Les emplois verts, qui se mobilisent de nouveau ce matin devant la préfecture, témoignent d'un malaise grandissant. Le taux de chÎmage restera-t-il supportable à la Réunion si l'Etat accorde moins de contrats aidés?
Ils Ă©taient 500, jeudi dernier devant la prĂ©fecture. Combien, ce matin, Ă lâheure de la rencontre entre lâEtat, la RĂ©gion, les reprĂ©sentants des emplois verts et leurs employeurs associatifs ? Depuis le dĂ©but du mois, la mobilisation sâorganise au sein des associations et des contractuels, dont un nombre indĂ©terminĂ© peut craindre la non-reconduction de leur "emploi vert".
"Pour lâinstant, nous nâavons aucun chiffre de ce qui restera", explique Brigitte Naze, un des porte-parole du mouvement qui rĂ©clame le maintien des 2 500 contrats en cours. Seul un geste significatif de lâEtat semble en mesure dâapaiser le malaise de ces travailleurs prĂ©caires, qui gagnent 703 euros nets par mois pour 22 heures de travail hebdomadaires.
"Pourquoi lâEtat, qui dit accorder beaucoup dâimportance Ă lâĂ©conomie sociale et solidaire, sâacharne sur ce dispositif qui a fait ses preuves", poursuit Brigitte Naze, qui prĂ©side une association employant 30 emplois verts. "Notre activitĂ© nâest pas occupationnelle, câest de lâactivitĂ© Ă©conomique qui rĂ©pond Ă un besoin et sâaccompagne de formations qualifiantes. Nous entretenons le patrimoine naturel, des espaces de convivialitĂ© dont profitent les RĂ©unionnais mais aussi les touristes. Qui le fera, sans contrats aidĂ©s ?", souligne-t-elle encore.
AprĂšs le mouvement dâhumeur des maires confrontĂ©s au ralentissement de lâeffort de lâEtat, alors que le Conseil gĂ©nĂ©ral va diriger une partie de son soutien vers les communes, les associations crient Ă leur tour leur mĂ©contentement. Le Conseil rĂ©gional les entend dâautant plus volontiers quâelle nâa plus de gouvernement Ă protĂ©ger, tout comme le PCR et ses alliĂ©s qui soulignent non sans raison lâaggravation de la situation sociale. Les contrats non reconduits viendront alimenter la cohorte des chĂŽmeurs, qui dĂ©passait fin juin les 141 000 inscrits Ă PĂŽle Emploi.
Alors que la machine Ă©conomique tourne au ralenti, lâEtat dĂ©muni ne peut plus jouer son rĂŽle de bĂ©quille : lâannĂ©e 2012, qui avait commencĂ© avec une violente protestation contre la vie chĂšre, pourrait se terminer dans un climat tout aussi pesant.
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