Dans le hall d'entrée de l'immeuble Quartz à Saint-Denis ce jeudi matin 28 juillet 2011. Une bonne trentaine de personnes attend son tour pour accéder au bureau de LADOM (l'agence de la mobilité pour l'Outre-mer) situé au quatriÚme étage. Beaucoup sont là pour bénéficier du "passeport mobilité études", une aide à l'achat du billet d'avion des jeunes partant étudier hors de La Réunion. Les usagers critiquent les dysfonctionnements de l'agence, dont l'attente, le mauvais accueil, l'indisponibilité des agents ou encore le long traitement des dossiers. Le délégué régional de la structure étant "hors département est injoignable" selon son secrétariat, il est impossible d'avoir des explications sur la situation.
La file d'attente est longue, les visages sont excĂ©dĂ©s et les gens exaspĂ©rĂ©s. Plusieurs personnes patientent appuyĂ©es contre les murs, d'autres sont assises Ă mĂȘme le sol, faute de siĂšges disponibles. Avant cela, ces usagers ont retirĂ© un ticket : rose pour les dossiers de continuitĂ© territoriale, jaune pour les passeports mobilitĂ©. Par lots de cinq ils monteront ensuite au quatriĂšme Ă©tage. Ce morne ballet est orchestrĂ© par des vigiles...C'est le scĂ©nario qui se dĂ©roule depuis dĂ©but juillet dans les locaux de LADOM. "Vu le monde qu'il y a et le temps que mettent les agents pour vĂ©rifier un dossier, je pense que je vais attendre encore longtemps. Je suis lĂ depuis 8h30, il est dĂ©jĂ 10h, et je n'ai aucune idĂ©e de l'heure Ă laquelle je serai reçu. Dans ces cas-lĂ , il faut prendre son mal en patience, alors autant se poser par terre", raconte JĂ©rĂ©my, venu dĂ©poser un dossier pour effectuer un DUT commerce en mĂ©tropole.
Devant la multitude de dossiers dĂ©posĂ©s, le personnel de LADOM semble dĂ©passĂ© et les bĂ©nĂ©ficiaires potentiels de l'aide sont de plus en plus mĂ©contents, car l'attente n'est pas le seul problĂšme. Les usagers soulignent notamment le manque d'informations et de politesse. "Nous sommes mal renseignĂ©s sur les piĂšces Ă fournir. Quand on appelle LADOM, personne ne rĂ©pond au tĂ©lĂ©phone. Sur place, il faut attendre son tour pendant des heures. Le personnel n'est pas du tout accueillant, on est mal aiguillĂ©, et gĂ©nĂ©ralement on finit par nous dire qu'il faudra repasser parce que telle piĂšce est manquante, alors qu'on ne savait mĂȘme pas qu'elle Ă©tait demandĂ©e. C'est trĂšs mal organisĂ©", regrette AurĂ©lie, qui souhaite aller en Belgique pour faire une Ă©cole d'infirmiĂšres. "On nous demande aussi un certificat de non-existence de filiĂšre ou de saturation, qui est dĂ©livrĂ© au bout d'une Ă trois semaines. Mais on doit retirer ces papiers Ă l'universitĂ©, comment fait-on quand la fac est fermĂ©e ?", ajoute AurĂ©lie en racontant le cas de son amie Sophie.
Autre difficultĂ© : les dĂ©marches effectuĂ©es par Internet ne sont pas prises en compte. "LADOM est un vĂ©ritable sketch, on nous fait tourner en rond", dĂ©clare Patrick*, parent qui a dĂ» se dĂ©placer quatre fois avant que le dossier de son fils soit recevable. "J'ai rĂ©cupĂ©rĂ© un dossier sur Internet pensant gagner du temps. AprĂšs l'avoir rempli, je le dĂ©pose Ă LADOM, oĂč l'on m'annonce que le dossier pris sur Internet n'est pas acceptĂ© parce que l'agence n'est pas connectĂ©e Ă ce service web. Alors pourquoi a-t-on la possibilitĂ© d'imprimer une demande d'aide ?", s'interroge-t-il. Ce pĂšre de famille a dĂ» rentrer chez lui avec des documents retirer sur place et remplir les papiers une seconde fois.
A la deuxiĂšme visite de Patrick, nouveau coup de théùtre : "AprĂšs une seconde attente interminable, on me renvoie chez moi avec le dossier de passeport mobilitĂ© en me disant que mon fils est majeur et qu'il doit ĂȘtre prĂ©sent pour signer les papiers. On m'indique aussi que je ne peux pas dĂ©poser le dossier de continuitĂ© territoriale pour ma femme car si on dĂ©pose un dossier pour quelqu'un, il faut un original de la piĂšce d'identitĂ© et je n'ai que des photocopies, c'est aberrant". Ce n'est qu'au bout de sa quatriĂšme visite que Patrick obtient finalement gain de cause. Mais aprĂšs quatre dĂ©placements, l'homme est exaspĂ©rĂ© : "C'est incroyable ! Beaucoup se dĂ©placent pour rien, certains viennent de loin, et on est obligĂ© d'attendre des heures. Dans la majoritĂ© des cas, on les renvoie chez eux en moins de cinq minutes, et il y a souvent un Ă©lĂ©ment du dossier qui pose problĂšme...C'est vraiment n'importe quoi".
Le remboursement des billets d'avion prend également beaucoup de temps. "J'ai déposé un dossier à LADOM depuis septembre 2010 pour aller à Montpellier faire mes études de sciences du langage. On est en juillet 2011, j'aurais dû obtenir un remboursement d'environ 600 euros et je n'ai rien reçu jusqu'à présent", annonce Laura.
Le délégué régional, Alexandre Imhoff est actuellement "en mission" hors département "et il n'est pas possible de le joindre au téléphone" précise son secrétariat. Du coup, il est impossible de l'interroger sur les raisons de cette situation pour le moins chaotique et personne à part lui ne serait habilité à parler du sujet, dit encore le secrétariat de la structure. Du cÎté du conseil régional, Yolaine Costes, vice-présidente déléguée à la continuité territoriale et à la mobilité, explique que "LADOM est l'opérateur de l'Etat en matiÚre de mobilité", et qu'il s'agit d'une "structure dont la gestion est autonome".
Yolaine Costes rappelle comment a été créée LADOM : "Il s'agit de l'ancien ANT qui s'occupait avant tout de la formation professionnelle. Depuis 2010, les conditions d'attribution du passeport mobilité ont changé et l'opérateur également. Ce n'est plus le Crous qui s'en charge, mais LADOM. L'Etat a voulu en faire un opérateur unique en matiÚre de mobilité et les volets continuité territoriale et passeport mobilité se sont rajoutés à la structure". Elle ajoute que "la Région participe au financement des aides mais ne gÚre pas LADOM". Elle ignore ainsi le nombre de personnes travaillant à l'agence et le nombre de personnes traitant les passeports mobilité, élément qui pose le plus de problÚmes. La conseillÚre régionale sait que la gestion des dossiers à LADOM pose problÚme. Elle dit avoir proposé que les cinq agents de la Région affectés au service "continuité territoriale" au sein de la structure viennent en aide aux employés s'occupant du passeport mobilité. Elle ne sait pas si sa proposition a été prise en compte.
Dans le hall de LADOM les heures ont succédé aux heures. Il n'est pas loin de midi. Jérémy n'a toujours pas été reçu....
Samia Omarjee pour









Nan mes sa ces rien nous a mayotte en a sa plus la haine ces gens nous deteste ces pas possible je jamais vue autant de m éprise toute ma vie
raccroche au nez au telephone conseiller desagreable vous raccrochant au nez meme pas un petit aure voire
tous a fait normal hein