Ce week-end d'Halloween, du 31 octobre au 1er novembre 2026, trois mineurs et deux majeurs ont été interpellés pour des actes supposés de mise à feu de poubelles, de dégradation de biens et de violences urbaines. Fait nouveau : la préfecture de La Réunion a révélé le prénom des mis en cause présumés, y compris ceux des mineurs, dont un âgé de 11 ans. Le parquet de Saint-Denis affirme "ne pas avoir eu de mineur de 11 ans en garde à vue" dans ces affaires. À noter que la loi interdit tout élément permettant d'identifier un mineur, y compris s'il est poursuivi pour des faits criminels (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Pourquoi, ce dimanche 1er novembre 2026, la préfecture de La Réunion a fait le choix de dévoiler le prénom des mineurs interpellés par les forces de l'ordre à Saint-Denis ?
Pourquoi ce choix alors que, les semaines précédentes, d'autres mineurs avaient été interpellés pour des violences urbaines présumées, sans qu'il soit fait quelconque mention de leur identité. Conformément à la loi.
Le bilan communiqué par la préfecture faisant état de deux mineurs de 11 ans et 17 ans interpellés pour des faits de feux de poubelles aux abords du collège Robert J. Ardon à Montgaillard.
Le parquet de Saint-Denis a de son côté confirmé dans un premier temps "ne pas avoir eu de mineur en garde à vue dans le cadre des faits commis à l'occasion d'Halloween", avant de se raviser et de préciser "de mineur de 11 ans". Le parquet a ajouté par la suite dans la soirée que "les mineurs placés en garde à vue étaient plus âgés que 11 ans".
Dans la journée, Imaz Press a appris par le parquet que "toutes les mesures de garde à vue prises dans le cadre des faits de violences urbaines ont été levées".
- Tout élément permettant l'identification d'un mineur est interdit par la loi -
La divulgation de ces éléments d'identification interroge, d'autant plus que certains prénoms sont peu communs, que le quartier et la commune sont cités, ce qui permet d'identifier les jeunes mis en cause. Ce qui est interdit par plusieurs articles de justice pénales, applicables aux mineurs.
De plus, toujours selon la justice pénale applicable aux mineurs, "la publication, par tout moyen, de tout texte ou de toute illustration concernant l'identité et la personnalité des mineurs délinquants est également interdite. Le jugement ou l'arrêt rendu en audience publique à l'encontre du mineur peut être publié, mais sans que les noms et prénom du mineur soient indiqués, même par une initiale".
Toute infraction aux dispositions de ces articles de loi est punie d'une amende de 15.000 euros.
L'interdiction s'applique également à la presse selon l'article 39 bis de la loi du 29 juillet 1881. C'est la raison pour laquelle notre média, conformément à la loi et à notre déontologie, n'a pas indiqué les prénoms livrés par la préfecture.
Toutes ces dispositions légales ont évidemment pour but de garantir l'anonymat du mineur et la présomption d'innocence.
- Dévoiler les prénoms des mineurs mis en cause, un choix discutable -
Pour la Ligue des droits de l'homme de La Réunion, la divulgation des prénoms - validés ou non par la loi - "c'est aller de plus en plus vers l'extrême droite et attiser les fractures sociales".
Interrogée par Imaz Press, une auxiliaire de justice ne comprends pas non plus ce choix fait. Selon elle, cela n'a qu'un seul but : attiser la haine".
Imaz Press a questionné la préfecture sur l'intérêt de publier les prénoms de ces mineurs.
Les questions suivantes ont été posées au préfet.
Quel était l'intérêt de divulguer ces informations ?
Concernant les majeurs, la divulgation de leurs prénoms constitue-t-elle un tournant dans la communication de l'État, sachant que jusqu'à présent, il n'a jamais été donné aucun signe d'identification des mis en cause ?
À ce stade, la préfecture n'a pas répondu à Imaz Press.
Bon à savoir, la préfecture est traditionnellement beaucoup plus discrète sur les identités des mis en cause. Les noms des enseignes de restaurants, ayant gravement enfreint les règles d'hygiène publique ne sont quasiment jamais dévoilés par les services de l'État.
- Plusieurs mineurs interpellés depuis le début des violences urbaines -
Pour rappel, lors de ce week-end d'Halloween, plusieurs personnes ont, selon la préfecture de La Réunion, été interpellées.
Le vendredi 23 octobre, un mineur de 15 ans a été interpellé par les gendarmes pour des violences urbaines commises dans la nuit du mercredi 21 au jeudi 22 octobre 2026, à Saint-Benoît.
Le jeudi 22 octobre 2026, trois mineurs ont été déférés au parquet de Saint-Denis dans le cadre des violences urbaines. Deux jeunes étaient soupçonnés "d'être impliqués dans des faits de dégradations par moyen dangereux (feux de poubelles) sur Saint-Denis, indiquait le parquet. Le troisième était "impliqué dans des faits de dégradation par moyen dangereux et violences avec arme sur personnes dépositaires de l'autorité publique" à Saint-André.
Le parquet avait précisé : "nous continuerons à apporter une réponse pénale immédiate à chaque fait de violence urbaine, dès lors que la procédure caractérisera l'existence de charges suffisantes, tant à l'égard des mineurs que des majeurs".
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