Après l'annulation par le tribunal judiciaire de Saint-Denis de l'assemblée générale élective de novembre 2024, la Ligue réunionnaise de football (LRF) se retrouve dans une situation institutionnelle inédite. La décision, assortie de l'exécution provisoire, s'applique immédiatement, même en cas d'appel. Pour Noël Vidot et Marius Rakotonirina, avocat de la liste de l'ancien footballeur professionnel, de nouvelles élections doivent désormais être organisées au plus vite et une administration provisoire pourrait être envisagée. (Photo Valeska Grondin / www.imazpress.com)
Près de deux ans après une élection qui avait vu une seule liste soumise au vote, le scrutin de novembre 2024 est annulé. Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a invalidé l'assemblée générale élective ayant porté Rosaire Moriscot à la tête de la Ligue réunionnaise de football.
Ce vendredi 28 août 2026, au lendemain de la décision, Noël Vidot et plusieurs membres de son équipe ont tenu une conférence de presse, à La Possession, pour revenir sur le jugement et surtout sur ses conséquences pour le football à La Réunion. "C'est une victoire énorme, non pas seulement pour nous, notre groupe, mais pour le football et pour le football des jeunes", réagit l'ancien footballeur professionnel. Écoutez.
- La Ligue réunionnaise de football sans comité directeur -
La conséquence de l'annulation est immédiate. Selon Marius Rakotonirina, avocat de la liste de Noël Vidot, "une décision pourvue de l'exécution provisoire s'applique immédiatement". "L'annulation ayant un effet rétroactif", il poursuit, "les membres du comité actuel ne sont plus, en tout cas par rapport à la teneur du dispositif, en situation d'être à la tête de la Ligue". Regardez.
La LRF se retrouve donc, selon l'avocat, "dans une situation exceptionnelle, assez grave". Une éventuelle procédure d'appel ne suspendrait pas l'exécution de la décision rendue en première instance.
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Une assemblée générale de la Ligue était par ailleurs prévue ce dimanche. Pour le camp Vidot, la disparition juridique du comité directeur pose désormais la question de sa tenue et, plus largement, de la validité des décisions qui pourraient être prises.
- Une élection jugée "contraire aux principes de la démocratie sportive" -
Au cœur du contentieux se trouve le rejet, en 2024, de plusieurs listes candidates à l'élection de la LRF. Celles conduites par Noël Vidot, Alex Augustine et Jean-Jacques Charolais avaient notamment contesté l'interprétation des conditions d'éligibilité appliquées par la commission de surveillance des opérations électorales.
D'après Marius Rakotonirina, le tribunal considère notamment que les règles prévues par les statuts devaient certes être appliquées, mais de manière loyale. Or, selon lui, la liste des clubs considérés comme n'étant pas en situation régulière n'aurait été communiquée qu'à l'issue de la période de candidature.
"L'application de ce seul critère a abouti à éliminer plusieurs dizaines de candidats et, étonnamment, seule la liste composée par les anciens membres a été validée", souligne l'avocat. Pour ce dernier, le tribunal a considéré que cette élection violait "les grands principes de la démocratie, et notamment de la démocratie élective dans le domaine sportif".
En novembre 2024, la seule liste finalement en lice, menée par Rosaire Moriscot et soutenue par le président sortant Yves Ethève, avait recueilli 503 voix pour, 28 contre et 13 bulletins blancs.
- De nouvelles élections... au plus vite -
Reste désormais à déterminer comment administrer la Ligue réunionnaise de football jusqu'au prochain scrutin. "Il faudrait que, très rapidement, il y ait une autorité, qu'elle soit judiciaire ou autre, qui puisse assurer la période transitoire jusqu'à ce que l'on aboutisse à une élection", estime Marius Rakotonirina. Parmi les pistes évoquées : la nomination d'un administrateur ou d'une administratrice judiciaire. Une solution qui pourrait être sollicitée devant la justice par l'une ou l'autre des parties.
Noël Vidot entend de son côté s'entretenir rapidement avec son avocat afin d'étudier les modalités permettant d'organiser un nouveau scrutin. "Les élections doivent être remises en place puisque les élections de 2024 ont été rendues caduques, annulées par le tribunal judiciaire. Forcément, la Ligue doit refaire les élections au plus tôt", il martèle.
Quant à savoir s'il conduira de nouveau une liste, l'ancien footballeur ne se prononce pas encore : "C'est mon groupe qui décide. Je suis candidat ou non, ce n'est pas l'important."
Pour son avocat, l'enjeu dépasse désormais les différentes listes en présence. "La décision qui a été rendue par le tribunal n'est pas une décision contre la Ligue", insiste-t-il. "C'est une décision qui a pour effet de remettre de la transparence et de l'équité dans les élections sportives."
À La Réunion, le monde du football se retrouve désormais dans l'attente : avant même de retourner aux urnes, la Ligue devra certainement déterminer qui devra, légalement, assurer sa gouvernance pendant cette période de transition.
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