Le gouvernement va renforcer son dispositif de lutte contre le virus Zika dans les dĂ©partements français d'AmĂ©rique, oĂč plus de 2.
500 malades présentant des symptÎmes ont été répertoriés, dont vingt femmes enceintes détectées positives."Face à une situation d'alerte, tout est mis en ?uvre pour garantir la sécurité de nos compatriotes et la protection des femmes enceintes, pour qui le risque est trÚs élevé", a assuré mercredi la ministre de la Santé Marisol Touraine, lors d'un point de presse organisé peu aprÚs une rencontre avec la ministre des Outremer George Pau-Langevin et des parlementaires ultramarins.
Au total, vingt femmes enceintes ont Ă©tĂ© infectĂ©es dans les dĂ©partements français d'AmĂ©rique par ce virus, soupçonnĂ© de causer des microcĂ©phalies (une tĂȘte et un cerveau anormalement petits) du foetus.
"Aucune malformation n'a été détectée à ce jour", selon la ministre de la Santé, qui a précisé qu'un "suivi et une prise en charge spécifiques" avaient été mis en place pour toutes les femmes enceintes dans les territoires touchés.
ConcrĂštement, celles-ci sont invitĂ©es Ă consulter un mĂ©decin. En cas de suspicion, le virus sera recherchĂ© grĂące Ă un test biologique, dĂ©jĂ pris en charge Ă l'hĂŽpital mais qui devrait Ă©galement pouvoir ĂȘtre aussi remboursĂ© en ville "dans les plus brefs dĂ©lais".
En cas d'infection confirmée, les femmes enceintes bénéficient d'une surveillance échographique mensuelle pour détecter d'éventuelles malformations crùniennes.
Selon le dernier bilan, la Martinique et la Guyane ont enregistré respectivement 2.287 et 245 cas présentant des symptÎmes "évocateurs" du virus Zika, dont prÚs d'une centaine confirmée par des tests. Dix cas ont également été confirmés en Guadeloupe et un à Saint-Martin.
Dans la grande majorité des cas, le virus ne provoque aucun symptÎme, mais il peut aussi parfois susciter des complications neurologiques graves.
Deux cas de syndrome neurologique de Guillain Barré (qui peut entraßner des paralysies) ont ainsi été pris en charge en Martinique, dont un est toujours en réanimation à Fort-de-France.
En mĂ©tropole, oĂč neuf cas importĂ©s de Zika ont Ă©tĂ© pris en charge depuis le dĂ©but de l'annĂ©e, "il n'y a pas aujourd'hui de risque Ă©pidĂ©mique", selon Mme Touraine.
- Des rĂ©servistes prĂȘts Ă partir -
La ministre a réitéré sa recommandation aux femmes enceintes de différer d'éventuels voyages dans toutes les zones touchées par l'épidémie (Amérique du Sud, etc.), évitant de limiter cette fois-ci sa recommandation aux Antilles et à la Guyane, ce qui avait suscité la colÚre des élus ultramarins le mois dernier.
Mercredi, juste aprĂšs la rencontre avec la ministre, ces derniers ont Ă nouveau dĂ©noncĂ© une maladresse de communication, tout en se dĂ©clarant "satisfaits" de la mobilisation coordonnĂ©e de l?Ătat, mĂȘme si elle est "organisĂ©e un peu tard".
Interrogée sur des cas exceptionnels de transmission sexuelle du virus, dont l'un a été rapporté au Texas, Mme Touraine a relevé que deux pays, la Grande-Bretagne et l'Irlande, recommandent le port du préservatif pour les partenaires d'une femme enceinte, ou ayant un projet de grossesse, dÚs lors qu'ils ont été exposés au Zika. La ministre a saisi "en urgence" le Haut Conseil de la santé publique pour qu'il se prononce pour la France dans "les tout prochains jours".
Par mesure de précaution, l'Agence de la biomédecine (ABM) a déjà contacté les établissements de santé des départements concernés pour leur recommander de différer les dons de gamÚtes et les assistances médicales à la procréation (AMP/PMA).
Quant aux personnes revenant en métropole aprÚs un séjour dans les zones touchées, l'agence recommande de différer les dons de gamÚtes (dont le plus courant est le sperme) et les AMP pendant 28 jours aprÚs le retour.
Parmi les autres mesures annoncées par Mme Touraine figurent la livraison de six respirateurs supplémentaires au CHU de la Martinique et deux autres à Cayenne, en Guyane, dÚs le début de la semaine prochaine.
Quatre professionnels de santĂ© sont sur place pour Ă©valuer les besoins et une cinquantaine de rĂ©servistes sont prĂȘts Ă partir si nĂ©cessaire.
Par Ouerdya AIT ABDELMALEK - © 2016 AFP
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