Agression au centre pénitentiaire du Port : FO dénonce un manque de moyens face aux détenus souffrant de troubles psychiatriques

  • Publié le 27 mars 2026 à 12:21
  • Actualisé le 27 mars 2026 à 15:10
Prison du Port

Un agent pénitentiaire a été agressé ce jeudi 26 mars 2026, aux alentours de 14 heures, au sein du quartier d’isolement de la prison du Port. Une nouvelle violence qui relance la question de la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques, selon Stéphane Difernand, secrétaire local FO (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

L'incident s’est produit avant une promenade. "Le brigadier-chef a sorti le détenu de sa cellule et celui-ci lui a asséné un coup de poing", rapporte Stéphane Difernand. L’agent, expérimenté et fort de quinze ans d’ancienneté, a été blessé. S’il a pu déposer plainte, "le choc psychologique reste important", affirme le syndicaliste. 

Le détenu en cause faisait l’objet d’un suivi psychiatrique. "Il avait arrêté son traitement, et on sait qu’il existe un risque de passage à l’acte lorsqu'un détenu interrompt son traitement. Mais personne ne nous a prévenu", affirme Stéphane Difernand. 

Selon lui, l'équipe sanitaire était informée de la situation. "Mais nous, personnels pénitentiaires, nous ne sommes pas mis au courant", regrette-t-il.

En cause, notamment, le secret médical. "On ne demande pas à connaître la pathologie des détenus, mais au moins être informés lorsqu’ils ne prennent plus leur traitement", insiste le représentant FO. Il pointe également un manque de formation : "Nous ne sommes pas formés à la prise en charge de ce type de profils."

- Le détenu de la prison du Port placé à l'isolement - 

Après l’agression, le détenu a été maintenu à l’isolement. Le syndicat a demandé son passage en comparution immédiate, "comme cela est fait en métropole", et attend son passage en commission de discipline. Il réclame son transfert vers un autre établissement. "Mais on sait que ces demandes ont peu de chances d’aboutir", déplore Stéphane Difernand.

Pour FO, cette situation n’est pas nouvelle. "Cela fait des années que nous demandons des structures adaptées, comme en métropole, avec une véritable prise en charge psychiatrique", souligne-t-il. À La Réunion, aucune unité spécialisée pour les détenus violents ou souffrants de troubles lourds n’existe.

Le syndicat rappelle que ce détenu avait déjà agressé un agent à Domenjod, ce qui avait conduit à son transfert. "C’est souvent la seule solution : les détenus agressent, sont transférés, puis reviennent", explique Stéphane Difernand, évoquant un cycle inefficace.

Enfin, il estime que le message envoyé par l’administration n’est "pas assez fort". "On comprend l’importance du maintien des liens familiaux, mais il faut aussi savoir marquer le coup", affirme-t-il, plaidant pour des transferts systématiques en cas d’agression.

"Nous ne sommes pas de la chair à canon", conclut le secrétaire local FO, appelant à des mesures concrètes pour garantir la sécurité des personnels pénitentiaires.

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