La direction du Grand Port maritime a dressé, ce jeudi 20 février 2014, un premier bilan après un an de fonctionnement dans sa nouvelle configuration. L'occasion surtout d'évoquer les nombreux projets pour les années à venir, avec un budget de 140 millions d'investissement sur 5 ans. L'objectif : moderniser la structure, développer le trafic et attirer de nouvelles activités industrielles.
Depuis un an, le Grand Port maritime a tout d’abord pu éprouver les bénéfices d’une nouvelle gouvernance. "Nous avons enfin un pouvoir de décision localement alors qu’avant nous avons souffert pendant de nombreuses années d’un pouvoir bicéphale entre la chambre de commerce et le ministère à Paris. Les décisions arrivaient un an ou deux ans après et l’objectif n’était pas atteint. Donc pour moi, c’est positif à 100 %", souligne ainsi le président du conseil de développement Hervé Marodon, interrogé par Radio Festival.
Aussi la structure peut-elle désormais multiplier les projets de développement et d’investissements. "Au total sur 5 ans, 140 millions d’euros d’investissement sont programmés, avec de très fortes aides de l’Europe, de l’Etat et des collectivités", indique le directeur général Stéphane Raison, toujours au micro de Radio Festival. "On en voit déjà les conclusions cette année puisqu’on va dépenser quasiment plus de 50 millions d’euros dans deux grands chantiers : la fin de la mise en place du bassin de plaisance au Port-ouest et l’extension du Port-est pour avoir de nouveaux outils pour les compagnies maritimes", ajoute-t-il.
L’extension du Port-est doit notamment permettre d’attirer de nouvelles activités. "Nous avons un domaine portuaire qui est pour l’instant inexploité et c’est vrai que le conseil général, la Ville du Port, le TCO et le Grand Port maritime doivent se mettre autour d’une table pour que nous offrions à des industriels étrangers, métropolitains ou réunionnais la possibilité de développer des activités de transformation", reprend Hervé Marodon, évoquant la notion de "port-usine" : "Cette idée, c’est de faire venir des industriels qui ne trouvent pas cette stabilité politique ailleurs et qui la trouverait à La Réunion", explique-t-il.
"On a un déséquilibre entre les flux import et les flux export donc effectivement notre idée c’est aussi de travailler à un développement industriel dans la zone autour du port pour créer des flux qui pourraient repartir à l’export et remplir les bateaux qui aujourd’hui repartent plutôt avec des conteneurs vides", complète Stéphane Raison, qui entend ainsi rattraper le retard sur d’autres ports de la région, comme à Maurice. "On est très en dessous de l’île Maurice qui est un grand port dans la zone. Ils font quasiment plus de 7 millions de tonnes de trafic alors qu’on en fait un tout petit peu plus de 4 millions", détaille-t-il. "Eux se sont positionnés il y a une dizaine d’années sur le transbordement, ce qui explique leurs résultats aujourd’hui. Mais on a de bonnes chances, en partenariat avec eux d’ailleurs, de pouvoir développer des trafics complémentaires, car le flux qui passe devant chez nous est très important", assure le directeur général du Grand Port maritime.
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