Les Jeux Olympiques 2020 devaient ĂȘtre les premiers pour le surf. PandĂ©mie mondiale oblige, il faudra attendre une annĂ©e supplĂ©mentaire pour voir les meilleurs du monde se disputer les mĂ©dailles sur le plage de Tsurigasaki. Les trois qualifiĂ©s Français Michel Bourez et les RĂ©unionnais Johanne Defay et JĂ©rĂ©my FlorĂšs seront bel et bien de la partie. Pour les places restantes, les modalitĂ©s de qualification restent Ă dĂ©finir. Comme tout le monde du sport, le surf est dans l'expectative d'un retour Ă la normale au sortir de la crise sanitaire. Patrick FlorĂšs, entraĂźneur principal de l'Ă©quipe de France, revient sur ces derniĂšres semaines mouvementĂ©es et se projette sur la reprise incertaine de la compĂ©tition. (Photo rb/www.ipreunion.com)
Patrick FlorÚs, la décision de reporter les Jeux olympiques à 2021 était-elle la bonne ?
Bien sĂ»r et tout façon je mây attendais. Il ne pouvait pas en ĂȘtre autrement. Dans des moments difficiles comme celui-lĂ , le sport passe en second. Les Jeux ne sont pas une prioritĂ© quand on voit ce quâil se passe dans le monde. Ne pas reporter Ă plus tard dans lâannĂ©e et annoncer tout de suite le report Ă 2021, câĂ©tait la meilleure dĂ©cision.
à partir de quand avez-vous commencé à anticiper ce report ?
On lâa senti Ă partir du moment oĂč on a Ă©tĂ© confinĂ© un peu dans tous les pays. Pour voyager Ă©normĂ©ment, je sentais que ça ne pouvait pas le faire. JâĂ©tais passĂ© par Los Angeles, de retour de Tahiti, il y a un mois. Normalement, on met 1h-1h30 Ă passer la police des frontiĂšres, cette fois on avait mis moins de 10 minutes. Câest Ă partir de lĂ que je me suis dit que ça ne le ferait pas.
Comment avez-vous vĂ©cu lâannonce du report des Jeux, vous qui attendiez que le surf y soit depuis longtemps ?
Câest spĂ©cial. Bien sĂ»r quâon devrait ĂȘtre triste parce quâon attendait tous ça, mais au vu de lâampleur de cette Ă©pidĂ©mie, on relativise complĂštement. Finalement, quand on y rĂ©flĂ©chit, voyager dans ces conditions câest compliquĂ©. Tant mieux si on reste Ă la maison, ce nâest pas plus mal. On a tout le temps. Les surfeurs ont une vie exceptionnelle. Je considĂšre toujours que câest un sport qui est avant tout fun. Attendre un an, ce nâest pas grave par rapport Ă ce quâil se passe.
Quâest-ce que cela change pour vous, entraĂźneur de lâĂ©quipe de France, dâun point de vue technique ?
Je ne peux mĂȘme pas rĂ©pondre Ă cette question, puisque ça ne nous est jamais arrivĂ©. Il faut sâadapter surtout. On devait partir au Salvador au mois de mai pour le dernier championnat du monde avant les Jeux olympiques, qui devait ĂȘtre qualificatif pour les derniĂšres places restantes. On avait une chance de qualifier encore une fille. Les filles commençaient Ă performer sur le Tour, on Ă©tait prĂȘt.
Le choix aurait dĂ» ĂȘtre fait maintenant. On ne sait pas rĂ©ellement comment ça va se passer. On attend ce que dĂ©cide la FĂ©dĂ©ration internationale par rapport au dernier championnat du monde qualificatif. On sait que ceux qui sont dĂ©jĂ qualifiĂ©s le seront pour lâannĂ©e prochaine. Pour le reste, on prendra des dĂ©cisions en fonction de ce quâil se passe dans le monde. Je reconnais que câest difficile de sâadapter.
Avez-vous recalibré vos objectifs pour 2021 ?
Non, ça ne change rien. Ă lâheure actuelle les sportifs sont tous confinĂ©s. Dâailleurs ils ont un comportement exemplaire. Ils se sont confinĂ©s avant le confinement officiel. Ils ont des vagues exceptionnelles sur Tahiti en ce moment, mais ils nây vont pas. Johanne est Ă La RĂ©union, elle continue Ă se prĂ©parer physiquement. On ne peut pas repenser notre maniĂšre de prĂ©parer les Jeux olympiques parce quâils sont lâannĂ©e prochaine. Ce sont des professionnels. Ils se prĂ©parent depuis des annĂ©es.
Ils comprennent de toute façon. Bien sĂ»r que câest important pour eux, câest important pour nous, mais ce nâest pas prioritaire par rapport Ă ce quâil se passe. Il faut prendre sur soi et espĂ©rer que tout aille bien pour tout le monde.
Suivez-vous la maniĂšre dont les surfeurs sâentraĂźnent et sâoccupent pendant le confinement ?
Ce nâest que du physique. Ils ont eu des fiches, ils varient sĂ»rement. On ne peut pas leur demander de respecter les consignes quâon leur a donnĂ© pour une prĂ©paration dans les 2-3 mois alors quâon sait que le programme a changĂ©. Ce quâil faut, câest sâentraĂźner et ne pas perdre le rythme. Câest compliquĂ©. On le voit sur les rĂ©seaux sociaux, les sportifs sâadaptent eux-mĂȘmes. Ils redeviennent des gens normaux et sâentraĂźnent Ă la maison. On rĂ©flĂ©chit quand mĂȘme, mais Ă chaque fois quâon se projette sur quelque chose, ça changeâŠ
Pour Michel Bourez, Johanne Defay et JĂ©rĂ©my FlorĂšs, câest leur premier break. Câest la premiĂšre fois quâils peuvent faire une pause aussi longue. Ăa va sĂ»rement les faire rebondir. Câest le seul cĂŽtĂ© positif que je vois. Ils sont Ă fond depuis tous jeunes.
Avez-vous des informations concernant le reste de la saison ?
Non, pas du tout. Sur le circuit professionnel, ils avaient dâabord annulĂ© les compĂ©titions australiennes. Ensuite, ils ont dit que ça irait jusquâĂ G-Land. Est-ce que tout peut se jouer sur deux ou trois compĂ©titions ? On ne sait pas.
En 2001, aprĂšs le 11-Septembre, ils avaient arrĂȘtĂ© le Tour aprĂšs 5 ou 6 compĂ©titions et avaient dĂ©cernĂ© les titres aux leaders. Je ne sais pas si ça va ĂȘtre pareil cette annĂ©e. On se lĂšve le matin et on regarde les infos. Mais je pense que câest parti pour au moins 3-4 mois. Il ne faut pas espĂ©rer un redĂ©marrage avant le mois de juillet.
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