D'après le dernier bulletin de Santé Publique France, 159 cas de leptospirose ont été confirmés en 2026 à La Réunion. 28 cas de chikungunya et 109 cas de dengue autochtones ont été détectés depuis le début de l’année, avec plusieurs regroupements de cas de dengue observés à Saint-Leu ainsi que dans différents quartiers de Saint-Paul. Nous publions le bulletin ci-dessous (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
• Mpox (variole b)
Le bilan à date est de 8 cas de clade Ib identifiés sur le territoire depuis le début de l’année. Il s’agissait de 4 cas importés de Madagascar (signalés en S05, S07 et S13 et S13) et de 4 cas autochtones (dont 3 cas de transmission secondaire à partir d’un cas importé) signalés en S07 et S09.
• Arboviroses
Depuis le début de l’année, des cas autochtones d’arbovirose sont signalés sur le territoire. A ce jour, on rapporte 109 cas de dengue et 28 cas de chikungunya autochtones. Il n’y a pas de foyers actifs de chikungunya mais un regroupement de cas est surveillé à La Possession.
En ce qui concerne la dengue, une augmentation du nombre de cas est notée depuis la S11 avec une petite vingtaine de cas hebdomadaires (stable). Un regroupement d’une vingtaine de cas est observé à Saint Leu ainsi que plusieurs regroupements de plus petite taille à Saint Paul (Bois de Nèfles et Saint-Gilles-les-Bains).
A ce jour, 12 communes (5 dans l’ouest, 5 dans le sud et 2 dans le nord) rapportent des cas. Toutes ces situations sont suivies avec vigilance.
Le sérotype DENV1 est majoritaire mais des cas de DENV2 ont été rapportés également. Le DENV2 était initialement uniquement détecté à La Possession mais des cas ont récemment été détectés à Saint Paul et Saint Leu, signant sa progression.
Quatre hospitalisations ont été signalées à ce jour, sans gravité particulière. L’impact sanitaire est négligeable.
Depuis le début de l’année, 13 cas importés de chikungunya ont été signalés, au retour de Madagascar principalement, de Mayotte, des Seychelles et de Thaïlande. Pour la dengue, 6 cas importés ont été identifiés en provenance de Thaïlande, d’Inde, de Tahiti, de Madagascar et du Kenya.
Face à ces regroupements de cas à Saint-Paul et Saint-Leu, la plus grande vigilance reste de mise dans un contexte où les conditions météo sont toujours très propices au moustique vecteur et où la leptospirose circule activement. Il faut rappeler que la dengue n’a plus circulé de façon large depuis plusieurs années (épidémie dans le Sud en 2024). Par ailleurs, le sérotype 1, majoritaire en 2020 et exclusif en 2021 (épidémie massive) et 2022 n’a été détecté que très rarement ensuite : 3 fois depuis 2023 (sur plus de 1000 prélèvements analysés).
Le sérotype 2 était exclusif en 2018 et ensuite très largement majoritaire depuis 2023. Dès lors, devant tout syndrome dengue-like, une confirmation biologique rapide doit être envisagée. Une prescription de PCR triplex « chik/dengue/lepto » permettra de poser le diagnostic approprié et dès lors d’envisager la prise en charge médicale et sanitaire appropriée.
• Leptospirose
La recrudescence saisonnière de la leptospirose est actuellement en cours, à un niveau élevé. L’été austral avec des conditions climatiques favorables à la survie de la bactérie dans l’eau douce et les environnements humides augmentent le risque de contamination lors d’activités conduites dans ces milieux, sans protection suffisante.
Dans le cadre des maladies à déclaration obligatoire, 159 cas de leptospirose ont été déclarés à l’ARS (soit 17 de plus qu’en S-1) entre le 01/01 et le 22/04/2026.
Parmi ces cas :
• 21 étaient survenus au cours du mois de janvier, 42 en février et 66 en mars et 30 en avril ;
Le secteur Sud représentait 42% des cas (à nouveau en augmentation) soit 67 cas principalement au Tampon (22 cas) à Saint-Joseph (19 cas) et à Saint-Louis (11 cas). Le secteur Est rapportait 30% de l’ensemble des cas (en baisse), soit 47 cas principalement domiciliés à Saint-Benoît (22 cas) et à Saint-André (12 cas) et Sainte-Rose (6 cas). La part des cas résidant dans l’Ouest et la Nord était stable (respectivement 18% avec 28 cas et 11% avec 17 cas). Pour le secteur Ouest, 16 cas résidaient à Saint-Paul et 10 à Saint-Leu et pour le secteur Nord, 8 cas à Sainte-Suzanne et 6 cas à Saint-Denis.
Parmi les cas pour lesquels l’information était disponible, 69 ont été hospitalisés (60%) et 1 cas est décédé.
• Les syndromes grippaux
En S16, les passages aux urgences pour un motif de syndrome grippal augmentaient de 19%. Ainsi, en S16, le nombre de passages aux urgences pour syndrome grippal était de 31 versus 26 en S15. En S16, le nombre d’hospitalisations augmentait avec 8 hospitalisations versus 3 la semaine précédente sans pour autant, se caractériser par un impact sanitaire sur l’offre de soins hospitalière.
Depuis 3 semaines consécutives les indicateurs sanitaires avec un motif de syndrome grippal (passages aux urgences et hospitalisations) sont en progression.
En médecine de ville, la part d’activité des consultations pour motif d’infection respiratoire aiguë (IRA) se stabilisait à 4,0% en S16 et cela, depuis 3 semaines et, se situait au-dessus de la moyenne de 2013 à 2025.
En S16, le taux de positivité demeurait limité avec un taux de positivité de seulement 3,3% témoignant d’une circulation de très faible intensité des virus grippaux (de type A majoritairement) sur le territoire réunionnais.
• La bronchiolite chez les enfants de moins de deux ans
En S16, les passages aux urgences chez les moins de 2 ans progressait de 66% (+1 0 passages aux urgences). En S16, le nombre des passages aux urgences était de 25 contre 15 la semaine précédente. L’impact sanitaire reste néanmoins limité avec seulement 7 hospitalisations soit équivalent à la semaine précédente.
La part d’activité pour un motif de bronchiolite progressait 8,0% (5,4% en S15).
• Gastro entérites aiguës (GEA)
Les indicateurs de surveillance des passages aux urgences et des hospitalisations pour gastro-entérite aiguë (GEA) mettent en évidence une légère hausse de l’activité au cours de la semaine 16. Celle-ci reste toutefois globalement stable, avec des fluctuations observées d’une semaine à l’autre. Une attention particulière est à porter aux enfants âgés de moins de 5 ans, pour lesquels une augmentation des consultations aux urgences pour GEA est observée.
En S16, le nombre de passages aux urgences tous âges pour GEA s’élève à 93 contre 88 en S15. Le nombre d’hospitalisations tous âges est de 11 en S16 contre 13 en S15. Le taux d’activité pour ce motif est de 2,2 % en S16 versus 2,1 % en S15.
Chez les enfants âgés de moins de 5 ans, le nombre de passages aux urgences pour GEA est de 57 en S16, contre 41 en S15. Le nombre d’hospitalisations est de 5 en S16, contre 4 en S15. La part d’activité pour GEA chez les moins de 5 ans est de 10,9 % en S16, contre 8,0 % en S15.
En médecine de ville, la part d’activité pour GEA était de 3,3% en S16 contre 2,8% en S15 et demeurait au-dessus de la moyenne pour la période 2013-2025
