[Vidéo] À La Réunion, Édouard Philippe s'embourbe et ose réaffirmer que la colonisation n’est pas un crime

  • Publié le 26 août 2026 à 13:22
  • Actualisé le 26 août 2026 à 13:31
Edouard Philippe à la Réunion

"Dire par un mot que la colonisation par elle-même était un crime, c’était passer à côté d’un certain nombre de choses", explique Édouard Philippe sur le plateau du journal télévisé d'Antenne Réunion ce mardi 25 août 2026. En décembre dernier déjà, il affirmait de façon catégorique que "non", la colonisation n'était pas un crime. En déplacement sur notre île pour sa campagne présidentielle, il confirme sa position en s'embourbant dans une longue minute de justification ... pour finir par oser assurer aux Réunionnais, que de dire la colonisation est un crime, est donc faux (Photo Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)

Neuf mois après ce positionnement assez précis, il récidive, dans un territoire où la colonisation a été une réalité et où ses conséquences, le sont également toujours. 

Au moment de revenir à un commentaire datant de décembre 2025 lorsque, face à Jean-Michel Aphatie, à qui il répondait que non, la colonisation n’était pas un crime, Antoine Hassler, journaliste présentateur, interroge : "Sujet sensible chez nous, en décembre l’année dernière, à la question la colonisation est-elle un crime, vous avez fermement répondu non. Est-ce que vous défendez toujours ce point de vue ?"

- De la colonisation à la guerre, Édouard Philippe se perd dans ses propos : "Mais est-ce qu'en soi la guerre est un crime ?" - 

Édouard Philippe se lance dans une longue réponse : "C’est difficile de répondre à une question compliquée par un seul mot. Et beaucoup de gens pensent qu’elle n’est pas compliquée. Au fond, ce que j’ai voulu dire, c’est qu'il y avait eu beaucoup de crimes pendant la colonisation, des crimes abominables, à Sétif (en Algérie - ndlr), à Madagascar, je les connais, je le sais, mais de dire par un mot que la colonisation par elle-même était un crime, c’était passer à côté d’un certain nombre de choses. "

Noyé dans bien plus de mots qu'il n'en faut pour répondre à cette question, il continue : "Si je vous demande, monsieur, si la guerre est un crime, vous pourriez me dire… la guerre, il y a énormément de crimes qui sont commis pendant, il y a des crimes de guerre, c’est affreux, vous êtes contre, moi aussi."

"Mais est-ce qu'en soi la guerre est un crime ? Eh bien la colonisation, je ne suis pas favorable à la colonisation, je ne trouve pas ça bien nécessairement, je trouve qu’il y a énormément de crimes qui ont été commis, mais dire qu’elle est par elle-même un crime, dire que tous ceux qui à un moment au 19ᵉ, au 18ᵉ, dans des logiques historiques totalement différentes ont participé à cet épisode historique sont des criminels, parce que par définition si c’est un crime, ils sont des criminels, ça me parait inexact." Regardez

Monsieur Philippe, ce que vous qualifiez d'"épisode historique", nous appelons cela notre histoire commune, et nous la ressentons dans notre chair. Ces effets aussi, nous les connaissons et les subissons quotidiennement. 

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- Monsieur Édouard Philippe, vous ne réécrirez l'histoire de La Réunion -

Pas d’hésitation, pas de réflexion, sauf quand il se perd en expliquant qu'en soit la guerre non plus, ça n'est pas un crime : Édouard Philippe est sûr de lui, la colonisation n’est pas un crime. Il l’avait déjà, c'est vrai, dans l’Hexagone, mais venir chez nous, sur notre île toujours en proie aux conséquences de la colonisation, venir le répéter, il fallait oser. Il a osé. 

Alors qu’un rapport de la sénatrice Evelyne Corbière Naminzo affirme, ce que les Réunionnais savent depuis des décennies, que les inégalités outre-mer sont l’héritage d’un passé colonialiste, le timing fait sourire, il n'a vraisemblablement pas lu ce rapport, et ne semble pas connaître non plus les débats qui animent La Réunion en ce moment.

Monsieur Philippe pourquoi venir chez nous nier une partie de notre histoire, de notre passé et des impacts de la colonisation sur la vie des Réunionnais. 

Non, vous ne réécrirez pas l’histoire nationale avec un simple "non".

Non, vous n’effacerez pas la mémoire de nos ancêtres, violés, battus, déplacés, affamés et dont les identités étaient niées avec ce simple "non". 

- Monsieur Édouard Philippe vous voir tomber la veste pour couper la canne ne nous émeut pas -

Monsieur Édouard Philippe, vous voir tomber la veste pour couper la canne à sucre ne nous émeut pas, cela ne nous amuse même pas. Nous ne sommes pas à la recherche de divertissement mais en quête de réponses concrètes quant aux inégalités structurelles causées par des années de manquements de l’État à La Réunion.

Les élus qui vous ont offert un accueil républicain étaient sans aucun doute au courant de vos propos sur le sujet de la colonisation, mais ils vous ont quand même offert des images à leurs côtés, vous donnant ainsi de la visibilité auprès de leurs électeurs.

Debout,  avec un homme politique candidat à l’élection présidentielle, qui nie l’histoire du peuple qu’ils représentent. Ces belles images vous ont, le temps d’un instant, accordé un peu de crédit sur notre île. Le tout est probablement remis en question par votre long monologue sur le plateau d'Antenne Réunion. 

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ee/www.imazpress.com/[email protected]

 

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