Régionales 2010

L'Alliance conteste l'élection devant le Conseil d'Etat

  • PubliĂ© le 1 avril 2010 Ă  14:30
Jeudi 1 Avril 2010

Conférence de presse de Raymond Lauret

L'Alliance a saisi le Conseil d'Etat afin de contester la victoire de la liste de Didier Robert lors des Ă©lections rĂ©gionales de 2010. Lors d'une confĂ©rence de presse organisĂ©e ce jeudi 1er avril, Raymond Lauret a soulevĂ© trois griefs, Ă  savoir le soutien de Christian Estrosi, en tant que reprĂ©sentant du gouvernement, Ă  Didier Robert, le sondage paru sur un site internet le 21 mars dernier, jour du second tour et l' "achat des voix d'Eric Magamootoo". Une dĂ©lĂ©gation composĂ©e de Paul VergĂšs, Raymond Lauret, Camille Sudre, Catherine Gaud et Yasmina Panchbaya a dĂ©posĂ© le dossier de recours ce mercredi 31 mars. Une dĂ©cision devrait ĂȘtre rendue par les juges de la Haute Chambre Administrative dans 6 Ă  8 mois.

L'Alliance reproche d'abord au ministre de l'Industrie Christian Estrosi d'avoir soutenu le candidat Didier Robert en tant que représentant du gouvernement lors de sa visite du 6 mars dernier. Raymond Lauret le cite en se basant sur un article de presse écrite : "ce n'est pas Christian Estrosi ni le ministre de l'Industrie que vous avez devant vous mais Nicolas Sarkozy, Président de la République, et François Fillon, Premier ministre". Puis le porte-parole de l'Alliance poursuit : "Il a annoncé qu'il n'y aurait pas de dotation ferroviaire à quelques jours du scrutin. Ce sont des affirmations mensongÚres auxquelles Paul VergÚs n'avait plus le temps de répondre", s'emporte t-il.

Ensuite, Raymond Lauret met en cause un sondage publiĂ© sur un site internet le jour du scrutin du second tour, le 21 mars dernier. Ce sondage crĂ©ditait Didier Robert de 55% des suffrages contre 13,6% pour Paul VergĂšs. Or, la loi fixe une pĂ©riode, avant et aprĂšs un scrutin, durant laquelle la publication des enquĂȘtes d'opinion est interdite. Cette pĂ©riode d'interdiction prend effet la veille de chaque tour de scrutin et se poursuit le jour de celui-ci. Elle vise " tout sondage d'opinion ayant un rapport direct ou indirect avec un rĂ©fĂ©rendum, une Ă©lection prĂ©sidentielle ou l'une des Ă©lections rĂ©glementĂ©es par le Code Ă©lectoral ainsi qu'une Ă©lection des reprĂ©sentants au Parlement europĂ©en " (L. 19 juillet 1977 modifiĂ©e par la loi du 19 fĂ©vrier 2002). Toute infraction expose Ă  une peine d'amende de 75 000 euros (C. Ă©lectoral, art. L. 90-1). En l'espĂšce, un sondage avait bien Ă©tĂ© publiĂ© sur le site mais retirĂ© "dans la journĂ©e". Cet argument ne suffit pas Ă  Raymond Lauret : "C'est un fait. Il y a eu tentative de fausser un scrutin", rĂ©torque t-il.

Le troisiÚme argument avancé concerne le soutien d'Eric Magamootoo à la liste de Didier Robert à l'issue du premier tour. Pour le représentant de l'Alliance, "c'est un cas rarement vu d'achat de voix". D'abord, il évoque "les affirmations publiées dans la presse écrite de prise en charge par l'UMP des 125 000 euros de frais de campagne d'Eric". "Si ce remboursement se fait, ce sera la preuve de la collusion entre deux listes", affirme t-il. Ensuite, Raymond Lauret pointe du doigt le financement du "livre programme" d'Eric Magamootoo par la société Only Blue à auteur de 5636,80 euros. Se basant sur un article publié dans le Quotidien du 26 mars, l'ancien conseiller régional fait une corrélation entre le candidat de la liste "Le Changement" et l'administrateur de la société Only Blue, Jean-François Sita, qui était sur la liste de Didier Robert et qui est désormais 7Úme vice-président. "Le don d'une personne morale est interdite", rappelle Raymond Lauret. "Je veux bien croire que Monsieur Sita ne connaisse pas la loi mais pas Monsieur Magamootoo qui est avocat", ironise t-il.

C'est donc sur la base de ces griefs qu'un recours a été déposé devant le Conseil d'Etat. Les juges de la Haute Cour devront désormais apprécier si les faits reprochés ont été en mesure de faire basculer le résultat du scrutin. Didier Robert avait gagné l'élection avec 31 284 voix d'avance. "Je ne peux pas imaginer que le Conseil d'Etat ne tienne pas compte de nos arguments à cause de l'écart de voix. Sinon, cela reviendrait à dire que la triche est autorisée", a t-il conclu.

Ce recours déposé, Didier Robert peut garder ses trois mandats (député, maire, président du conseil régional) jusqu'au prononcé de la décision, dans 6 à 8 mois. Reste à voir s'il démissionnera de ses mandats de député et de maire comme il l'avait annoncé ou s'il attendra la décision du Conseil d'Etat.

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