Convention cannes

Le blocage

  • PubliĂ© le 15 juin 2006 Ă  00:00
Jeudi 15 juin 2006 -

Les planteurs réclament le paiement des sous-produits de la canne à sucre

La 6Úme réunion de concertation sur la rédaction de la convention cannes a tourné court ce jeudi 15 juin 2006 à la préfecture. La CGPER, qui a mobilisé une centaine des planteurs devant la préfecture a quitté la premiÚre la table des négociations. Elle a été suivie peu de temps aprÚs par les autres syndicats et la chambre d'agriculture. Les négociations entre planteurs et industriels bloquent sur la rémunération de la bagasse et de la mélasse, des sous-produits de la canne

"Bagasse, mĂ©lasse, dans la canne tout est bon. Les usiniers et les planteurs doivent profiter de ces richesses". En ce dĂ©but d'aprĂšs-midi, la phrase s'Ă©tale en gras sur une pancarte plantĂ©e dans la pelouse devant la prĂ©fecture. À l'appel de la CGPER, une centaine de planteurs se sont rĂ©unis "pour montrer aux usiniers qu'ils ne sont pas prĂȘts Ă  se laisser faire" commente Jean-Yves Minatchy, dirigeant de la centrale syndicale. La 6Ăšme rĂ©union de concertation sur la convention cannes doit commencer dans quelques instants. Une fois signĂ©, ce protocole rĂ©gira toute la profession pour la pĂ©riode allant de 2006 Ă  2015, ce qui correspondant Ă  la durĂ©e de l'OCM - Sucre adoptĂ© par l'union europĂ©enne.

90% de la production

À l'intĂ©rieur de la prĂ©fecture, les industriels, le prĂ©sident de la chambre d'agriculture, Guy Derand, les reprĂ©sentants des autres syndicats agricoles et les services de l'État se sont dĂ©jĂ  installĂ©s autour de la table des nĂ©gociations. Avant de les rejoindre Ă  la tĂȘte d'une dĂ©lĂ©gation de son syndicat, majoritaire au sein de la commission paritaire de la canne et du sucre (CPCS), Jaen-Yves Minatchy souligne que sa centrale syndicale a quittĂ© la table des nĂ©gociations lundi dernier pour "protester contre l'attitude des usiniers refusant que la richesse des sous-produits de la canne profite aux petits et moyens planteurs". Notant que cette catĂ©gorie d'agriculteurs produit 90% "de la production totale de cannes", il rappelle que la CGPER rĂ©clame, notamment, le versement d'une prime de 3,5 euros par tonne de cannes livrĂ©e. 2 euros rĂ©munĂšreraient la bagasse et 1,5 euro la mĂ©lasse, "qui constitue une vĂ©ritable mine d'or pour les usiniers" souligne le responsable syndical. Les industriels ont un autre mode de calcul concernant cette prime. Actuellement, d'une part Ils refusent par contre de payer pour la mĂ©lasse. D'autre part, dans le cas d'une production globale Ă©quivalente Ă  1,85 millions de tonnes de cannes en fin de campagne, ils versent 1,02 euro par tonne au titre de la rĂ©munĂ©ration de la bagasse. En cas de production globale supĂ©rieure Ă  2,2 - ce qui n'a pas Ă©tĂ© le cas depuis de nombreuses annĂ©es -, ils s'engagent Ă  verser 1,80 euros. Ils proposent de faire passer ces montants respectifs Ă  1,08 et 1,80. "Nous ne faisons pas le mendicitĂ©" s'emporte Jean-Yves Minatchy.

Audit

Sans surprise, la délégation de la CGPER ressortira peu de temps aprÚs de la préfecture. "On veut nous imposer de discuter des termes de la convention avant d'examiner nos revendications. Ce n'est pas possible. On ne peut discuter de rien tant que les planteurs ne sont pas réellement pris en considération" explique-t-il aux agriculteurs restaient devant la préfecture. Quelques minutes plus tard, c'est au tour du président de la chambre d'agriculture et des représentants des autres syndicats de sortir. "Face à l'attitude de l'Administration et des usiniers refusant de discuter des propositions des planteurs, nous sommes obligés de partir" déclare Guy Dérand. La chambre consulaire et les autres syndicales réclament elles aussi le paiement des sous-produits de la canne. Pour la bagasse, ils demandent le versement de 1,80 euro par tonne de cannes en cas de production globale équivalente à 1,85 million de tonnes et de 2,20 pour une production supérieure à 2,2 millions de tonnes. Concernant la mélasse, Guy Derand rappelle que sa demande d'audit sur la marge des industriels formulée en mai 2005 est restée lettre morte à ce jour.
Les revendications de la CGPER d'une part, de la chambre consulaire et des autres syndicats d'autre part, ne sont finalement pas éloignées. C'est pourtant séparément qu'elles sont formulées face aux industriels. Xavier Thiéblin, président du syndicat des fabricants de sucre, n'a pas manqué de le remarquer. "C'est surtout une mésentente entre les différents syndicats de planteurs qui bloquent le débat" souligne-t-il à sa sortie de la préfecture.

Boycott

Une prochaine réunion de concertation est prévue pour le 1er juillet prochain. "17 des 23 articles de la convention ayant déjà été adoptés je pense que nous arriverons à un accord" dit en substance Xavier Thiéblin sans doute en pensant que la campagne sucriÚre doit commencer fin juin dans les bassins Nord et Est et mi-juillet dans le Sud et l'Ouest.
Les planteurs aussi sont conscients de cette échéance. Et Jean-Yves Minatchy comme Guy Dérand affirment qu'il n'y aura pas de coupe si la convention n'est pas signé. "Or nous ne pouvons rien signer avant que nos revendications ne soient examinées" prévient le dirigeant de la CGPER. D'ailleurs, en attendant la concertation du 1er juillet, il a prévenu que son syndicat boycottera toutes les réunions techniques de la commission paritaire de la canne et du sucre. L'organisme est notamment chargé de fixer les dates de la campagne sucriÚre.
guest
0 Commentaires