C’est une problématique que les élus réunionnais connaissent bien. À quelques jours de la rentrée scolaire, les maires des villes de l’Étang-Salé et du Port déplorent une situation qui met à mal l’organisation dans les écoles. Pas de budget voté à l’Assemblée nationale, cela signifie qu’il leur est impossible de faire de nouvelles embauches en contrat PEC, parcours emploi compétences, car ils n’en connaissent pas encore les financements (Photo : Sly/www.imazpress.com)
C’est un vote dont le gouvernement estime aujourd’hui qu’il est devenu "impossible". En ce début d'année, la question du budget continue à paralyser l’Assemblée nationale. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, renvoie la reprise des débats au mardi 20 janvier 2026, soit la veille de la rentrée scolaire à La Réunion.
Une situation tendue dans l’Hexagone, qui a, des conséquences pour certaines mairies de l’île.
- Les contrats PEC menacés à La Réunion -
Lors de ces vœux face à la presse ce jeudi 15 janvier 2026, Olivier Hoarau, maire du Port, signalait l’urgence pour les députés de se mettre d’accord sur un budget.
Il explique : "Nous avons besoin d'avoir un budget! Un budget qui écoute la nation, un budget qui est fait pour la nation. Je prends l'exemple des contrats aidés, aujourd'hui encore, je le vois, c'est l'incertitude. La rentrée c'est dans deux trois jours, les parents attendent, les enfants ont besoin d'un encadrement important dans les écoles, dans la crèche aussi. On a besoin que notre pays continue à avancer."
Dans une publication Facebook la ville de l’Étang-Salé s'adresse à ses administrés : "En raison de l'absence de vote du budget de l'État 2026, les services de L'État ont suspendu au niveau national toute nouvelle prescription et tout renouvellement de contrats PEC y compris pour la période de rentrée scolaire. La municipalité est pleinement mobilisée et fait le maximum pour préparer la rentrée scolaire dans les meilleures conditions possibles en lien avec l'Éducation Nationale et les services concernés."
- Anticiper afin d'organiser les services municipaux -
Dominique Deurveilher, directeur général des services à la mairie de l’Étang-Salé, dit avoir anticipé au maximum la situation. Chaque année, la ville bénéficie de 120 à 140 emplois PEC, financés à 50 % par l’État.
Afin de sécuriser la rentrée de janvier 2026, les employés ont été recrutés pour toute la durée de l’année scolaire, sur des contrats de 10 mois. Dans les écoles maternelles de la ville, les Atsem, agents spécialisés des écoles maternelles, qui ont commencé pour la plupart en emplois aidés ont désormais un poste stable.
Dominique Deurveilher ajoute : "Nous avions anticipé cette situation, depuis l’année dernière, et les diminutions de quotas de contrats PEC. Tous les contrats qui pouvaient être renouvelés l’ont été en fin d’année dernière, afin de pérenniser les emplois jusqu’à octobre 2026."
Avant de conclure : "Pour la rentrée de janvier, il va nous manquer 6 personnes, dont les contrats n’étaient pas renouvelables. Nous allons donc redéployer des équipes en interne. On a également retravaillé depuis fin 2023 sur une mutualisation des postes. Avant cette date, nous avions deux services qui intervenaient dans les écoles. Nous avons fusionné ces services et formé le personnel afin qu’il soit polyvalent. Ça nous a permis de gérer la diminution de quota que nous avons observée l’année dernière."
Sur l'ensemble de l'île, pour le moment, les autres maires n'ont pas encore fait remonter leurs difficultés.
Du côté de l'Association des maires, le président Serge Hoareau explique : "Il faut demander aux députés ce qu’ils font. À ce stade, je n’ai été sollicité par aucun maire. Je n’ai pas de montée au créneau des maires pour me dire qu’ils ont de grandes difficultés pour préparer la rentrée du mois de janvier. Mais il est claire qu’au moment où on se parle nous n'avons aucune idée du budget que l’on aura. C’est tous les ans comme ça, depuis 2024. C’est un vrai sujet afin d’organiser nos missions. Aujourd’hui, on est dans le flou complet, nous n’avons aucune information."
- Financement des contrats aidés à La Réunion : un sujet qui fâche -
Ce n'est pas la première fois que le financement des contrats aidés agite La Réunion. En 2025, les élus de l’île se sont mobilisés face à un coup de rabot sans précédent annoncé par le gouvernement.
Des contrats régulièrement utilisés dans les services environnement, vitaux après le passage du cyclone Garance par exemple, ou encore lors des missions de démoustication pendant l’épidémie de chikungunya. En avril 2025, les maires réunionnais s’étaient réunis pour protester contre la diminution de l'engagement de l'État.
À l’époque, Ericka Bareigts maire de Saint-Denis, invitait déjà l’État à revoir sa copie sur la baisse du taux de prise en charge des PEC. Écoutez.
- Dans l'attente de la loi de finances 2026, pas de nouvelle embauche -
La préfecture de La Réunion nous informe qu'il n'y a pas de nouvelle embauche possible depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, faute de budget voté à l'Assemblée nationale. France Travail peut cependant examiner une demande de renouvellement de contrat.
Dans un communiqué, la préfecture détaille les règles que les mairies ainsi que France Travail doivent respecter :
"Pour pallier l'absence d'adoption d'une loi de finances pour 2026 avant le 31 décembre 2025, une loi de finances spéciale a été présentée par le Premier ministre et adoptée à l'unanimité par le Parlement. Elle a pour objectif d'organiser une situation provisoire jusqu'à l'adoption de la loi de finances. Elle a été complétée par un décret ouvrant les services votés (DSV) publié le 30 décembre 2025, permettant la reconduction provisoire des crédits 2025 dans la limite de ce que prévoyait la loi de finances initiale pour 2025."
"Ce cadre juridique transitoire est strictement encadré et ne permet pas d'engager de nouvelles dépenses. Dans ce contexte, il a été précisé aux autorités compétentes et au prescripteur France Travail qu’aucun nouveau contrat aidé financé ou cofinancé par l’État débutant en 2026 ne pouvait être prescrit à compter du 1ᵉʳ janvier 2026. Tant que la loi spéciale relative aux services votés est de rigueur (donc jusqu'à que soit adoptée une loi de finances pour 2026), la suspension de prescription de nouveaux contrats est maintenue."
"Les prolongations de contrats existants peuvent à nouveau être sollicitées, mais sont examinées par France Travail, sous réserve de l'évaluation du parcours d'accompagnement et de formation du bénéficiaire, conformément aux instructions de la Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle."
Ces contrats PEC sont des engagements de quelques mois, qui permettent à des Réunionnais éloignés de l’emploi de retrouver une activité, avant de les replonger dans la précarité.
ee/www.imazpress.com/[email protected]

En clair, il faudrait voter un budget qui va encore faire payer les plus pauvres alors que les plus riches vont continuer à s'engraisser. Le prétexte ? Sauver les emplois PEC... Et comme d'habitude, la droite, Renaissance et le PS sont sur l même ligne! Il faut censurer ce gouvernement, et garder le budget de l'an passé jusqu'aux prochaines législatives! Les socialistes auront-ils enfin ce courage politique ?