Il s'accroche Ă  son poste

Violences sexuelles dans le patinage: stop ou encore pour Gailhaguet ?

  • PubliĂ© le 8 fĂ©vrier 2020 Ă  10:56
  • ActualisĂ© le 8 fĂ©vrier 2020 Ă  11:20
Le président de la Féderation française des Sports de glace, Didier Gailhaguet, en conférence de presse au siÚge de la Fédération à Paris, le 5 février 2020

Le rĂšgne de Didier Gailhaguet va-t-il prendre fin ? Le sort du patron du patinage français, qui s'accroche Ă  son poste en plein scandale de violences sexuelles, pourrait ĂȘtre scellĂ© lors d'une rĂ©union fĂ©dĂ©rale dĂ©cisive samedi matin.

Inflexible depuis que la ministre des Sports Roxana Maracineanu l'a appelé à démissionner lundi, Gailhaguet, 66 ans dont plus de vingt comme président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), résistera-t-il à ce nouvel épisode ?

Depuis plus d'une semaine, le sport français vit une crise sans précédent, déclenchée par une vague de révélations de violences sexuelles. Plusieurs anciennes patineuses ont accusé trois entraßneurs différents d'avoir abusé d'elles entre la fin des années 1970 et le début des années 1990, quand elles étaient adolescentes.

Sous pression, Gailhaguet a choisi la contre-attaque. En plusieurs étapes et avec plusieurs cibles. D'abord Marie-George Buffet, pour sa gestion au début des années 2000, quand elle était ministre des Sports, du cas Gilles Beyer, l'ex-entraßneur accusé de viols et d'agressions sexuelles par l'ancienne championne Sarah Abitbol dans son livre "Un si long silence" (Plon). Puis Maracineanu, qualifiée de "ministre moralisatrice".

Et il a annoncĂ© qu'il attendrait les conclusions de l'enquĂȘte administrative lancĂ©e par le ministĂšre des Sports avant toute dĂ©cision sur une Ă©ventuelle dĂ©mission.

- "Ingérable" -

Dans ce contexte, la réunion exceptionnelle convoquée samedi, qui doit débuter à 10h00 au siÚge de la fédération à Paris, pourrait se révéler décisive.

Sur le papier, c'est Gailhaguet lui-mĂȘme qui rĂ©unit les membres de l'organe de surveillance et de contrĂŽle de la fĂ©dĂ©ration, "Ă  la demande de la prĂ©sidente du conseil fĂ©dĂ©ral", a expliquĂ© Ă  l'AFP Me Guy Paris, l'avocat de la FFSG.

Or il s'agit de la seule instance qui, selon les statuts de la FFSG, a le pouvoir de destituer le président de la fédération, par un vote à la majorité des deux tiers des 31 membres (présents ou ayant donné un pouvoir), à condition que la question soit mise à l'ordre du jour.

"C'est un point d'information pour savoir oĂč on en est par rapport aux vellĂ©itĂ©s de la ministre de le virer (Gailhaguet, ndlr)", a expliquĂ© Me Paris.

La discussion pourrait-elle aller jusqu'à un vote sur une destitution ? "Ce n'est pas à l'ordre du jour mais tout est ouvert, il va y avoir une explication", a répondu l'avocat.

Membre de ce conseil fédéral, la présidente du club de Boulogne-Billancourt Fabienne Sebag est catégorique : c'est "avec une lettre de démission dans (son) sac" qu'elle s'y rendra. "Je ne reste pas dans ce truc si jamais ça ne va pas dans" le sens d'un départ de Gailhaguet, tranche-t-elle auprÚs de l'AFP. "Ne serait-ce que par soutien pour les victimes."

"Ça devient ingĂ©rable dans nos structures. Il faut faire quelque chose", abonde le prĂ©sident de l'Acsel Caen, Ludovic Le Guennec, Ă©galement membre de l'instance.

- Aucun pronostic -

Pour autant, les acteurs du patinage ne se risquent Ă  aucun pronostic. Gailhaguet franchira-t-il l'obstacle ? Ou finira-t-il par rendre les armes ?

"Si je suis celui qui doit démissionner parce que c'est le seul moyen de débloquer, bien sûr que je le ferai", a-t-il concédé pour la premiÚre fois jeudi soir, sur le plateau de "C à vous". Mais l'inamovible patron du patinage français s'est déjà sorti de périlleuses orniÚres.

Eclaboussé par une affaire de tricherie aux JO de Salt Lake City en 2002, il avait été interdit de toute fonction dans le patinage international pendant trois ans. En 2004, il avait également dû démissionner de la présidence de la FFSG à la suite d'un rapport de la Cour des comptes pointant des dérives de gestion.

Mais il s'était réinstallé dans le fauteuil de président en 2007. Et jusque-là, rien ni personne ne l'en a éjecté.

AFP

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