Au croisement des scÚnes slam et hip hop, Ahamada Smis, artiste comorien installé à Marseille, se produira ce samedi 8 octobre au parc des expositions de Saint-Denis lors du festival Kaloo Bang. C'est un véritable voyage inspiré du conte, entre le groove et la poésie que l'artiste, qui "adore le maloya", promet de proposer au public réunionnais. Confidences.
Pour ceux qui ne vous connaissent pas, votre musique mélange hip hop, slam et musique traditionnelle africaine, s'approchant parfois du conte. Est-ce une façon de vous démarquer ?"Oui, c'est une façon de me démarquer, car à mon sens, la musique africaine est le berceau du groove. Elle n'a rien à envier aux autres musiques. Si le hip hop a été pour moi une révélation, lorsque je l'ai découvert, en évoluant, j'ai eu besoin d'un retour aux sources, en mélangeant musique traditionnelle comorienne et hip hop. Il faut juste trouver le bon équilibre entre ces deux styles musicaux pour ne pas verser dans la caricature".
Ce samedi 8 octobre marque vos premiers pas sur la scÚne réunionnaise. Comment appréhendez-vous cette premiÚre rencontre avec les Réunionnais ? Qu'allez-vous proposez ?
"Je ne suis pas inquiet car jusqu'Ă prĂ©sent, mon plus grand atout reste ma proximitĂ© avec le public. Je leur proposerai avant tout un moment chaleureux, et non une performance. Sur scĂšne, je serai accompagnĂ© vielliste Pierre-Laurent Bertolino et la chanteuse sud-africaine Sibongile Mbambo pour un trio acoustique, et un certain esprit du conte. Il y aura un ou deux textes a cappela mais aussi des textes chantĂ©s, chuchotĂ©s ou slamĂ©s. Si je prĂ©pare souvent une playlist avant d'entrer sur scĂšne, cela n'empĂȘche pas qu'elle soit changĂ©e. Tout dĂ©pendra du public rĂ©unionnais".
Quels sont vos projets futurs ?
"Je travaille actuellement sur mon prochain album, "Origine", qui doit sortir en 2013. Si on retrouvait un peu de mes racines avec des palettes autant jazz que rap sur l'album "Etre", pour "Origine", c'est un vrai travail sur la culture comorienne, sur mes origines, que je présenterai au public. J'ai aussi le projet de revenir à La Réunion pour collaborer avec des artistes réunionnais. Et puis, j'adore le maloya et j'ai envie de retrouver ses sonorités sur mon prochain album".
Propos recueillis par Emilie Sorres pour
