AprĂšs une annĂ©e 2008 exceptionnellement fĂ©conde, les producteurs accusent une baisse de 30 Ă 40% de leur production de letchis cette annĂ©e, selon la chambre d'agriculture. Le pic de production se situe gĂ©nĂ©ralement entre le 10 et le 15 dĂ©cembre. Cette annĂ©e, force est de constater que les prix ne sont pas descendus en deçà de 2 euros. Les amateurs du petit fruit rouge auront quand mĂȘme largement de quoi satisfaire leurs papilles.
De la baisse de production du fruit rouge, annoncĂ©e par la chambre d'agriculture, naĂźt un espoir. Cette annĂ©e en effet, peu de letchis devraient pourrir sur leur pied, ni mangĂ©s ni vendus, comme ce fut le cas de 20% Ă 30% d'entre eux l'annĂ©e derniĂšre. En 2008, les producteurs avaient obtenu prĂšs de 6.000 tonnes de letchis sur leur surface de 677 hectares de plantations rĂ©partis dans l'Ăźle. C'est trop, beaucoup trop pour les 800.000 habitants de l'Ăźle. Un excĂšs qui avait conduit les producteurs Ă laisser mourir le fruit de leur travail plutĂŽt que de les vendre Ă perte. On peut donc espĂ©rer que ce problĂšme ne se pose pas avec autant de violence pour la production 2009.Alors que la saison bat son plein et que les Ă©tals en bord de routes regorgent de grappes de fruits bien rouges, la chambre d'agriculture prĂ©voit donc une baisse de production de 30 Ă 40%. De nombreux facteurs peuvent expliquer diminution. Pour commencer, la pousse des letchis connaĂźt un phĂ©nomĂšne d'alternance, comme sur d'autres arbres fruitiers tel que le manguier. " Si un arbre Ă letchis a beaucoup donnĂ© une annĂ©e, il y a de fortes chances que l'annĂ©e suivante soit moins productive, comme on l'observe en ce moment mĂȘme ", explique Yannick SoupapoullĂ©, responsable de la filiĂšre vĂ©gĂ©tale Ă la chambre d'agriculture. Par ailleurs, l'attention que portent les producteurs Ă leur terre, et Ă leur plantation de letchis en particulier, varie grandement de l'un Ă l'autre.
Mais cette annĂ©e la rĂ©gion du Sud est particuliĂšrement touchĂ©e par la baisse contrairement Ă l'Est et notamment Ă Saint-BenoĂźt qui connaĂźt une annĂ©e faste. Et le mystĂšre de cette disparitĂ© demeure, pour l'heure, entier. "L'annĂ©e derniĂšre Ă Sainte-Anne, toute une partie d'une mĂȘme plantation s'est rĂ©vĂ©lĂ©e trĂšs productive, l'autre pas du tout. On ne se l'explique toujours pas", rappelle le responsable de la filiĂšre vĂ©gĂ©tale, pour expliquer le peu de rĂ©ponse qu'apportent les spĂ©cialistes Ă cette question. " On s'attendait Ă avoir moins de letchis parce qu'on anticipait le systĂšme d'alternance. Mais on n'avait pas prĂ©vu une baisse aussi importante dans le Sud par rapport Ă l'Est. Nous en cherchons les causes, mais il se pourrait que nous ne trouvions pas ", continue le responsable agricole.
Entre 2001 et 2008, la surface plantée en letchis est passée de 950 ha à 677 hectares. Une chute vertigineuse et surtout réguliÚre qui la chambre d'agriculture explique par le peu de débouchés pour la production. Seules 200 à 300 tonnes de letchis sont exportées chaque année, depuis quinze ans. Par manque de rentabilité, de nombreux producteurs, qui n'appartiennent pas aux quelques privilégiés exportateurs, détruisent une partie de leurs arbres afin de se tourner vers d'autres plantations plus lucratives.
