[Photos-Vidéos] Au CHU, les animaux s'invitent en hématologie pour "panser" autrement

  • Publié le 25 février 2026 à 04:42
  • Actualisé le 25 février 2026 à 04:45
Au CHU, les animaux s'invitent en hématologie pour

Ce mardi 24 février 2026, le service Hématologie du CHU sud a ouvert ses portes à la presse. L'objectif : faire découvrir le programme "Panser avec les animaux", un projet de médiation animale, financé par le Fonds de dotation du centre hospitalier de La Réunion. (Photos sly/www.imazpress.com)

Dans le jardin du service d’hématologie du CHU Sud, les regards se détendent et les sourires apparaissent. Ce mardi après-midi, Kito, un chien spécialement formé à la médiation animale, circule calmement entre les patients installés à l’extérieur. Les mains se tendent, les caresses s’enchaînent. Pendant quelques minutes, les traitements, les perfusions et les bilans sanguins semblent loin.

- Des chiens, des poneys et des ânes à l'hôpital -

Cette séance s’inscrit dans le programme "Panser avec les animaux", financé par le fonds de dotation Santé Solid’R du CHU de La Réunion et porté par l’association Impulsion 974.

"Au CHU, on a commencé il y a deux ans. Aujourd’hui, on est riches d’une quinzaine de projets animaliers sur cinq sites et dans une douzaine de services", explique Virgile Plouchart, membre fondateur de l’association Impulsion 974.

Chiens, poneys, ânes… les interventions sont adaptées aux publics et aux unités. "Les bénéfices comptent par dizaines, mais celui qu’on rencontre à chaque fois, c’est l’apaisement immédiat. Des sourires, de la joie, un sentiment de sécurité", assure le porteur de projet.

- Un cadre strictement encadré -

Si l’image peut surprendre dans un service hospitalier, rien n’est laissé au hasard. "On a créé un protocole institutionnel", détaille Clément, responsable du service hygiène du CHU. Carnet sanitaire à jour, vaccinations vérifiées, animaux formés et encadrés par des zoothérapeutes : chaque projet est étudié au cas par cas. "On s’assure que les patients sont éligibles, que tout le monde se lave les mains, qu’il n’y ait pas de contact à risque. Il y a le bien-être des patients, mais aussi celui du chien".

En hématologie, où les patients sont particulièrement vulnérables aux infections, la prudence est maximale. "Une grande partie de nos patients n’ont pas accès à ce soin de confort, selon leur état de santé", précise la Dr Raphaëlle Dine. "L’idée était d’apporter un soin de support décalé, une bouffée d’air pur, sans mettre qui que ce soit en danger". Écoutez.

- Une parenthèse dans un quotidien lourd -

Le projet a vu le jour en mars 2025 dans le service. Tous les quinze jours, deux à cinq patients peuvent participer, en fonction de leur état médical. "C’est devenu un rituel aux transmissions du matin : qui va pouvoir voir Kito ?", sourit le médecin. "Le bénéfice, c’est vraiment le bien-être. Ça leur permet d’échapper un instant à un quotidien hospitalier extrêmement lourd".

Pour Sabrina Wedel, secrétaire générale du CHU et directrice du fonds de dotation Santé Solid’R, la médiation animale s’impose progressivement comme un véritable projet d’établissement. "On voit tout le bien-être que ça apporte. Ça réduit l’anxiété, ça crée un moment de respiration. Et il y a un enthousiasme très fort des équipes soignantes". Écoutez.

Au-delà des patients, les professionnels aussi semblent profiter de cette pause animalière. Dans un service où les pathologies sont graves et les traitements complexes, la présence de l’animal apporte une forme de légèreté bienvenue. "L’objectif, ce n’était pas de mesurer scientifiquement chaque effet", conclut Dr Dine. "Le but est de faire en sorte que ça fasse du bien. Et ça, on le voit tous les jours".

vg / www.imazpress.com / [email protected] 

guest
0 Commentaires