voir leurs ventes reculer en volumes (-1,8%) et mĂȘme en valeur (-0,8%).
Principal marché en berne, le Royaume-Uni, deuxiÚme marché à l'export: la livre sterling a "dévissé et pénalisé nos exportations en Angleterre" (-8% pour l'ensemble en valeur, -10% pour les vins), a déclaré M. Navarre.

En revanche, la France peut s'appuyer sur son premier marchĂ©, les États-Unis, qui sont plus que jamais, avec 2,8 milliards d'euros et prĂšs du quart des ventes, le premier dĂ©bouchĂ© pour les vins et alcools tricolores, notamment grĂące Ă  "une paritĂ© euro-dollar assez favorable Ă  nos exportations", se fĂ©licite M. Navarre.

Le rosĂ© de provence a notamment vu ses ventes exploser en 2016, avec plus de 45% de progression. Autre pays oĂč les voyants semblent au vert, la Chine a confirmĂ© son retour aux affaires, avec une nouvelle progression Ă  deux chiffres (+12,7%).

- Le prix, maillon faible du vin français -

Mais la crainte persiste, de voir les parts de marchĂ© reculer dans ce pays clĂ©: "Nos concurrents, comme le Chili, ont des accords avec la Chine, oĂč ils ne payent plus de droits de douanes, alors que nous payons des droits assez importants", a commentĂ© Philippe Casteja, propriĂ©taire-nĂ©gociant Ă  Saint-Emilion s'exprimant pour les Bordeaux.

D'une maniÚre générale, "en Asie, les droits de douanes demeurent importants sur les produits de l'Union européenne, alors que le Chili et l'Australie ont déjà entamé un processus de démantÚlement des droits de douanes", renchérit Nicolas Ozanam, délégué général de la fédération.
Autre sujet d'inquiétude, alors qu'en 2016, la récolte viticole française a été une des plus faibles depuis 30 ans, cette "faible disponibilité" des vins français engendre des hausses de prix qui peuvent conduire à une baisse des volumes" dans des marchés sensibles aux prix, comme le Japon, ou, plus prÚs de l'hexagone, l'Allemagne, premier marché en volumes des vins français.

La performance globale des alcools français leur permet néanmoins de conforter leur rang de deuxiÚme poste excédentaire de la balance commerciale de la France, derriÚre l'aéronautique.
Et les professionnels sont assez optimistes pour les années à venir, en dépit des relents de protectionnisme outre-Atlantique.

A ce sujet, "il faut rester calme", a estimé Christophe Navarre, "pas sûr que le consommateur américain serait trÚs content si on freinait nos exportations".

Et chez ce grand producteur de vins, la France ne représente, malgré ses performances, que "5% des vins qui y sont consommés", a souligné M. Casteja.

AFP

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