"Ananda Road", le premier long métrage de Fabienne Redt, projeté en avant-première à La Réunion

  • Publié le 18 janvier 2026 à 02:59
Ananda Road

Ancienne directrice du Festival du film de La Réunion, Fabienne Redt revient aujourd’hui dans le monde cinématographique avec son premier long métrage "Ananda Road", présenté lors de trois projections dans les salles de l’île.

Tourné entre La Réunion et Paris, entièrement en langue anglaise, Ananda Road réunit un casting international et une équipe en grande partie locale. Le film est déjà disponible sur plusieurs plateformes étrangères, dont Amazon Prime, Tubi ou encore Watcho, avant sa rencontre avec le public réunionnais.

Avant de passer derrière la caméra, Fabienne Redt a consacré de nombreuses années à la promotion du cinéma à travers le Festival du film de La Réunion, qu’elle a fondé et dirigé. Une expérience déterminante, mais aussi une forme de détour.

"J’ai créé ce festival par passion du cinéma, mais je n’osais pas faire un film. Le festival, c’était peut-être une façon de contourner le problème, rentrer par une porte un peu différente. Quand il s’est arrêté alors qu’il était encore florissant, ça m’a forcée à me reposer la question de mon désir de cinéma", confie la réalisatrice.

Ce moment de rupture devient un déclencheur. La réalisatrice se forme ensuite au Canada, où elle reprend contact avec son envie de création. "Cet arrêt soudain a finalement été une bénédiction. J’ai été forcée d’affronter mon propre désir."

- Une quête intérieure entre Paris et La Réunion -

Ananda Road raconte l’histoire de Swane, une avocate d’affaires parisienne dans la trentaine, incarnée par Justine Wachsberger. Épuisée par sa vie professionnelle, fragilisée par des échecs répétés de fécondation in vitro qui ont mis à mal son couple, elle décide de tout quitter.

À l’invitation de son père, Swane se rend à La Réunion pour écrire un livre sur les religions de l’île. Ce séjour devient peu à peu une quête intérieure, nourrie par les rencontres, l’océan, le surf et la découverte d’un "vivre-ensemble" radicalement différent.

Elle y croise Joey, ancien photo-reporter du New York Times installé sur l’île, interprété par Gaï Tordjman, ainsi qu’une galerie de personnages marquants, dont Salima, gouvernante hindoue incarnée par la comédienne réunionnaise Rocaya Paillet. L’arrivée inattendue de sa mère, Eva (Nancy Tate), fait ressurgir un secret de famille longtemps enfoui.

- Un film en anglais, par nécessité et par cohérence -

Entièrement tourné en anglais, Ananda Road peut surprendre par ce choix linguistique. Pour Fabienne Redt, il s’agit avant tout d’une réalité économique et artistique.

"Quand on n’a pas d’aide régionale, ça bloque toute la chaîne de financement national. Je me suis retrouvée à faire ce film avec des fonds privés, et l’anglais s’est imposé comme langue internationale."

Ce choix a permis de réunir des acteurs venus du monde entier et de donner au film une dimension universelle. "C’est une tour de Babel, comme La Réunion. Et ça a été un bon choix puisque le film s’est essentiellement vendu dans les pays anglo-saxons."

Le titre du film est à lui seul une déclaration d’intention. "En sanskrit, Ananda signifie ‘le chemin vers la joie’. C’est l’histoire d’une quête, notre quête à tous vers la joie", explique Fabienne Redt. 

Un titre initialement pensé en français, mais qui n’a pas survécu au passage à l’anglais. "En français, c’était Le beignet de songe, mais la traduction littérale ne fonctionnait pas. J’ai dû changer."

Loin des cartes postales, Fabienne Redt revendique un regard profondément humain sur l’île. "Ce n’est pas un film de paysage. Ce qui m’intéresse, c’est l’émotion, l’humain, les effondrements silencieux, le corps, les sensations. Ce n’est pas un film qui se voit, c’est un film qui se sent."

La réalisatrice cherche avant tout à provoquer une expérience sensorielle. "L’objectif était de faire ressentir une sensation de bien-être."

Tourné majoritairement en extérieur, avec une équipe locale, le film a vu le jour en pleine période Covid, dans des conditions parfois complexes.

- Une rencontre très attendue avec le public réunionnais -

Les projections à venir à La Réunion revêtent une dimension toute particulière pour la réalisatrice.

"La première projection privée, il y a plus d’un an, a été très émouvante. Les Réunionnais sont toujours heureux de voir un film émerger sur leur territoire."

Elle tient aussi à saluer l’accueil reçu pendant le tournage. "On nous a prêté une maison, des saris pour le personnage de Salima, des chefs religieux ont joué dans le film, on a reçu énormément d’aide. Cela apporte une vraie authenticité. On a invité toutes ces personnes aux projections, c’est une manière de les remercier. La réussite d’un film, c’est une équipe", souligne la réalisatrice.

"Ananda Road" sera projeté à La Réunion à trois dates : 

• 3 février 2026 – Ciné Lacaze
• 5 février 2026 – Ciné Cambaie
• 6 février 2026 – Ciné Grand Sud

as/www.imazpress.com/[email protected]

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