Vice-champion de France de Formule 4 en 2019, Reshad de Gerus (17 ans) roule cette annĂ©e Ă l'Ă©tage supĂ©rieur : en Formula Renault Eurocup, le championnat europĂ©en de Formule 3. RetardĂ©e par la pandĂ©mie, le dĂ©but de la saison n'a pas Ă©tĂ© des plus simples pour le pilote rĂ©unionnais. EmbĂȘtĂ© tout le week-end par des soucis techniques sur sa monoplace, il a terminĂ© 14Ăšme et 13Ăšme des deux courses inaugurales. Une entrĂ©e en matiĂšre compliquĂ©e qui fait partie de l'apprentissage et n'entame en rien ses ambitions. (Photo DR)
AprĂšs des essais concluants Ă Abu Dhabi (Ămirats arabes unis), Barcelone (Espagne) et au Castellet (Var) fin 2019, Reshad de Gerus entrevoyait une transition idĂ©ale entre la Formule 4 et la Formule 3. Mais ça, c'Ă©tait avant que le coronavirus mette le monde Ă l'arrĂȘt, lui impose un retour Ă La RĂ©union et du repos forcĂ©, loin des circuits. âJe gardais le contact avec mon team rĂ©guliĂšrement et on attendait quâune chose : savoir quand on pourrait de nouveau rouler.â
- Pas le temps de s'acclimater -
Cette reprise tant attendue a eu lieu la semaine du 6 juillet dernier, et pour sa premiĂšre en Formule Renault Eurocup, le pilote rĂ©unionnais a eu le droit Ă un bizutage en bonne et due forme. Sur le mythique circuit italien de Monza, Reshad de Gerus a enchaĂźnĂ© les pĂ©ripĂ©ties, lâempĂȘchant dâexprimer dâentrĂ©e son potentiel.
Le coronavirus ayant contraint les Ă©curies Ă annuler les essais du dĂ©but dâannĂ©e, puis lâorganisation Ă reporter le dĂ©but de la saison, les pilotes ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de quelques jours pour se remettre dans le bain. âOn avait deux jours dâessai, lundi et mardi, pour rattraper un peu ce quâon avait perdu. Je nâai pas pu rouler lundi aprĂšs-midi Ă cause de soucis techniques sur ma voiture. Le mardi matin ça sâĂ©tait plutĂŽt bien passĂ©, je mâĂ©tais bien adaptĂ©. Et le mardi aprĂšs-midi jâai eu encore quelques soucisâ, relate la jeune pilote.Â
Sont ensuite venus les essais libres, lĂ aussi tronquĂ©s par des ennuis techniques, puis les rĂ©dhibitoires qualifications pour Ă©tablir lâordre de dĂ©part. âCâĂ©tait vraiment compliquĂ©, je manquais de rythmeâŠâ Le RĂ©unionnais ne s'est pas pour autant dĂ©montĂ© lors des courses et s'est dĂ©menĂ© pour terminer 14Ăšme et 13Ăšme. Pas le meilleur cadeau d'anniversaire, quelques jours aprĂšs avoir fĂȘter ses 17 ans, mais des rĂ©sultats Ă relativiser au vu des circonstances.Â
- Une ambition intacte -
âCâest de lâexpĂ©rience priseâ, dit-il, les yeux dĂ©jĂ rivĂ©s sur le prochain week-end de course, les 25 et 26 juillet, sur le circuit dâImola (Italie). Surtout, Reshad de Gerus ne doute pas de son potentiel et ne dĂ©mord pas de ses ambitions. âCette saison, le but est vraiment dâacquĂ©rir de lâexpĂ©rience et de monter en puissance au fur et Ă mesure. AprĂšs, je veux jouer les avant-postes pendant la saison et gagner le championnat rookie (pilotes de 1Ăšre annĂ©e).â
AprĂšs cette saison, le RĂ©unionnais espĂšre obtenir un baquet dans le championnat du monde de Formule 3, la compĂ©tition sanctionnĂ©e et créée par la FĂ©dĂ©ration Internationale de l'Automobile en 2019. Un Ă©chelon encore au-dessus, Ă partir duquel les meilleurs peuvent lĂ©gitimement commencer Ă convoiter une place en Formule 1. Le rĂȘve tout pilote, qui n'est pour l'instant que dans un coin de la tĂȘte de Reshad de Gerus.
âCâest trĂšs difficile de planifier, il faut attendre Ă chaque fois les fins de championnats pour savoir ce quâil va se passer les annĂ©es suivantes.â La faute notamment au prix, environ 500.000 euros, pour effectuer une saison Ă ce niveau-lĂ . âPlus on monte de catĂ©gorie, plus ça coĂ»te cher. Sans mes sponsors, je ne roulerai pasâ, explique-t-il, sans dĂ©tour. âIl faut toujours en trouver des nouveaux, chaque annĂ©e. Et vu les conditions, ce nâest pas simple. Ce sont aussi les rĂ©sultats qui font que les sponsors viennent et me suivent. Il faut performer !â
- La Réunion avant tout -
S'il se met la pression, c'est que Reshad de Gerus ne roule pas que pour lui, son pĂšre ancien pilote de rallye, ou ses proches. Il veut ĂȘtre le porte-drapeau des Outre-mer et de son Ăźle, dans un sport oĂč les Dom se sont historiquement fait rares. âJe suis Français, mais je suis dâabord RĂ©unionnais. Je suis le seul Ă ce niveau-lĂ Ă lâheure actuelle. Câest vraiment un fiertĂ© pour moi de reprĂ©senter La RĂ©union. Sur mon casque jâai 974 marquĂ©, sur ma voiture il y a La RĂ©unionâŠâ
De sa rĂ©ussite les prochaines annĂ©es pourrait dĂ©pendre une nouvelle dynamique pour les sports automobiles Ă sur l'Ăźle. âJe trouve quâil y a de moins en moins de monde sur les spĂ©ciales de rallye. En karting, câest pareil, il y a un peu moins de monde quâavant. Je ne sais pas comment faire pour que ce soit plus dĂ©veloppĂ©. Câest un sport qui coĂ»te cher, il faut avoir un minimum de budgetâ, lamente-t-il avant d'Ă©mettre des raisons d'espĂ©rer.
âAprĂšs le dĂ©confinement, jâai fait beaucoup de kart et jâai vu quâil y avait pas mal de jeunes. Câest eux quâil faut attirer. Les RĂ©unionnais adorent les voitures, donc pourquoi nâaimeraient-ils faire du kart ou du rallye ?âÂ
aa / www.ipreunion.com / [email protected]


