Les t-shirt " carry poulet " accusés d'inciter à la violence

Pardon! invoque la liberté d'expression

  • PubliĂ© le 1 juin 2011 Ă  00:30
Mardi 31 Mai 2011

Peter Mertens au tribunal de Champ Fleuri

Le directeur de la sociĂ©tĂ© Pardon!, Peter MertĂšs, Ă©tait convoquĂ© mardi 31 mai 2011, devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis Ă  la demande du ministĂšre de l'IntĂ©rieur qui, estime que ses t-shirts " carry poulet ", constituent une incitation Ă  la violence envers les forces de l'ordre. L'avocate de le marque rĂ©unionnaise, Catherine Chane Meng Hine, invoque la libertĂ© d'expression, " pas toujours facile Ă  admettre ". Le ministĂšre de l'intĂ©rieur demande l'arrĂȘt de la diffusion de ces t-shirts, assorti d'une astreinte de 100 euros par jour d'infraction constatĂ©e. Le tribunal rendra son verdict mercredi en fin d'aprĂšs-midi.

Assigné en référé jeudi 26 mai par le minsitÚre de l'intérieur représenté à la Réunion par le préfet, Peter MertÚs, le directeur de Pardon!, est arrivé au tribunal mardi 31 mai, accompagné de trois jeunes-femmes arborant les t-shirts qui ont provoqué le courroux du ministÚre de l'intérieur. Ces t-shirts montrant une voiture de police en flammes avec une inscription " ce soir, c'est carry poulet " se sont attirés les foudres de l'Etat " dÚs que les fonctionnaires l'ont découvert ", a indiqué l'avocat du ministÚre public, Rohan Rajabaly lors de l'audience.

Il demande donc l'arrĂȘt de la diffusion de ces t-shirts et une astreinte de 100 euros par jour d'infraction. Selon lui, ils reprĂ©sentent " une incitation Ă  la violence " et " un dĂ©nigrement " des forces de l'ordre sur lesquelles ils jettent " un discrĂ©dit ". " Il faut faire cesser cette apologie de la violence envers la police (...) L'humour n'est pas interdit mais il y a des limites Ă  tout (...) certains jeunes prennent cela pour argent comptant ", a poursuivi l'avocat.

De son cÎté, la défense a souligné le fait que ces t-shirts sont commercialisés depuis le mois d'octobre 2010 et que depuis, aucune recrudescence de violence n'a été observée. Selon Catherine Chane Meng Hine, "  on est sur une question qui touche à la liberté d'expression, qui, quelle que soit sa forme, est protégée ". Elle rappelle que la marque Pardon! est connue à la Réunion depuis 20 ans, notamment pour son esprit provocateur et sa dérision.

La marque avait déjà été interdite d'exposer en vitrine des culotttes à l'effigie de la Vierge Marie. Elle avait également été contrainte de retirer de la vente un sac montrant une célÚbre photo de Carla Bruni Sarkozi nue, sans en détenir les droits d'auteur. A la sortie de l'audience, Peter MertÚs a estimé que " les réunionnais ont plus d'humour que les policiers ". Il indique que depuis l'assignation, 850 de ces t-shirts " carry poulet " ont été vendus.

Marine Veith pour
guest
0 Commentaires