À La Réunion, la période est au changement au sein de la police nationale. Le mardi 1er septembre 2026, la commissaire Juliette Jeannin prendra ses fonctions à la tête de la police aux frontières (Paf). Aucune candidature locale n'a été posée pour ce poste. Un mois plus tard, le jeudi 1er octobre ce sera au tour de la commandante Anne Sophie Teulie de prendre le commandement du commissariat de Saint-André. La candidature du commandant Frédéric Lefèvre, en poste depuis plusieurs années dans cette structure, n'a pas été retenue. De quoi alimenter les interrogations déjà vives, notamment de la part d'élus, depuis la révélation par Imaz Press de la nomination d'un directeur adjoint venu de l'Hexagone malgré la candidature de deux commissaires déjà en poste à La Réunion (Photo www.imazpress.com
Nous vous l'avons annoncé dès ce mardi 18 août, Ugo Pizzo jusqu'à présent chef d'état-major à Melun (Seine-et-Marne) a été nommé directeur territorial adjoint de la police nationale à La Réunion. Il prendra ses fonctions le mardi 1er septembre 2026.
La nomination de ce commissaire divisionnaire intervient donc alors que deux commissaires de même grade, de mêmes compétences et déjà en poste à La Réunion étaient candidats pour ce poste.
La candidature d'Ugo Pizzo a eu un avis favorable du préfet, Patrice Latron, légalement interrogé par le ministère à titre consultatif.
Selon nos informations, la hiérarchie locale était plus en faveur d'un candidat déjà en poste à La Réunion.
Par contre, toujours selon nos informations, cette même hiérarchie était en faveur de la nomination de la commissaire Juliette Jeannin à la Paf et de celle de la commandante Anne Sophie Teulie à la tête du commissariat de Saint-André en remplacement du commandant Chassagne qui a fait valoir ses droits à la retraite.
"Six ou sept officiers en poste dans toute la France ont postulé. Parmi eux se trouvait le commandant Lefèvre en poste à Saint-André depuis plusieurs années, il connaît parfaitement le terrain et il est très impliqué" indique à Imaz Press un fonctionnaire de police sous couvert d'anonymat.
"D'ailleurs, il assurait l'intérim à la tête du commissariat lorsque le commandant Chassagne était de repos ou en congés, il semblait donc acquis qu'il serait nommé à cette fonction. La hiérarchie en a décidé autrement, c'est difficilement comphéhensible" poursuit notre interlocuteur.
A ce stade, il n'a pas été possible de recueillir la réaction du commandant Lefèvre.
- Colère de la CGTR-
Dès mardi matin après la publication de notre article, la CGTR a publié un communiqué dénonçant "une nouvelle fois le mépris des compétences et des cadres réunionnais". La centrale syndicale dirigée par Jacky Balmine assure que "ce qui se passe aujourd’hui dans la Police nationale fait écho à une succession de situations qui interrogent profondément".
Le syndicat revendique ainsi "l’égalité réelle et la reconnaissance objective des compétences". "Être Réunionnais, connaître La Réunion, avoir travaillé au contact de sa population, de ses réalités sociales, économiques et culturelles, ce ne doit pas être considéré comme un handicap ou comme un élément secondaire dans l’appréciation d’une candidature".
La CGTR a également rappelé qu'elle s’était déjà élevée contre la nomination du directeur général de la CGSS Réunion, alors même que cette désignation avait suscité de fortes réserves au sein du conseil d’administration.
- Des élus de La Réunion dénoncent des choix qui écartent les candidatures locales -
Ces nominations font également réagir plusieurs personnalités politiques de La Réunion, qui défendent la prise en compte des compétences présentes sur le territoire lorsque les profils présentent des qualifications équivalentes.
Le député Philippe Naillet, qui indique avoir découvert la nomination du directeur territorial adjoint par Imaz Press, rappelle sa position de principe. "Au delà de cette affaire précise, mon positionnement est le même en toute circonstance. Lorsque nous avons des profils locaux qui possèdent l'expérience nécessaire, les compétences requises et qui connaissent le territoire, la population et la réalité sociale, il est préférable de nommer des locaux", estime-t-il.
Même position du côté de la députée Karine Lebon, qui défend de "toujours privilégier les candidatures locales lorsque les personnes ont les compétences". Elle insiste notamment sur des aptitudes difficiles à faire apparaître dans les procédures de recrutement classiques : "Il y a des compétences qui n'entrent pas dans les grilles, comme la compréhension de la langue et du terrain. Ce sont des qualités inestimables puisque quand on ne comprend pas les gens, on passe à côté de beaucoup de choses".
Interrogée à ce sujet, la présidente de Région, Huguette Bello, se montre plus sévère. "À La Réunion, il y a des personnes qui ont des diplômes égaux, des compétences égales, et je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui on a choisi plutôt des personnes qui viennent de l'Hexagone". Elle regrette "une préférence de l'extérieur" alors que les professionnels déjà présents sur l'île "connaissent cette terre de La Réunion et connaissent la langue. Écoutez.
Pour le député Frédéric Maillot, les méthodes se répètent et interpellent. "Vous connaissez ma position sur le sujet. Elle est affirmée et assumée. Quand je vois ce genre de choses, je me dit qu'il y a une volonté affichée de ne pas laisser de place aux Réunionnais sur des postes à responsabilité.
Il s'était déjà soulevé contre la nomination de Jena-Xavier Bello à la direction de la CGSS, ces nominations posent une question plus large que celle des seuls recrutements dans la police. "On n'a pas de pouvoir là-dessus, si ce n'est celui de dénoncer", il constate. L'élu estime désormais insuffisant de placer le débat uniquement "sur le plan moral". "Finalement, ce qui est moral n’est pas forcément légal et inversement. Lé pa ilégal ambosh in boug i sort an deor mé lé pa moral pou moin".
Le député appelle à réfléchir au cadre institutionnel permettant à La Réunion de peser davantage sur ces décisions. "Le cadre dans lequel nous évoluons actuellement ne nous permet pas de faire face aux défis de demain, notamment si on veut aller vers un recrutement local", juge Frédéric Maillot, qui plaide pour davantage "d'autonomie décisionnelle", en matière de ressources humaines, par exemple. Selon lui, la question du recrutement pourrait faire partie des sujets à aborder dans une éventuelle évolution statutaire de La Réunion.
- Déjà deux précédentes polémiques -
Pour rappel, ces nominations arrivent après celle de Jean-Xavier Bello au poste de directeur général de la CGSS. L'attribution du poste à ce fonctionnaire ancien directeur de la CGSS de la Guyane avait soulevé une levée de boucliers.
Syndicats et politiques s'étaient insurgés contre "cette nomination qui intervient alors qu’une majorité des administrateurs n’a pas accordé sa confiance au candidat".
En septembre 2025, la nomination d'Alexandre Lamothe à la tête du Pôle Régional des Musiques Actuelles (PRMA) avait aussi soulevé la polémique. Ce candidat venu de l'Hexagone avait été préféré à Stéphane Grondin, figure du maloya
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Les relans de colonisation ont la vie dure pourquoi se priver d'une prime d'expat en plus du salaire alors qu'on ne connaît rien de la Réunion ? Vaut mieux venir à la réunion que d'aller en métropole dans un coin perdu ou qui craint
Quand les reunionnais de métropole qui sont agents territoriales qui demandent leurs mutation auprès de la région, département et mairies sont toujours refusés
C'est la rentrée des élu(e) et leur "mauvaise foi" ... ils(elles) connaissent les règles de nomination !!! les syndicats pareils ... d'autant plus il y a les élections professionnelles en fin d'année ... donc il faut faire du bruit !!!
Débats malsains a gauche bien sûr. On est en france ?
C'est malsain de pointer les inégalités et discriminations ? C'est toujours ceux qui en profitent au détriment des autres qui pensent comme ça. On vous voit.
Ne pas oublier de prendre tes cachetons.
Le poisson pourrit par ma tête.
La règle c'est 2 ans minimum pour les commissaires en outre-mer avec possibilité d'une année supplémentaire.
L'un des candidats déjà ici est métropolitain et le second natif de la réunion. Dans tous les cas, ce changement d'affection n'aurait offert que 2 à 3 ans de plus au soleil pour l'un des deux. Note pour les élus locaux : il n'y aura jamais un directeur, son adjoint, et les 5 ou 6 chefs de service PN, tous issus du cru local, et encore moins ad vitam eternam, sur le département. Ces postes sont obligatoirement limités dans le temps. De plus a t on autant de commissaires reunionnais au national? et désirent t ils tous revenir ici ?
Si le choix s'est porté sur un commissaire "hexagonal" par rapport aux candidats déjà sur place, ce n'est certainement pas sans bonne raison...
Quant à St André, là aussi, si le candidat local a été écarté au profit d'une commandante venue de métropole, c'est certainement parce que le fait d'être ultra marin ne justifie pas à lui seul, une obligation d'obtenir un poste de chef de service, apparemment trop convoité ouvertement depuis bien longtemps...
Dans tous les cas, l'Administration exerce un choix souvent lié à la compétence mais aussi à la personnalité de ses agents... qui ressentent alors parfois un sentiment d'injustice profond...mais qui connaissent des le début la règle du processus de nomination.
En attendant, souhaitons la bienvenue au nouveau directeur adjoint de la police nationale de la Réunion, à madame la nouvelle cheffe de la police aux frontières de la Réunion et à madame la nouvelle cheffe de service du commissariat de St André.
Ne tenez pas compte de la triste première image que la presse et certains politiques locaux vous imposent de notre île.
Je suis certain que vos nouveaux effectifs/collaborateurs seront ravis de vous accueillir et travailler avec vous au service de l'ensemble de la population de l'île.
Commissaire réunionnais...oui, d'origine..mais aussi un peu beaucoup du sud de la France...alors certes issue d'une lignée connue localement...mais ne garantissant pas tout chez un descendant..
Quand à St André...bougez localement professionnellement quand l'occasion se présente ne nuit pas bien au contraire..
A bon entendeur..
Ah le déni : "c'est sûrement pour une bonne raison".
Quand les réunionnaises se faisaient STERILISER sans en être informées, quand les enfants d'ici ont été envoyés dans la Creuse en MENTANT à leur familles, il devait sûrement y "AvOiR uNe bOnNe RaisOn". LOL
A croire que vous découvrez les politiques néo-coloniales. Ouvrez un livre, et à défaut google est gratuit.
La préférence locale est dangereuse si elle devient systématique. En métropole, je crois que personne n’aimerait se voir priver d’un poste à cause d’une candidature locale. Il y a aussi un risque insulaire : se conformer aux forces locales en place. Un extérieur y sera toujours moins sensible.
Tout d abord je veux dire haut et fort ma Creolite.…
Je ne reviendrai pas sur le choix du Directeur Adjoint, où
ont certainement été pris en compte ou privilégiés, la compétence,
l humilité, l empathie envers ses subordonnées constituant alors, une
confiance partagée, indispensable à la réussite des missions de la PN…
Ce qu il me semble n est pas du tout l apanage d un des deux prétendants locaux, sentiments décrits in situ…
Concernant St André puisque cette ville est citée et son prétendant également…des propos glanés ça et la, font apparaître que pour le sieur Lefevre, St André ne doit pas être la seule ville possible où il pourrait travailler sur son ile…d autres affectations locales lui permettrait d affirmer ses réelles compétences que dans la seule ville où il a œuvre depuis son retour sur son île natale…
A bon entendeur…
Cela paraissait déjà évident que cette nomination allait "déranger" nos chers élus.....on peut comprendre leur inquiétude.....maintenant faut surtout trouver un motif pour éviter cette mutation, oh combien "dérangeante" pour certains ......! la cuisine ne pourra plus se faire comme avant.....les portes vont se fermer.. .! ah nos chères spécificités , clair aussi que cela comprend entre autres beaucoup de "passe droit", et de tolérance pour certains aux bras longs jusqu'à présent, qui s'inquiètent déjà de ne plus pouvoir "intervenir" et décider .....à la place de.....!
C est une honte.
Il faut arrêter ça
Messieurs et mesdames les politiciens de notre île faîte quelque chose. Merci
comme toujours....
Nomination qui soulève des interrogations.