Comme tous les ans depuis 2016, le collectif féministe les Glorieuses calcule le jour à partir duquel les Françaises commenceraient à travailler gratuitement. La faute aux inégalités salariales qui se creusent année aprÚs année (Photo d'illustration rb / www.ipreunion.com)
Mesdames, nous sommes le mercredi 4 novembre 2020. Il est 16h16. Posez vos stylos, fermez votre ordinateur et vaquez Ă vos occupations personnelles puisque vous nâĂȘtes dĂ©sormais plus rĂ©munĂ©rĂ©es.
Le collectif fĂ©ministe les Glorieuses souligne : "le calcul est simple, il suffit de prendre lâĂ©cart de salaire moyen Ă poste Ă©gal, que lâon rapporte au nombre de jours ouvrĂ©s dans lâannĂ©e. On obtient le nombre de journĂ©es pendant lesquelles les femmes travaillent gratuitement par rapport Ă leurs collĂšgues hommes" explique Rebecca Amsellem, Ă©conomiste Ă lâorigine des Glorieuses, Ă nos collĂšgues de France Inter.
Selon les chiffres de lâoffice europĂ©en de statistiques Eurostat, la diffĂ©rence entre les salaires est de 15,5% en 2020, contre 15,1% en 2016. Cet Ă©cart ne va donc pas en se comblant au fil des annĂ©es.
La France fait dâailleurs office de mauvaise Ă©lĂšve Ă cĂŽtĂ© de ses voisins europĂ©ens, loin derriĂšre le Luxembourg et ses 1,4% dâĂ©cart salarial. Elle se classe tout de mĂȘme devant la RĂ©publique TchĂšque ou lâAllemagne qui culminent Ă 20,1%.
- Vers un changement des mentalités -
Pour autant, les Glorieuses constatent une Ă©volution dans les mentalitĂ©s depuis leur premier appel Ă cesser le travail lancĂ© il y a quatre ans. DâaprĂšs un sondage lancĂ© en octobre dernier par le collectif auprĂšs de 7.000 personnes, 98% des femmes et 88% des hommes pensent que "câest une honte que les femmes soient moins rĂ©munĂ©rĂ©es que les hommes".
Les rĂ©pondantes estiment Ă©galement Ă 96% que le gouvernement devrait en faire davantage pour lâĂ©galitĂ© salarial, les rĂ©pondants suivent Ă 85%.
Dans cette logique, une pĂ©tition a Ă©tĂ© lancĂ©e par le collectif Ă lâattention du gouvernement pour un plan de relance Ă©conomique fĂ©ministe. Plusieurs mesures sont proposĂ©es telles que "renforcer lâindex de lâĂ©galitĂ© en crĂ©ant un certificat dâĂ©galitĂ© obligatoire des entreprises, intĂ©grer les femmes aux dĂ©cisions liĂ©es au plan de relance, soutenir un congĂ© paternitĂ© Ă©quivalent au congĂ© maternitĂ© ou valoriser les salaires des mĂ©tiers oĂč les femmes sont les plus nombreuses comme les mĂ©tiers du soin".
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