Politique

Zemmour fait scandale sur la scolarisation des enfants handicapés

  • PubliĂ© le 15 janvier 2022 Ă  19:28
  • ActualisĂ© le 15 janvier 2022 Ă  19:33
Le candidat d'extrĂȘme droite Ă  la prĂ©sidentielle française Eric Zemmour devant le chĂąteau de Villers-CotterĂȘts, dans l'Aisne, le 15 janvier 2022

"Pitoyable", "impardonnable": Eric Zemmour s'est attiré une bronca générale, samedi, aprÚs avoir dénoncé "l'obsession de l'inclusion" des enfants handicapés et défendu des "établissements spécialisés" pour les scolariser, avant de nuancer ses propos. (Photo : AFP)

Vendredi, lors d'une discussion avec des enseignants acquis Ă  sa cause Ă  Honnecourt-sur-Escaut (Nord), le candidat d'extrĂȘme droite a expliquĂ© "penser qu'il faut effectivement des Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s, sauf pour les gens lĂ©gĂšrement handicapĂ©s Ă©videmment".

"Pour le reste, oui, je pense que l'obsession de l'inclusion est une mauvaise maniÚre faite aux autres enfants et à ces enfants-là, qui sont, les pauvres, complÚtement dépassés par les autres enfants. Donc je pense qu'il faut des enseignants spécialisés qui s'en occupent", a-t-il estimé.
La secrétaire d'Etat chargée du Handicap Sophie Cluzel a fustigé samedi sur Twitter "une déclaration pitoyable". "TrÚs en colÚre" sur BFMTV, elle a critiqué une "vision misérabiliste" et "excluante" du handicap.

"Bien sûr que c'est compliqué, mais c'est vraiment l'honneur de la France de pouvoir scolariser ces enfants avec les autres, au milieu des autres", a-t-elle ajouté.

Le chef de file des dĂ©putĂ©s LR, Damien Abad, lui-mĂȘme en situation de handicap, a dĂ©noncĂ© des propos "scandaleux" d'Eric Zemmour et une "sĂ©grĂ©gation Ă  tous les Ă©tages". "Oui, nous devons avoir l'obsession de l'inclusion. Je demande des excuses publiques", a-t-il lancĂ© sur Twitter.

La candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, a pour sa part jugé "impardonnable" de "s'attaquer aux enfants fragilisés par un handicap". "Mon projet, c'est plus d'inclusion pour les enfants fragiles", a embrayé Valérie Pécresse en marge d'un déplacement en GrÚce, fustigeant "la brutalité" des propos d'Eric Zemmour.

MĂȘme ton des candidats Ă  gauche: "Il est comme toujours dans l'outrance, la violence et l'injure", a cinglĂ© la candidate dĂ©sormais dĂ©clarĂ©e Christiane Taubira, Jean-Luc MĂ©lenchon fustigeant "une vision du monde opposĂ©e" Ă  la sienne. Et le communiste Fabien Roussel s'est dit "rĂ©vulsĂ© par la proposition" d'Eric Zemmour, en le comparant Ă  une "sociĂ©tĂ© d'apartheid".

- "S'en occuper mieux" -

Les rĂ©actions ont Ă©galement Ă©tĂ© vives dans le milieu associatif: le prĂ©sident national de l'Association pour adultes et jeunes handicapĂ©s, Jean-Louis Garcia, s'est Ă©mu sur BFMTV de ce qu'il considĂšre ĂȘtre une "sĂ©grĂ©gation", une "mise Ă  part", tandis que le prĂ©sident de SOS autisme France, Olivier Cattan, s'est "indignĂ©" de propos jugĂ©s "discriminatoires" et d'une "mĂ©connaissance" du candidat Zemmour sur le sujet. Les deux renvoyant Ă  la loi de 2005 qui garantit l'Ă©galitĂ© des chances pour les enfants handicapĂ©s.

Le président de l'Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP), Matthieu Annereau, par ailleurs élu local LREM et non-voyant, a quant à lui estimé que "l'exclusion des 12 millions de personnes handicapées en France évoquée par M. Zemmour (était) profondément nauséabonde".

Face Ă  la bronca, l'ancien polĂ©miste s'est expliquĂ© et a nuancĂ© ses propos samedi matin Ă  Villers-CotterĂȘts (Aisne). "Bien sĂ»r, il y a des cas oĂč le fait de les mettre dans un Ă©tablissement ordinaire est une bonne chose car ça leur permet de progresser, de se socialiser. Et puis il y a d'autres cas, rĂ©els, plus nombreux qu'on ne le dit, oĂč c'est une souffrance pour ces enfants" handicapĂ©s.

"Ce que j'ai voulu dire, c'est que je ne veux pas que l'obsession de l'inclusion nous prive et nous conduise à négliger la nécessité d'établissements spécialisés", a-t-il poursuivi. "Je pense que c'est une position idéologique, comme toujours. On a décidé que c'était mieux de mettre tout le monde ensemble. Moi, je pense que non", "pas pour les mettre à l'écart mais pour s'en occuper mieux".

Le candidat à la présidentielle a appelé à "prendre en compte les cas particuliers" de chaque enfant, avec des possibilités de "passerelles" entre "établissements spécialisés" et "ordinaires".

Eric Zemmour a Ă©courtĂ© samedi sa visite dans l'Aisne et annulĂ© sa visite Ă  Chateau-Thierry en raison, selon son entourage, de l'empĂȘchement de derniĂšre minute d'un invitĂ©.

AFP

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1 Commentaires
SOMANKE
SOMANKE
4 ans

Bien sĂ»r que dĂ©s Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s mais seulement pour les handicapĂ©s lourds qui nĂ©cessitent une assistance mĂ©dicale ou paramĂ©dical permanente. Il y en a mais pas suffisamment.Zemour est dans l'outrance, il ne connaĂźt pas la nuance, le manque de discernement est aussi un handicap. Devrait il ĂȘtre mis Ă  l'Ă©cart '' '