Insertion professionnelle et sociale des jeunes ultramarins

Cinq solutions pour faire face Ă  une situation explosive

  • PubliĂ© le 17 fĂ©vrier 2015 Ă  04:58
PĂŽle emploi

Face à la "situation explosive" que connaissent les jeunes ultramarins, le CESE (Conseil économique, social et environnemental) a adopté, le 10 février 2015, son projet d'avis pour lutter contre le chÎmage, le décrochage scolaire, le tassement de la croissance économique et l'accroissement des inégalités. Cette contribution s'articule autour de cinq axes de réflexion précisés ci-dessous.

AmĂ©liorer la connaissance sur la formation et l’insertion professionnelle et sociale des jeunes ultramarins

Le manque d’informations qualitatives et quantitatives constatĂ© par le CESE limite la mise en Ɠuvre et l’efficacitĂ© de politiques publiques dĂ©diĂ©es Ă  la jeunesse dans ces territoires. L’amĂ©lioration de la connaissance de ces donnĂ©es pour les Outre-mer constitue donc la premiĂšre des prioritĂ©s et un prĂ©alable Ă  toutes les autres recommandations.

Le CESE invite les acteurs de la statistique publique à mieux dénombrer le nombre de jeunes ultramarins en tenant compte des flux migratoires et à mieux évaluer leur parcours scolaire et professionnel afin de rendre plus adéquates les conditions de leur insertion sur le marché du travail et dans la société.

Améliorer les politiques éducatives et le niveau de formation des jeunes ultramarins

Il s’agit de conforter l’offre scolaire et universitaire dans les Outre-Mer en favorisant la scolarisation des enfants, notamment dĂšs deux ans ; en amĂ©liorant la transition entre le lycĂ©e et l’enseignement supĂ©rieur ; en implantant davantage d’UniversitĂ©s des mĂ©tiers de l’artisanat et en encourageant la formation aux professions de santĂ©, etc. L’effort de formation des enseignants doit ĂȘtre poursuivi par une formation continue adaptĂ©e aux rĂ©alitĂ©s locales et en particulier aux langues vernaculaires.

Evaluer, prĂ©venir et mieux lutter contre l’illettrisme et le dĂ©crochage scolaire dans les Outre-mer

Il s’agit lĂ  d’un axe fort du projet d’avis. Le CESE recommande une Ă©valuation rĂ©guliĂšre et homogĂšne de l’illettrisme et du dĂ©crochage scolaire dans les Outre-mer afin de conforter et d’adapter les actions de prĂ©vention. Il prĂ©conise d’implanter et de mieux coordonner dans tous les territoires ultramarins les dispositifs existants (Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, plateformes de suivi et d’appui aux jeunes en difficultĂ© scolaire ; rĂ©seau "Formation, qualification, emploi" (FoQuaLe), etc.).

Revaloriser la mobilité des jeunes ultramarins

Le CESE considĂšre comme primordiale la mobilitĂ© des jeunes ultramarins pour rĂ©pondre Ă  leurs besoins de formation et d’insertion sur le marchĂ© du travail. Il prĂ©conise de dynamiser les dispositifs de passeport-mobilitĂ© mis en Ɠuvre par l’Agence de l’Outre-mer pour la mobilitĂ© (LADOM) en particulier en instaurant un accompagnement des Ă©tudiants ultramarins bĂ©nĂ©ficiaires du passeport-mobilitĂ©-Ă©tudes. Le CESE prĂ©conise Ă©galement une participation accrue des Ă©tudiants ultramarins au programme "ERASMUS +". En outre, il propose d’innover en expĂ©rimentant dans un territoire ultramarin volontaire un dispositif selon le modĂšle " Erasmus + " dans l’espace rĂ©gional des territoires ultramarins financĂ© par des fonds europĂ©ens et de l’évaluer avant une Ă©ventuelle gĂ©nĂ©ralisation.

AmĂ©liorer l’insertion et l’accĂšs Ă  l’emploi dans les Outre-mer

Pour amĂ©liorer l’insertion et l’accĂšs Ă  l’emploi des jeunes ultramarins, le CESE prĂ©conise de former pour mieux rĂ©pondre aux besoins de leurs territoires, de soutenir l’action du Service militaire adaptĂ© (SMA) qui a montrĂ© toute son efficacitĂ© ; de favoriser l’accĂšs Ă  l’alternance et au premier emploi notamment dans le cadre du plan de relance de l’apprentissage ; de recourir davantage aux emplois aidĂ©set de favoriser l’insertion des jeunes Ă  travers l’engagement associatif en reconnaissant et validant leurs acquis non formels. Le CESE recommande enfin la promotion de certaines filiĂšres d’emploi dans le cadre d’un nouveau modĂšle de dĂ©veloppement de chacune des collectivitĂ©s ultramarines.

"Le diagnostic est dĂ©sormais Ă©tabli. Il est donc impĂ©ratif et urgent d’agir en faveur de l’insertion professionnelle et sociale de ces jeunes, qui constituent d’abord et avant tout l’avenir et la richesse de la France", conclut le rapporteur du projet d’avis.

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1 Commentaires
lille974
lille974
11 ans

Et si en plus de tout ça, on privilégiait les locaux plutÎt que d'avoir recours à la main d'oeuvre métropolitaine ?
Les rĂ©unionnais et autres ultra marins ne sont pas plus bĂȘtes, et peuvent occuper les emplois disponibles, ce qui rĂ©duirait le taux de chĂŽmage.