ReprĂ©sentant 18 organisations, un millier de personnes a manifestĂ© dans les rues de Saint-Denis ce vendredi 9 septembre 2010. Tous les corps de mĂ©tiers du bĂątiment et travaux publics (BTP) Ă©taient dans la rue. " La situation est extrĂȘmement grave. Le BTP a les deux genoux au sol. Nous allons mourir ", commente Pierre Savigny, dirigeant de la CFDT bĂątiment. C'est cette " situation exceptionnelle " qui est Ă l'origine de cette manifestation unitaire, patronat-salariĂ©s, unique en son genre Ă La RĂ©union. Une dĂ©lĂ©gation a Ă©tĂ© reçue par le prĂ©fet et une autre par Didier Robert. C'est l'arrĂȘt de plusieurs grands chantiers comme la rocade du Tampon, le pĂŽle ocĂ©an et le zĂ©nith Ă Saint-Denis et plus rĂ©cemment le tram-train qui motive l'inquiĂ©tude du BTP. Et aujourd'hui c'est notamment La RĂ©gion qui est visĂ©e par cette manifestation.
Les organisateurs de la manifestation attendaient entre deux et trois milles personnes. Ils n'auront Ă©tĂ© finalement qu'un millier. " Nous Ă©tions dĂ©jĂ en grĂšve mardi. Nous serons encore en grĂšve le 15 et 23 septembre. Il est normal que les gens est eu un peu de mal Ă se mobiliser ", relĂšve Jacky Balmine, dirigeant de la CGTR bĂątiment. " Nous aurions pu ĂȘtre plus nombreux, mais il ne faut pas oublier que les 19 et 31 mai, seuls les salariĂ©s Ă©taient descendus dans la rue pour attirer l'attention sur le ralentissement de la commande publique. Les patrons n'Ă©taient pas lĂ ", dit encore le dirigeant syndical." Peu importe combien nous sommes aujourd'hui, ce qui compte c'est que les dix-huit secteurs de la filiĂšre BTP, sont reprĂ©sentĂ©s, des salariĂ©s au patronat en passant par tous les autres secteurs ", estime pour sa part Jean-Marie Le Bourvellec, prĂ©sident de la FRBTP ( fĂ©dĂ©ration rĂ©unionnaise du bĂątiment et travaux publics ). " Que le patronat et les salariĂ©s dĂ©filent cĂŽte Ă cĂŽte lorsque l'intĂ©rĂȘt supĂ©rieur de La RĂ©union l'exige, dĂ©montre la maturitĂ© de notre secteur d'activitĂ© ", souligne le dirigeant du syndicat patronal.
Le dĂ©filĂ© a pris son dĂ©part au jardin de l'Ă©tat. Les manifestants Ă©taient rĂ©unis derriĂšre une banderole clamant : " ArrĂȘtez le massacre ". Tout au long de leur dĂ©filĂ© jusqu'Ă la prĂ©fecture, les grĂ©vistes ont scandĂ© : " Du travail pour le BTP ", " Les pa nou krevĂ© ". " En deux ans, le bĂątiment a perdu plus de 10 000 emplois et ce n'est pas fini. Il faut d'urgence relancer la commande publique. Il faut arrĂȘter de dĂ©truire des chantiers qui sont quasiment lancĂ©s ", lĂąche Pierre Savigny. " Je n'ai jamais vu une telle situation Ă La RĂ©union. Tout le monde a compris le danger. C'est la raison pour laquelle patrons et salariĂ©s sont ensemble, mĂȘme si on ne pourra pas manger Ă la mĂȘme table tous les jours ", remarque le syndicaliste. Tant du cĂŽtĂ© du patronat que des salariĂ©s, on a en effet tenu Ă faire remarquer que la manifestation de ce vendredi, " n'est en aucun cas un acte de prostitution ", selon l'expression de Jacky Balmine.
Ă l'arrivĂ©e du dĂ©filĂ© devant la prĂ©fecture une motion a Ă©tĂ© lue : " Messieurs les Ă©lus, messieurs les dĂ©cideurs oĂč sont vos promesses, oĂč sont vos chantiers ", s'est ainsi demandĂ© Bernard Tillon, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FRBTP. " 10 000 emplois directs perdus Ă La RĂ©union sont l'Ă©quivalent de 600 000 emplois perdus en mĂ©tropole. Peut-on seulement imaginer que l'Etat aurait laissĂ© faire sans rĂ©agir ", a encore dĂ©clarĂ© Bernard Tillon.



















